L'hiver n'en finit plus de se tirer en longueur. Les crocus sont sortis de terre mais les gelées nocturnes n'ont pas encore cessé d'attaquer les vergers. Pourtant, il y a des rencontres qui apportent une pointe de soleil. Issu de la filière marseillaise activée par Mogi Bayat depuis son arrivée, Fabien Camus ne peut renier ses origines. Son accent porte en lui toute la langueur d'une journée passée dans les champs de lavande. Quand il était arrivé en juillet aux pieds des terrils carolos, il ne comprenait pas qu'on lui parle sans cesse de ce temps typiquement belge fait de pluies, de vent et de froid. A l'époque, le soleil caniculaire de juin irradiait l'ensemble du territoire.
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L'hiver n'en finit plus de se tirer en longueur. Les crocus sont sortis de terre mais les gelées nocturnes n'ont pas encore cessé d'attaquer les vergers. Pourtant, il y a des rencontres qui apportent une pointe de soleil. Issu de la filière marseillaise activée par Mogi Bayat depuis son arrivée, Fabien Camus ne peut renier ses origines. Son accent porte en lui toute la langueur d'une journée passée dans les champs de lavande. Quand il était arrivé en juillet aux pieds des terrils carolos, il ne comprenait pas qu'on lui parle sans cesse de ce temps typiquement belge fait de pluies, de vent et de froid. A l'époque, le soleil caniculaire de juin irradiait l'ensemble du territoire. Depuis lors, il a compris : " Je ne serai pas original en disant que ce qui me manque le plus ici, c'est le soleil de Marseille. Ce matin, il faisait encore 0° quand on est parti à l'entraînement alors qu'au téléphone mes amis me disent qu'ils bronzent et qu'ils se promènent en tongs sur les plages de Marseille. Mais, c'est comme pour tout, je m'adapte et vous verrez, je finirai par l'aimer, ce temps ! " Car, il s'agit de la météo comme du reste. En neuf mois, Camus a su se fondre dans son nouvel environnement qu'il découvrait à l'âge de 20 ans. Arrivé avec le défenseur Rémi Ribault, il n'eut cependant pas à regretter le manque d'accueil du vestiaire de Charleroi : " Je dois remercier tous les joueurs et le staff qui ont su nous mettre à l'aise directement. J'ai retrouvé de nombreux Français comme Majid Oulmers, Grégory Christ ou Gérald Forschelet. Et puis avec Loris Reina, je peux évoquer des souvenirs de Marseille ". Malgré des conditions propices, son épanouissement dans le groupe allait être freiné par une blessure qui le tint écarté des terrains durant deux mois : " J'ai repris après trois semaines mais je sentais toujours une gêne au genou. Finalement, j'ai décidé de stopper complètement jusqu'à ce que ma blessure soit totalement guérie. J'ai craint que ma saison ne soit gâchée par des pépins physiques à répétition comme ce fut le cas à Marseille. Cela m'a fait peur de traîner des problèmes physiques. Une telle réaction est normale. Quand un joueur se blesse dans un pays étranger, il panique. Heureusement, j'ai pu compter sur l'aide morale précieuse d'Oulmers qui venait souvent à la maison et me rassurait ". Pourtant, cette blessure dès le début du championnat n'allait pas le mettre hors-jeu du groupe. Dès son retour, Jacky Mathijssen l'incluait dans son noyau pour la venue de Saint-Trond : " Au départ, je devais être titulaire mais au dernier moment, pour des raisons tactiques, j'ai pris place sur le banc. Je suis rentré en deuxième mi-temps mais on a perdu. Une semaine plus tard, pour le déplacement à Beveren, je faisais partie du onze de base ". S'ensuivit alors une bonne période marquée notamment par son premier but contre Bruges (3-3) et par un bon match au Standard. " Si je devais retirer quelque chose de marquant du football belge, je dirais qu'il y a beaucoup de jeunes et que chaque équipe a son style propre. Westerlo envoie de longs ballons devant. Contre le Standard, Anderlecht ou Bruges, on remarque un football plus léché. Le ballon circule et j'aime ce type de rencontres. Je m'adapte à tout mais je préfère les équipes qui produisent du jeu comme le font également Lokeren et Beveren. C'est plus facile et plus amusant de jouer contre de telles formations plutôt que contre celles où il n'y a que des duels durant 90 minutes ". Lors de ses premières rencontres, Camus a montré qu'il n'était pas dénué de technique : " On me dit que c'est rare dans le championnat belge mais il y a quand même des joueurs comme Mbark Boussoufa ou Christian Wilhelmsson et puis, à Charleroi, avec Christ, Oulmers ou François Sterchele, on est également bien servi ". Après un petit passage à vide, le Marseillais parfois surnommé le Minot par ses coéquipiers profitait de la fin de l'hiver pour retrouver le devant de la scène. Avec en prime, un changement pour une position qui lui correspond sans doute davantage. Au premier tour, on le voyait réduit au flanc droit alors que, désormais, il anime le triangle médian en compagnie d'Oulmers et de Sergiy Serebrennikov. " J'ai beaucoup travaillé pour revenir au plus haut niveau et peut-être ai-je connu une baisse de régime alors que je ne ressentais aucune fatigue. Maintenant, je me sens mieux mais je suis certain que je peux encore faire de meilleurs matches. Au cours de la première partie de la saison, on m'avait utilisé comme ailier. L'entraîneur m'avait dit qu'à cette place-là, je pouvais donner de l'air au jeu et que je créais de la profondeur. Puis, j'ai été replacé dans l'axe contre le Cercle. A l'OM, je faisais d'ailleurs office de numéro dix. J'ai plus de place pour courir et je pense que c'est ma position naturelle même si je fournis beaucoup plus de travail défensif que lors de ma période marseillaise. A l'époque, on me reprochait de ne pas assez en faire. Dans le système de Mathijssen, impossible de se cacher. Mais comme je vous l'ai dit plusieurs fois, je m'adapte. Au niveau du repli défensif, j'avais beaucoup à apprendre. Thierry Siquet m'a apporté énormément en me parlant et me repositionnant. Il me disait - Tu perds un ballon. Ce n'est pas grave. Tu reviens et tu te bats pour le récupérer. Il faut dire que ce n'est pas difficile d'évoluer aux côtés d'Oulmers et de Serebrennikov qui sont deux gros bosseurs. C'est même plaisant. Le premier m'impressionne par le volume de jeu qu'il développe et l'autre par sa sérénité. Le milieu, c'est un peu comme une machine dans laquelle je m'inscris comme le dernier rouage. L'endurance a toujours constitué mon point fort. J'ai toujours aimé courir et travailler. J'arrive encore à réaliser des sprints de 20 ou 30 mètres en fin de rencontre. Cependant, je ne peux pas dire non plus que je termine toutes mes rencontres frais comme une rose. Contre Beveren, sur la neige, j'ai éprouvé des difficultés ". " Les anciens comme Badou Kere, Frank Defays, Nasredine Kraouche et Toni Brogno nous apportent également beaucoup. On a affaire à des grands professionnels, des bosseurs qui gardent une certaine sérénité. Ils ne nous prennent pas la tête et ne passent pas leur temps à nous crier dessus. Je ne dis pas que crier sur un jeune n'est pas une bonne méthode mais ce n'est pas ce qui a cours à Charleroi. Que notre groupe soit jeune ne constitue pas un problème : on est très bien entouré. Et d'ailleurs, l'état d'esprit est génial. On vit une saine concurrence qui permet à l'entraîneur de choisir qui il veut. Il y a une tournante efficace. Quand on est remplaçant, on ne se morfond pas car on sait qu'on aura l'occasion d'avoir du temps de jeu. Je n'ai pas assisté à une seule dispute depuis que je suis ici. Alors qu'à Marseille, j'en ai vu un paquet ! ". " Dans ma tête, j'avais un contrat d'un an et je voulais prouver quelque chose aux dirigeants. Je crois qu'ils ont été convaincus car ils m'ont proposé une prolongation de contrat jusqu'en 2009. Ce que j'ai accepté. J'ai intégré la mentalité carolo. Ma première impression sur la région fut la bonne. A Marseille, c'est chacun pour soi et j'avais appris à fonctionner de la sorte. Ici, cela fait plaisir de voir que les gens sont solidaires. J'aime me promener dans le centre-ville. Et puis, je ne suis pas trop dépaysé. Il y a beaucoup d'Italiens et même si le temps n'y est pas, la mentalité est ouverte et sympa ". Mais qu'on ne s'y trompe pas. Il n'est pas ici pour flâner : " Je suis venu pour réussir et je connais désormais tous les paramètres du football belge. Garder une concentration extrême, bosser, toujours courir et défendre, se replacer. Je sais que la moindre faille se paie cash et je dois encore améliorer ma régularité au plus haut niveau. Je n'arrive pas encore à afficher plusieurs bonnes rencontres d'affilée ". Désormais, il doit composer seul. Depuis la trêve, il est orphelin de son pote Ribault, parti à Créteil : " Au niveau de l'image, je vais me sentir libéré. Car, on nous associait toujours l'un à l'autre. Quand on disait Ribault, on pensait Camus et inversement. Quand l'un était remis en cause, l'autre aussi. D'ailleurs, on disait toujours LES Marseillais, jamais LE. Maintenant, on me prend pour ce que je suis, moi. Par contre, au niveau amitié, je suis déçu qu'il soit parti car cela faisait quand même quatre ans que l'on évoluait ensemble. Je n'ai pas compris sa volonté de partir. Il ne m'avait jamais dit qu'il ne se plaisait pas ici. Et en plus, il avait quand même disputé quelques rencontres. Cela m'a surpris ". STÉPHANE VANDE VELDE