Les virulentes critiques émises par Thibaut Courtois après le match amical contre l'Islande sur le jeu des Diables Rouges ont déclenché un tsunami de réactions. Les internationaux sont restés vagues quant à la pertinence des propos de Courtois mais ils ne l'ont pas attaqué non plus. Juste après un match, les footballeurs pèsent leurs paroles ou se contentent de clichés.
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Les virulentes critiques émises par Thibaut Courtois après le match amical contre l'Islande sur le jeu des Diables Rouges ont déclenché un tsunami de réactions. Les internationaux sont restés vagues quant à la pertinence des propos de Courtois mais ils ne l'ont pas attaqué non plus. Juste après un match, les footballeurs pèsent leurs paroles ou se contentent de clichés. En ne le faisant pas, Thibaut Courtois a étalé sa personnalité. Le gardien a le droit de parler. Il a préservé les chances de qualification des Diables Rouges pour le Brésil lors du match de qualification crucial contre la Serbie et il a brillé pendant le tournoi, même si ses interventions dans les matches de poule et en huitièmes de finale contre les USA ont été éclipsées par l'euphorie dans laquelle le pays baignait. Marc Wilmots n'aura pas été content de la sortie de Courtois. Le gardien de Chelsea le savait certainement. Le fait qu'il soit quand même passé à l'acte est éloquent. Il a publiquement déclaré qu'une série de joueurs n'exécutaient pas leur tâche. Ce n'est pas un compliment pour l'entraîneur. Depuis la Coupe du Monde, plus rien ne semble aller pour certains internationaux. On commence à parler d'entraînements trop monotones, à souligner l'incapacité de l'équipe à progresser tactiquement. Les footballeurs issus des grands championnats ont pu constater, durant ce long séjour au Brésil, qu'ils travaillaient avec des entraîneurs d'un autre niveau dans leurs clubs. On dirait qu'ils sont devenus trop bons pour leur coach. Marc Wilmots n'a effectivement pas (encore) le bagage d'un José Mourinho ou d'un DiegoSimeone. Mais les internationaux des autres pays doivent également remarquer des différences d'approche entre leurs entraîneurs de club et leur sélectionneur. On dit Marc Wilmots brillant psychologue. Il doit donc savoir ce que ressent son groupe. Il ferait bien de ne pas se surestimer. Wilmots n'a pas semblé se retourner sur le départ du super kinésithérapeute qu'est Lieven Maesschalck alors qu'il doit savoir que la nouvelle a profondément marqué le noyau. Peu importe que Wilmots ait marché sur les plates-bandes de Maesschalck ou vice-versa, comme on le sous-entend en interne. Une Fédération doit surveiller cette ligne de démarcation et faire en sorte qu'il n'y ait pas de mélange des genres. La commotion née après le match contre l'Islande n'a pas eu d'effet positif sur le match contre le Pays de Galles. Après un excellent début, animé par un Eden Hazard très en verve, l'équipe s'est éteinte. Elle a accusé une baisse de rythme inquiétante contre des Gallois bien regroupés, paraissant retomber dans les vieux démons du football belge. On n'a plus guère vu de combinaisons, le jeu est devenu désordonné, avec une multitude de longs ballons, balancés dans l'espoir que l'un d'entre eux tombe au bon endroit. Marc Wilmots a ensuite attribué ce football à la volonté de gagner de son équipe. C'est facile mais, en réalité, ses directives, pour autant qu'il en ait donné, n'ont pas été respectées. C'est exactement ce qu'avait fustigé Thibaut Courtois quatre jours plus tôt. Le gardien a une fois de plus disputé une rencontre impeccable et a été applaudi à chaque intervention, comme si ses propos l'avaient rendu plus populaire encore. Dimanche soir, Marc Wilmots a tenté de contrer les critiques par des chiffres : 14 matches en 2014, dix victoires, trois nuls et une seule défaite. C'est un beau bulletin. Mais il faut le nuancer car hormis l'Argentine, les Diables Rouges n'ont pas affronté de véritables ténors. Au-delà des statistiques, c'est le jeu des Diables Rouges qui éveille nos soucis. Certes, l'équipe ne recèle pas de véritable killer mais ça n'explique pas tout. Le message de Marc Wilmots ne passe plus. C'est étrange car le sélectionneur s'exprime d'une manière très claire. Dans les semaines à venir, Marc Wilmots ferait bien de réfléchir à tout ça car le temps où les joueurs résolvaient eux-mêmes les problèmes sur le terrain, comme lors de la période de gloire des Diables Rouges, est révolu. Ils deviennent encore plus difficiles à diriger quand ils s'attribuent un certain statut. Ils ont besoin de clarté. Plus que jamais. PAR JACQUES SYSLe temps où les joueurs résolvaient eux-mêmes les problèmes est révolu.