Il a un physique de joueur de NFL, une tête de molosse et le jeu qui va avec. Accrocheur, jamais battu, il colle aux basques de ses adversaires. Arrivé sur la pointe des pieds de Hambourg il y a tout juste un an à Manchester City, Nigel De Jong a tout de même coûté 19 millions d'euros (et 150.000 euros de salaire par semaine) à ses employeurs. Oui mais à l'époque, tous les Citizens étaient braqués sur l'arrivée de Kaká. Alors vous comprenez qu'un De Jong, même à ce prix-là, cela passe complètement inaperçu ! Même s'il s'agit du troisième transfert sortant le plus cher de Bundesliga après Owen Hargreaves (25 millions) et Emerson (20 millions) et qu'en attendant six mois de plus, City aurait pu s'attacher ses services pour seulement 2,5 millions (une clause prévoyait qu'il pouvait partir en juin 2009 pour cette somme). ...

Il a un physique de joueur de NFL, une tête de molosse et le jeu qui va avec. Accrocheur, jamais battu, il colle aux basques de ses adversaires. Arrivé sur la pointe des pieds de Hambourg il y a tout juste un an à Manchester City, Nigel De Jong a tout de même coûté 19 millions d'euros (et 150.000 euros de salaire par semaine) à ses employeurs. Oui mais à l'époque, tous les Citizens étaient braqués sur l'arrivée de Kaká. Alors vous comprenez qu'un De Jong, même à ce prix-là, cela passe complètement inaperçu ! Même s'il s'agit du troisième transfert sortant le plus cher de Bundesliga après Owen Hargreaves (25 millions) et Emerson (20 millions) et qu'en attendant six mois de plus, City aurait pu s'attacher ses services pour seulement 2,5 millions (une clause prévoyait qu'il pouvait partir en juin 2009 pour cette somme). Pourtant, qu'est-ce qu'il abat comme boulot, le bouledogue ! Annoncé comme le concurrent de Vincent Kompany, il l'a effectivement relégué en défense, au point de paraître indéboulonnable au médian défensif. Et ce n'est pas l'arrivée de Patrick Vieira qui va faire peur à cette petite armoire à glace. A 25 ans, De Jong est sans doute ce qui se fait de mieux dans la catégorie mort-de-faim. Après des débuts à l'Ajax à 18 ans, où il trouvait de temps en temps le chemin des filets (8 buts en 96 matches), il s'est étoffé. Fils de l'international néerlandais, Jerry De Jong, il avait débuté sa carrière pro un an après la retraite de son paternel. Deux ans après ses débuts remarqués avec l'Ajax, le voilà qu'il prend la direction d'Hambourg où il côtoie Kompany. Après une première saison mitigée, il décide de se remettre en question. " Je me suis dit - Que désires-tu ? Jouer dans un club du ventre mou ? Ou atteindre le top ? C'est alors que j'ai décidé de travailler dur. C'était maintenant ou jamais. Pour Hambourg et les Oranje ", explique De Jong. Avec l'aide de son entraîneur de l'époque Huub Stevens, il s'astreint à des charges de travail plus poussées. Son corps prend du volume (1,74m, 72kg) et il se concentre sur son rôle de médian défensif : " Stevens m'a appelé et m'a dit que je devais devenir un nouveau Jan Wouters ( NDLR : médian défensif, leader et porteur d'eau de la génération Van Basten-Rijkaard-Gullit qui remporta l'Euro 88). Un bon joueur avec des aptitudes et une vision mais qui se met le cul par terre pour son équipe. Il m'a expliqué comment je devais me glisser dans le rôle. " C'est de cette époque que date sa reconversion en homme de l'ombre : " A l'Ajax, chaque médian est formé pour devenir meneur de jeu. Chacun veut donner la passe décisive. J'ai appris par la suite que ce n'était pas si important et que tu ne pouvais pas gagner avec 11 techniciens. J'ai compris que d'autres étaient meilleurs pour donner des assists et qu'on avait également besoin de chevaux de traits qui savent lire le jeu et contrôler le rythme. Wouters et Edgar Davids ont montré que ces serviteurs pouvaient également être décisifs. " A Hambourg, il s'est également épanoui en dehors des pelouses, en fondant une famille (deux enfants) et une entreprise de voitures de luxe comptant dans sa clientèle aussi bien des cheiks (cela a-t-il influencé son transfert à City ?) que des footballeurs. Marco van Basten, comme entraîneur national, fut le premier convaincu par la transformation. Commença alors une longue période comme pilier de l'équipe des Pays-Bas, freinée malheureusement par une blessure au genou qui le priva de la Coupe du Monde 2006. Titulaire lors du dernier EURO, il le sera sans doute en juin prochain, lui qui compte déjà 39 sélections. En janvier 2009, alors que tout le monde attendait des stars du côté de City, Kompany glissa le nom de celui qui est devenu son ami dans l'oreille de Mark Hugues. Depuis, le club n'a jamais eu à se plaindre de cet achat. De Jong aboie, court et gêne. Comme promis. Et en Angleterre, on aime cela comme en témoigne le chant en son honneur : City Bought Kompany from Hamburg FC, City Bought Kompany, He said to De Jong come with me, Nigel De Jong and Vincent Kompany. (City a acheté Kompany à Hambourg FC, Il a dit à De Jong viens avec moi). Outre-Manche, on le considère même comme le nouveau Makelele. " Il est dur mais peut construire le jeu et c'est une combinaison rare chez un footballeur ", expliquait Martin Jol, son précédent entraîneur à Hambourg. " Il possède les mêmes aptitudes que Michaël Carrick, en plus petit et plus costaud. C'est un vrai pro qui vit pour le foot et qui fut sans doute le meilleur joueur d'Hambourg durant les deux dernières saisons. " l par stéphane vande velde - photo: belgaIl est dur mais il peut construire le jeu. Une combinaison rare. (Martin Jol)