Quand il évoque Ronaldinho, il parle " de don de dieu ", mais il avoue s'être régalé en jouant au côté de Cyril Théréau. L'ex-enfant de Neerpede est de ceux qui cherchent simplement à plaire. Avec ses pana et ses skills, et toujours avec élégance.
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Quand il évoque Ronaldinho, il parle " de don de dieu ", mais il avoue s'être régalé en jouant au côté de Cyril Théréau. L'ex-enfant de Neerpede est de ceux qui cherchent simplement à plaire. Avec ses pana et ses skills, et toujours avec élégance. J'étais surclassé, mais je jouais arrière droit. J'étais très offensif, peut-être trop, mais on avait une tellement bonne génération que je pouvais me permettre de jouer haut, de faire mes dribbles et de ne pas trop défendre. De notre génération 1989, on était un peu tous des numéros 10, de l'attaquant au défenseur central. Il y avait des Vadis, des Kums, des Mujangi Bia, mais moi j'aimais bien jouer sur ma ligne à cette époque-là. Après, en grandissant, je me suis rendu compte qu'il fallait un peu plus défendre, aller au charbon. Ce n'était pas trop mon style de jeu, du coup, j'ai été au milieu de terrain. Je pense que le football devient un peu plus physique aujourd'hui. On le voit avec Paul Pogba, mais après un joueur costaud comme Stefano Okaka, moi je prends du plaisir à le regarder. À côté de ça, Anderlecht joue avec des Praet et des Tielemans, des joueurs avec un bagage technique au-dessus de la moyenne. Mais c'est vrai qu'à mon époque, quand tu regardais Boussoufa ou Wilhelmsson, c'était encore plus beau à voir. De loin. Techniquement et qualitativement, c'était la meilleure équipe avec laquelle je n'ai jamais joué. Avec Cyril Théréau aussi. Il était vraiment très fort techniquement et ce n'est pas une blague. C'est une autre technique, mais il était doué, il ne perdait pas le ballon, il gagnait tous ses duels, c'était fort. Avec Geoffrey qui tapait pied gauche, pied droit, c'était la même chose. Dommage qu'on n'ait jamais su faire une saison convenable. Ce n'est pas forcément lié. Ici, à Courtrai, il y a beaucoup de joueurs qui se battent sur tous les ballons et je prends autant de plaisir. C'est aussi bien, c'est un autre travail que tu fournis sur le terrain. Après, c'est vrai que tu comprends mieux les joueurs qui te ressemblent, mais ce n'est pas pour autant que tu vas gagner des matches. Pas forcément non. Pas plus qu'avec les autres joueurs, même si c'est vrai qu'il aime bien le jeu rapide, le jeu au sol, le beau football. Et moi, ça m'arrange (sourire). C'est un peu ma philosophie de jeu, ce que j'ai appris à Anderlecht. J'ai la chance d'avoir été formé, formaté même on peut dire par Anderlecht. Et c'est tant mieux quand tu retombes par la suite sur un entraîneur qui te demande de reproduire ce que tu as appris étant plus jeune. Oui, le dimanche, quand je retourne chez moi, à Zellik, je vais avec mon fils au parc ou bien Porte de Vilvoorde pour toucher le ballon. Mais la vraie technique de footballeur, tout ce qui est contrôles, passes et tout, on le travaille à l'entraînement. Les choses simples, c'est le plus dur à réussir. Bien sûr. Quand je suis chez moi à la maison, je regarde ce que Ronaldinho faisait à l'époque. Je regarde parce que c'est de l'art ce qu'il faisait et je veux comprendre ce qui se passe dans sa tête quand il fait ça. Et puis de temps en temps, j'essaie de le faire à mon tour sur le terrain. Des trucs que je n'ai jamais fait à l'entraînement, parfois je les tente en match. Et puis, il y a des trucs comme le petit pont que j'ai mis contre le Standard l'année dernière qui font le tour du monde. Mais dans les deux cas, c'est une question d'instinct. Je pense que tout geste peut-être utile, s'il est bien employé. Il s'est fait plaisir en essayant de faire plaisir aux gens qui regardent le foot à la télé, moi ça m'a fait rigoler plus qu'autre chose. Un entraîneur va peut-être dire que ce n'est pas utile ce qu'il a fait, mais un amateur de foot qui regarde pour son plaisir, il va te dire qu'il a kiffé. Moi, j'ai kiffé. Et puis, ils étaient déjà qualifiés... C'est tout un contexte aussi. Ouais, ce serait un kif de lui mettre un petit pont, mais ça ne m'est jamais arrivé d'en mettre un à un pote. Par contre, j'ai failli m'en prendre un par Geoffrey l'année passée, mais j'ai fermé mes jambes au dernier moment. Bonne question, ça. Bon, déjà je vais prendre un pote à moi comme ça, il n'y a pas de lézard. Je vais dire Boyer (Fabien, ndlr). Ce n'est pas dans ses gènes et puis on ne lui demande pas de faire ça, donc il n'y a pas de soucis. Mais bon, il est quand même technique parce qu'il y a un match où il a fait une petite louche, mais je ne pense pas qu'il pourrait faire ce que je fais (rire). À Courtrai, c'est Stijn de Smet. C'est une tout autre technique, mais c'est impressionnant ce qu'il arrive à faire avec le ballon. Ses contrôles sont toujours bons, c'est propre. En D1, dans toute ma carrière, c'est Ahmed Hassan. Lui, tout ce qu'il faisait, c'était vers l'avant et pour l'équipe. Il n'y avait pas de déchet, chaque geste était utile. J'ai passé des heures à le regarder. Boussoufa et Dirar, pour son coup de reins, m'ont beaucoup impressionné aussi. Ouais, je pense que le petit Dompé (Jean-Luc, ndlr) de Saint-Trond, techniquement, c'est le plus fort. J'aime bien aussi le petit Moses Simon de Gand avec ses passements de jambes, mais je ne sais pas s'il est plus fort que moi pour autant. Et puis, il y a Kebano ! J'aurais vraiment aimé jouer avec lui à Genk, c'est dommage, mais on va se rattraper avec la sélection. PAR MARTIN GRIMBERGHS - PHOTOS : BELGAIMAGE /KURT DESPLENTER" J'ai passé des heures à regarder Ahmed Hassan. " HERVÉ KAGÉ