Il a pris le temps de la réflexion avant d'accepter de commencer la saison à la tête de l'Excel. Toujours prêt pour les missions de dépannage, il avait jusqu'à présent refusé de s'inscrire dans la durée comme entraîneur principal. A cause des circonstances mais aussi de problèmes de santé. Pourtant, le défi le tenaillait. " Si je ne le faisais pas maintenant, je ne l'aurais plus jamais fait ", explique Gil Vandenbrouck. " Il y avait eu une succession d'entraîneurs sur deux ans et il fallait que le club retrouve une certaine stabilité. Après la piste d' Ariel Jacobs qui avait été abandonnée suite à son choix d'opter pour Lokeren, le club se trouvait un peu dans le désert. On ne voyait pas quel candidat pouvait faire l'unanimité. La direction me poussait à accepter mais j'étais encore réticent. Et puis, j'ai décidé de relever le défi, celui de réussir avec les gens en place, et d'essayer de rester un moment à la tête de l'équipe Première. Il n'était plus question que je m'occupe de tout et c'est pour cette raison que nous avons élargi le staff en prenant un préparateur physique qui me décharge d'un peu de travail. Au niveau familial, ce n'est pas toujours évident. Pour l'instant, on ne passe pas beaucoup de temps ensemble. En fin de saison, je ferai un bilan pour savoir si je continue ou pas. Je verrai l'impact d'une année sur le plan familial, médical et professionnel. Je ne suis pas prêt à sacrifier certaines choses pour être uniquement entraîneur professionnel. C'est un chouette job mais il faut voir ce qu'il implique ".
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Il a pris le temps de la réflexion avant d'accepter de commencer la saison à la tête de l'Excel. Toujours prêt pour les missions de dépannage, il avait jusqu'à présent refusé de s'inscrire dans la durée comme entraîneur principal. A cause des circonstances mais aussi de problèmes de santé. Pourtant, le défi le tenaillait. " Si je ne le faisais pas maintenant, je ne l'aurais plus jamais fait ", explique Gil Vandenbrouck. " Il y avait eu une succession d'entraîneurs sur deux ans et il fallait que le club retrouve une certaine stabilité. Après la piste d' Ariel Jacobs qui avait été abandonnée suite à son choix d'opter pour Lokeren, le club se trouvait un peu dans le désert. On ne voyait pas quel candidat pouvait faire l'unanimité. La direction me poussait à accepter mais j'étais encore réticent. Et puis, j'ai décidé de relever le défi, celui de réussir avec les gens en place, et d'essayer de rester un moment à la tête de l'équipe Première. Il n'était plus question que je m'occupe de tout et c'est pour cette raison que nous avons élargi le staff en prenant un préparateur physique qui me décharge d'un peu de travail. Au niveau familial, ce n'est pas toujours évident. Pour l'instant, on ne passe pas beaucoup de temps ensemble. En fin de saison, je ferai un bilan pour savoir si je continue ou pas. Je verrai l'impact d'une année sur le plan familial, médical et professionnel. Je ne suis pas prêt à sacrifier certaines choses pour être uniquement entraîneur professionnel. C'est un chouette job mais il faut voir ce qu'il implique ". A 47 ans, Gil Vandenbrouck a la sagesse de son côté. Il pèse le pour et le contre dans chaque décision. Ancien éducateur physique, il connaît les mots à employer pour motiver mais aussi pour chatouiller l'orgueil d'un groupe. Mouscronnois pur jus, il sait aussi comment fonctionne sa ville. " Ma décision de rester fut personnelle et influencée par le travail effectué par le groupe qui s'est amélioré durant six, sept mois. L'Excel a redonné une dimension supplémentaire à la région, au Futurosport et je pensais que ce n'était pas une mauvaise idée de continuer sur cette voie-là. Je connais bien la maison, j'ai relancé les contacts avec le Futurosport. Finalement, il s'agissait d'une meilleure solution que d'aller chercher quelqu'un étranger au contexte, au fonctionnement de la maison et de la région ". Discret, humble et modeste, le voilà projeté de l'ombre à la lumière. Et sa maladie rénale qui l'oblige à subir deux dialyses par semaine en même temps. Pourtant, il n'aime pas trop en parler : " Je ne suis pas gêné mais je n'ai pas envie que l'on dise que je suis un bon entraîneur - je n'ai pas dit que j'en suis un - car je suis quelqu'un qui souffre. C'est pour cette raison que je n'en fais pas trop de publicité. Il n'y a pas de raison de se sentir coupable ou moins performant parce que l'on a quelque chose qu'on ne retrouve pas chez tout le monde. Ma maladie ne doit pas être un avantage mais pas non plus un désavantage ". Le chapitre est clos et tant mieux car on est là pour analyser la préparation de Mouscron, émaillée par un nombre peu élevé de transferts, et le bon départ des Hurlus. " On n'a pas les moyens de recruter beaucoup de joueurs mais je suis particulièrement content car nos cinq renforts constituent toutes des satisfactions. Ce sont des gens qui ressemblent au groupe ". Cette notion de groupe, Vandenbrouck y tient particulièrement. C'est en partie aussi pour cette raison qu'il a donné son aval au départ de Patrice Luzi : " A partir du moment où il ne s'épanouissait plus ici, on n'allait pas le retenir. Cependant, on lui a collé une étiquette trop vite. Si vraiment il avait été un garçon si difficile qu'on le dit, il n'aurait pas repris la saison avec le noyau... Il y a quand même certains éléments qui ne cadraient pas avec la mentalité recherchée et qu'on a poussés gentiment dehors ". Voilà désormais Luzi parti et Mark Volders arrivé. Est-ce un désaveu pour Christophe Martin ? " Il savait que si Luzi partait, on allait prendre un autre gardien. Il a réalisé un bon début de saison mais il convient d'admettre que sur les derniers matches, ce n'était pas parfait. C'est pour cette raison qu'il y avait la volonté de trouver très vite un remplaçant à Luzi car je ne prenais pas le risque d'aller au feu avec Martin et un troisième gardien. Maintenant, la concurrence est là et Christophe devra composer avec ". Avec un six sur six inaugural, Vandenbrouck a pu apprécier la progression de son groupe et la volonté déjà affichée en fin de saison passée et toujours présente en ce début de campagne. Néanmoins, le match nul concédé en fin de partie contre Roulers et la défaite à Beveren a remis certaines pendules à l'heure : " Dans le chef de certaines individualités, il faut savoir gérer le succès comme on gère les défaites. J'ai remarqué qu'on se laissait déstabiliser par certains détails (bruits de transfert, trop d'éloges dans la presse). Cependant, ne faisons pas la fine bouche. On reste satisfait du début de saison avec 7 points sur 12. Contre Roulers, si Demba Ba ne se casse pas la jambe, on gagne. Ce retour à la normale me permet de voir qu'il faut être attentif à beaucoup de choses et intervenir très vite. Comme adjoint, je parlais déjà énormément et recadrais les joueurs quand il le fallait mais je le fais encore plus maintenant. Je me rends compte qu'arriver à une unité d'équipe n'est pas chose aisée. Pour le moment, il y a trop de pions qui veulent se mettre en valeur ". Le message est clair et s'adresse notamment à Kevin Hatchi que Vandenbrouck n'a pas hésité à renvoyer au vestiaire à la mi-temps, à Beveren : " C'est un défenseur bourré de talent et j'ai jugé sa prestation tout à fait insuffisante par rapport à ce qu'il peut faire. J'espère qu'il a compris que je voulais lui envoyer un signal. Quand vous lui faites deux, trois avertissements à part et que vous voyez que le message n'est pas passé, il convient de donner une image forte. On ne peut pas agir de la sorte sans avertissements préalables. Il a tout pour devenir un grand mais il est un peu nonchalant ". Il a fallu un an avant que le noyau arrive à maturité. " Pour moi, cette équipe possède davantage de potentiel que la saison dernière. Défensivement, on a affaire à un groupe qui se connaît bien, qui a acquis ses automatismes et reste sur la lancée de la Coupe de Belgique. On a pris un an avant de trouver une solution sur le flanc gauche et on en a trouvé une : Demba Ba. C'est le transfert de l'année au niveau qualité/prix. On n'a disputé qu'un match après sa blessure mais on a déjà vu la différence. Les transferts ont apporté une plus-value mais dans une rencontre comme celle de Beveren, je regrette le départ de Patrice Noukeu ". Ce groupe s'inscrit dans la continuité. Pourtant, quelques retouches ont été effectuées comme le retour de Geoffray Toyes en défense centrale à la place d' Olivier Besengez, la percée de Daan Van Gijseghem au poste de récupérateur alors qu' Alexandre Teklak piétine d'impatience sur le banc. " Pour le moment, je trouve Toyes meilleur que Besengez qui éprouve quelques difficultés. Cependant, il revient bien. Il faut dire que derrière et au milieu, on dispose de beaucoup de possibilités. Quant à Teklak, il nous rendra encore des services cette année. Il est donc nécessaire au groupe. Pour les jeunes, des joueurs comme Besengez, Teklak ou Dugardein, c'est aussi une très bonne image. C'est très important d'avoir de tels repères dans une équipe. Les jeunes se rendent compte que la réussite ne vient pas que du talent mais qu'il y a également le facteur travail à intégrer pour construire une carrière. Quant à Daan Van Gijseghem, je sais que le Futurosport est très sensible au fait que ses jeunes puissent évoluer en équipe Première mais si Daan joue, ce n'est pas pour faire de la publicité au Futurosport mais parce qu'il est bon ". Reste que désormais personne n'arrive à cibler le potentiel de cette équipe, si fraîche, si offensive avec Demba Ba mais perdue et sans âme après sa blessure. " Ne plus être concerné par la descente à aucun moment de la saison constitue notre souhait. Je reste toutefois très prudent même si je pense l'objectif réalisable. Il faut digérer cette défaite à Beveren et ne pas se focaliser dessus. L'Union Belge nous a permis de bien tout analyser et de prendre le temps de préparer la prochaine partie ", souligne-t-il d'un ton ironique, en fustigeant au passage le comportement de la fédération, qui, en plaçant deux trêves après un mois de championnat, a coupé net l'élan des Hurlus. " Je ne vais pas dire que la semaine passée fut vide mais des semaines sans matches sont toujours plus longues pour des professionnels. Après une victoire ou une défaite, on veut se remettre tout de suite dans le bain que ce soit pour continuer sur sa lancée ou pour faire oublier une partie décevante. Là, on a tourné en rond ". La prochaine joute, parlons-en. Les Mouscronnois rencontreront le leader anderlechtois. " Les joueurs attendent cette rencontre mais pour moi, c'est une sorte de bonus. Quand on perd à Beveren, on perd trois points et on donne trois unités à des concurrents. Il ne faut pas laisser de points à ces équipes-là. Par contre, qu'Anderlecht prenne ou non ces points, ce n'est pas important pour nous. Une victoire face aux leaders n'est pas impérative ". Malgré sa défaite à Beveren, Mouscron a donc réussi son début de championnat. Et Gil Vandenbrouck son premier défi. Celui de rendre le foot à sa région. " On retrouve un peu plus d'ambiance. Pour le moment, les supporters sont satisfaits de ce qu'ils ont vu à domicile. Ils sont contents de la manière de jouer, offensive. On a connu une bonne heure contre Roulers, puis une demi-heure plus difficile. Pourtant, les joueurs se sont battus comme des lions et personne, dans le stade, ne voulait les critiquer. On n'avait accroché que le match nul (2-2) mais les gens étaient heureux d'être venus ". Un peu de sourire dans cette région qui appréhende le scrutin communal, les mauvaises langues n'ayant pas peur d'avancer que le futur du club dépend du verdict des urnes. " Je pense que certaines personnes dont le contrat dépend de la commune sont peut-être un peu inquiètes mais c'est faux de dire que les élections vont décider de l'avenir du club. Ce sera certainement difficile de finir l'année en équilibre mais il n'y aura pas de faillite en cas de changement de majorité. Les dirigeants ont réglé certaines dettes et ont fait en sorte que la saison recommence dans un climat de confiance. Cependant, il faudra peut-être accepter d'avoir un mois de salaire en retard... " STÉPHANE VANDE VELDE