Gilbert Bodart et Léon Semmeling viennent d'être virés à Visé et ils ont été remplacés par Henri Depireux, à peine limogé par le FC Liège. Carrousel, carrousel...
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Gilbert Bodart et Léon Semmeling viennent d'être virés à Visé et ils ont été remplacés par Henri Depireux, à peine limogé par le FC Liège. Carrousel, carrousel...Henri Depireux: Le milieu est vraiment devenu pourri. Ce qui s'est déroulé à Liège en est à nouveau la preuve. C'est la nouvelle génération de patrons qui est la cause de tout ce mal. Depuis 20 ans, la solidarité et l'amitié ont disparu. Il n'y a plus aucune initiative gratuite, tout est compté. Mon retour en Belgique m'a beaucoup déçu jusqu'à présent. Récemment, j'ai déposé plainte à l'Union Belge contre Evrard, le président de Liège, suite aux déclarations qu'il avait faites dans votre magazine. Il a menti! Il me doit plus de 25.000 euros. C'est ça le monde d'aujourd'hui! Là-bas, je travaillais sans être payé et il m'appelait trois fois par jour et me parlait en moyenne pendant une heure. La plupart du temps, je ne comprenais rien à ce qu'il me racontait. Bon, cet épisode est oublié. Maintenant, je souhaite aider Visé pendant les deux mois et demi qui nous restent. Après mon limogeage, j'ai eu des contacts avec plusieurs pays du Moyen-Orient: le Qatar, Oman, les Emirats Arabes Unis et le Koweït. Mais étant donné la situation actuelle, vous comprenez bien que je n'ai pas été fort tenté d'y aller. En plus, la plupart des championnats se terminent ou le sont déjà. La Chine était également une de mes opportunités. Le président de Visé, Guy Thiry, m'a alors contacté pour remplacer Bodart et Semmeling mais je lui ai dit que je devais réfléchir. Il a répondu que si ce n'était pas moi qui signais, ça serait un autre. A la base, je n'étais pas du tout candidat et, de plus, c'est délicat de prendre la place de deux amis. Finalement, quelques jours après, j'ai donné mon accord. Je vais faire de mon mieux dans ce club. Je ne suis pas sûr qu'on puisse atteindre le tour final mais on va tout faire pour. Je vais devoir recomposer une équipe. Je n'appliquerai aucune tactique spécifique car elle va dépendre des absences. Je ne ressens pas de pression. Je viens vraiment ici pour aider et je ne veux pas bouleverser les habitudes des joueurs. Je donne normalement congé le mercredi mais pour eux, c'était habituellement le jeudi. J'ai évidemment accepté de maintenir le jour. Comment évaluez-vous le noyau?Il a une grande valeur. Beaucoup de joueurs ont le niveau de la D1 et, physiquement, ils sont très forts. J'ai demandé à chaque élément quelle place il estimait être sa meilleure. J'en ai déduit qu'il y a beaucoup de stoppeurs et que je ne possède pas d'ailier gauche et d'arrière droit spécifiques. Le travail va être important. Il me faut généralement huit à douze matches pour monter une équipe qui tienne la route. En tout cas, on va jouer par les flancs et attaquer."Bodart aurait voulu être mon adjoint"Il est dans le flou. Il ne sait pas trop où il va. Il ne se rend pas compte non plus de ce qu'est véritablement la D1. Les tarifs sont bien supérieurs à ceux de l'antichambre. Tous les joueurs doivent être professionnels et les contrats sont très élevés.Serez-vous encore là la saison prochaine?Je dépanne pour le temps restant. Je ne crois pas que je continuerai la saison prochaine si Visé reste en D2. Si j'ai entraîné le FC Liège, c'est parce que je le considère comme mon club. Etant donné ma carrière, je dois admettre que j'espère quand même trouver mieux que la D2. Si Visé monte parmi l'élite, j'envisage normalement de rester. Mais la D1 demande beaucoup de sacrifices et je ne veux pas être payé comme au début de ma carrière. Comment les joueurs ont-ils réagi au départ de leur entraîneur? Ils sont déstabilisés et affectés. éa se sent et c'est normal. Mais ils ont compris que j'étais venu pour les aider et ils perçoivent fatalement un renouveau tactique.On peut quand même se demander pourquoi Bodart et Semmeling ont été licenciés. Visé était cinquième. Connaissez-vous les raisons cautionnant ce limogeage?Pas précisément. Guy Thiry a voulu provoquer un choc psychologique pour donner un nouvel élan au club. Il trouvait que son équipe ne pratiquait pas un beau jeu. Visé était un des favoris et, de ce fait, les équipes visiteuses jouaient très défensivement. A domicile, le club avait des difficultés à être spectaculaire et à gagner. Ce qui m'a frappé quand j'ai eu Thiry au téléphone, c'est qu'il ne voulait vraiment plus des deux comparses. En fait, Bodart, licencié, m'avait appelé en disant que s'il le pouvait, il resterait bien en tant qu'adjoint. Je lui ai répondu que l'idée me plaisait mais à ce moment-là, je n'avais pas encore donné mon accord à Thiry. Ce dernier devait me recontacter. Quand ce fut fait, je lui ai fait part de la proposition de Gilbert mais son refus a été catégorique. Il a prétexté que c'était de la folie. Je n'ai pas plus discuté car c'est lui le patron. C'est un peu injuste, ce qui s'est passé avec Bodart. Il doit éprouver une grande détresse et être très déçu, mais c'est ça le football. La nouvelle jungle! Je me sens un peu mal vis-à-vis de mes deux amis. C'est bizarre comme situation. Je vais essayer de trouver la solution optimale pour l'équipe mais une chose est certaine: on sera très offensifs. Tim Baete"Mes joueurs sont déstabilisés par le départ de Bodart"