Avant le Mondial, supporters et joueurs partageaient un enthousiasme délirant. AndersSvensson et Zlatan Ibrahimovic avaient même avancé : " Nous pouvons être champions du monde ". La Suède a quitté le Mondial sans gloire, en huitièmes de finale, battue 0-2 par l'Allemagne. A l'époque, la génération qui forme le coeur du cadre actuel avait déjà dépassé son zénith, atteint en 2004.
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Avant le Mondial, supporters et joueurs partageaient un enthousiasme délirant. AndersSvensson et Zlatan Ibrahimovic avaient même avancé : " Nous pouvons être champions du monde ". La Suède a quitté le Mondial sans gloire, en huitièmes de finale, battue 0-2 par l'Allemagne. A l'époque, la génération qui forme le coeur du cadre actuel avait déjà dépassé son zénith, atteint en 2004. Les Suédois semblent l'avoir compris. Leurs pronostics sont nettement plus réalistes. " Nous ne sortons pas le nez de la fenêtre ", commente un capitaine réservé, FredrikLjungberg. " Nous essayerons de créer la surprise, c'est tout ". La mission assignée par le capitaine s'annonce déjà difficile car rarement la Suède aura abordé un tour final avec autant de questions. Quatre joueurs-clefs n'ont pas joué, soit parce qu'ils ont été longtemps blessés soit parce qu'ils n'étaient que le second choix dans leur club. Le cas Andreas Isaksson : en décembre, on lui a dit qu'il ne serait que gardien réserve à Manchester City. Il a pourtant refusé une location à Galatasaray. Il n'a joué qu'en équipe B, en plus de quelques minutes en équipe nationale. Peu avant l'EURO, il a reçu un programme individuel pour compenser son manque de rythme. Le cas Tobias Linderoth : le médian défensif a subi une opération à la hanche en janvier. Il s'est ensuite déplacé à l'aide de béquilles pendant deux mois. Il n'a pas joué une seule minute à Galatasaray en 2008 mais espère être en forme pour l'EURO. Le cas Ljungberg : le moteur de l'entrejeu a été accablé par des blessures durant toute la saison écoulée. Douleurs à l'aine, à la cuisse, au mollet et migraines. Comme si cela ne suffisait pas, il s'est fracturé une côte en avril. Le cas Ibrahimovic : les rêves suédois se forment et s'envolent avec lui. Or, depuis février, l'avant de l'Inter souffre du genou. Il oscille entre revalidation et jeu. Sa situation rappelle 2006 : il s'était présenté au Mondial avec un problème à l'aine et n'avait jamais pu utiliser tout son potentiel. Lars Lagerbäck se décrit volontiers comme un optimiste réaliste. Il veut dire qu'il jauge très précisément les qualités de son équipe par rapport à celles de l'adversaire et qu'il se concentre sur ses possibilités plutôt que sur les problèmes. Pour le moment, concilier optimisme et réalisme semble toutefois difficile. Lagerbäck mise sur un 4-4-2 bien rodé. Les joueurs maîtrisent des concepts tels que couverture en zone, organisation, transition rapide. Sous la direction de Lagerbäck, la Suède minimise avant tout les risques. Son football n'est pas beau à voir mais elle est difficile à battre - surtout par des adversaires dont le jeu n'est pas vraiment pétillant non plus. Cette prise minimale de risques n'a pas été très efficace ces derniers temps. La défense a commis des erreurs inhabituelles. Quand l'organisation s'enraie, la Suède est en péril car cette organisation dissimule les carences des joueurs sur les plans technique et créatif. Autre côté sombre, l'absence d'un plan B. Lagerbäck part de ce principe : " A long terme, nous tirons profit de n'avoir qu'une tactique et de nous y tenir ". Cette organisation parfaite a toujours été le principal atout de l'équipe mais elle a aussi besoin de quelques stars imprévisibles en attaque. Henrik Larsson et Ibrahimovic émergent d'un ensemble plutôt anonyme. Grâce au retour surprenant de Larsson, Ibrahimovic n'est pas le seul à créer la surprise et à marquer des buts à partir de rien. Lagerbäck est un de ces entraîneurs qui retirent un maximum des moyens mis à leur disposition. L'équipe a une opportunité pendant ce tournoi : émerger de son rôle d'outsider. Olof Mellberg : " Nous ne sommes jamais meilleurs que dans les moments de crise, accablés par les critiques ". Le grand nombre de piliers connaissant des problèmes tracasse la Suède. En plus, ErikEdman, l'arrière gauche, s'est déchiré les ligaments croisés et est forfait. Or, c'est sur les flancs de la défense que la Suède a le moins de joueurs de classe internationale. MikaelNilsson va passer du flanc droit au gauche, qu'il maîtrise nettement moins bien. NiclasAlexandersson (36 ans) va prendre sa place mais il souffre de problèmes aux hanches, qu'il combat à coup d'antidouleur. En, plus, il est meilleur dans l'entrejeu. La faiblesse des ailes frappe d'autant plus que le jeu suédois se développe généralement par l'axe. Dans le passé, la qualité des ailiers et des joueurs de flanc compensait cette tendance. Ces derniers temps, entrejeu et attaque étaient trop éloignés pour que les avants, isolés, parviennent à marquer. Lors de la divulgation de la sélection, une nouvelle a fait sensation. Larsson fête son... troisième come-back en équipe nationale, après ceux de 2004 et 2006. Il est le premier Suédois à disputer un sixième tournoi. L'attaquant de légende, âgé de 36 ans, a commenté sa décision : " J'adore jouer, surtout les grands matches ". La nomination de Larsson a été accueillie avec euphorie. Il est le messie. Cela illustre le problème de la formation des jeunes. La Suède a même tenté de convaincre le défenseur Teddy Lucic (35 ans) d'opérer son retour mais l'ancien joueur de Leverkusen a refusé.