Mercato. Le mot est sur toutes les lèvres. Depuis les douze coups de minuit de la Saint-Sylvestre, il bat son plein et chaque jours plusieurs transactions sont annoncées. Jadis, séance de rattrapage de la session d'été à mi-championnat, le marché des transferts hivernal a pris de plus en plus d'importance avec l'instauration des play-offs en Pro League. Et pour cause, cette année, à son ouverture, 21 journées de phase régulière avaient déjà été disputées : le sprint final est d'ores et déjà amorcé. Coup d'oeil dans le rétro et décryptage des tendances du mercato d'hiver.
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Mercato. Le mot est sur toutes les lèvres. Depuis les douze coups de minuit de la Saint-Sylvestre, il bat son plein et chaque jours plusieurs transactions sont annoncées. Jadis, séance de rattrapage de la session d'été à mi-championnat, le marché des transferts hivernal a pris de plus en plus d'importance avec l'instauration des play-offs en Pro League. Et pour cause, cette année, à son ouverture, 21 journées de phase régulière avaient déjà été disputées : le sprint final est d'ores et déjà amorcé. Coup d'oeil dans le rétro et décryptage des tendances du mercato d'hiver. Depuis l'instauration des play-offs lors de la saison 2009-2010, 455 transferts entrants* ont été enregistrés par les 22 clubs différents qui ont fréquenté l'élite durant cette période. Cela représente une moyenne de 57 transactions par mercato. Mais une année n'est pas l'autre : si, à l'hiver 2010, seuls 38 transferts avaient été actés, le pic a été atteint en 2016 avec 76 nouveaux venus, soit exactement le double. La saison dernière, ils étaient 65 à avoir découvert un nouveau vestiaire à la reprise. Si les chiffres varient d'une saison à l'autre, la tendance est tout de même à la hausse. Un club de D1A accueille en moyenne 3,55 nouveaux joueurs par hiver. Pris individuellement, la plupart des cercles de l'élite tournent autour de ce chiffre mais certains se montrent plus gourmands. Ainsi, sans surprise, le Standard a transféré 41 joueurs en 8 mercato soit une moyenne de 5,12/an (Gand suit de près avec 40 acquisitions sur la même période). Si les Liégeois, en tête du classement à l'époque, n'avaient pas attiré le moindre nouveau à l'hiver 2014, pas moins de 20 joueurs sont venus garnir leurs rangs sur les deux derniers marchés hivernaux. L'Oscar du plus gros acheteur revient toutefois à Charleroi qui, en 2011, a transféré 13 nouveaux éléments. Ce qui n'a pas empêché les Zèbres de finir bons derniers et d'être relégués... À l'inverse, Courtrai n'achète en moyenne qu'1,5 joueur par période de transfert hivernale et n'a jamais dépassé 4 joueurs entrants/ mercato. Genk (2,5), Lokeren (2,62) ou encore le Club Bruges (2,75) ne font généralement pas non plus dans la quantité. Anderlecht (3,25) se situe légèrement en dessous de la moyenne. Les clubs belges misent fort peu sur le talent local à l'heure de faire leurs emplettes hivernales : 71 % des joueurs acquis sont étrangers. Plus les années passent, plus ce chiffre augmente : en 2017, 80 % des nouveaux n'étaient pas belges. Saint-Trond (40 % d'étrangers) est l'équipe qui a acheté le plus de compatriotes devant Waasland Beveren (47%), OHL (50%), le Cercle (52%) et Malines (62%). De l'autre côté du tableau, Derrick Tshimanga et AnthonyVanden Borre sont les deux seuls Belges à avoir été incorporés au noyau de Genk (90 % de transferts étrangers) lors des 8 derniers mercatos hivernaux ! Lokeren (86%), Anderlecht (85%), Zulte (84%), le Club Bruges (82%) ou encore le Standard (78%) préfèrent également largement les talents venus d'ailleurs. Si, quelle que soit la situation du club, renforcer un secteur déficient ou parer une blessure de longue durée peut toujours être intéressant, les équipes qui ne répondent pas aux attentes sont généralement celles qui transfèrent le plus grand nombre de joueurs. Deux grandes catégories de gros acheteurs se dégagent donc : les équipes menacées par la relégation et les " gros " clubs qui espèrent encore décrocher une place en PO1 ou ne pas se faire distancer dans la course pour le titre. Les dirigeants sont toujours plus prompts à délier les cordons de la bourse quand la situation sportive est critique. Encore faut-il avoir les fonds nécessaires. En 2014, Mons, bon dernier, n'avait engagé que deux joueurs gratuitement : Pär Ericsson et Zola Matumona. Inversement, champion en titre et en tête du classement, Gand a tout de même investi de quoi attirer 7 nouveaux éléments lors de l'hiver 2016 (pour la plupart des échecs : Boussoufa, Deaux, Wikheim, voir tableau flop). Si la tentation de chambouler une partie de l'effectif semble grande en cas de résultats décevants, intégrer de nombreux nouveaux n'est pas un exercice facile. Lors des 8 derniers marchés d'hiver, à 21 reprises une équipe à incorporé 6 nouveaux joueurs ou plus à son noyau. Seul le Lierse, (7 arrivées) en 2011, est passé d'une position de relégable avant le mercato à une position de maintien en fin de phase régulière tandis que l'an dernier, les sept nouveaux de Gand, parmi lesquels Kubo, Kalinic, Kalu ou Gigot, ont permis aux Buffalos de passer de la 7e à la 4e place, qualificative pour les play-offs. Hormis ces deux exemples, les clubs ayant beaucoup transféré n'ont jamais nettement amélioré leur situation. Les 11 et 9 arrivées du Standard ces deux derniers hivers ne lui ont pas permis d'accrocher une place en PO1 et ni Roulers (6 nouveaux, 2010) ni Charleroi (13, 2011) ni le Beerschot ((8, 2013) ni le Lierse (6, 2015) ne sont parvenus à éviter la relégation en D2. Si le nombre de transactions hivernales, on l'a vu, va en augmentant, les clubs belges ne dépensent néanmoins pas autant d'argent que lors du mercato estival et les transferts onéreux restent l'apanage de l'été. Ainsi, si Yuya Kubo et les 3,5 millions d'euros mis sur la table par Gand en janvier 2016 représentent la plus grosse somme dépensée en hiver par une équipe de D1A, le Japonais figure à peine dans le top 20 des transferts-records effectués par les clubs belges. Seules 7 transactions hivernales ont dépassé les 2 millions et demi d'euros sur les 8 dernières saisons (Kubo, De Bock, Van Damme, Trebel, Kalinic, Castillo et Bakenga).