Un tatouage sur son bras rappelle son frère cadet, décédé en 1999 d'un accident d'auto en Afrique du Sud alors que Chris O'Loughlin lui-même se trouvait à Londres. Il se perdait déjà en conjectures à ce moment. " J'avais 21 ans. Défenseur central, je cherchais un emploi. J'étais blessé, démotivé et je voulais arrêter le football. Ce terrible mercredi a tout changé. Quelques semaines plus tard, je suis parti en Irlande et j'ai trouvé ma voie dans le coaching. "
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Un tatouage sur son bras rappelle son frère cadet, décédé en 1999 d'un accident d'auto en Afrique du Sud alors que Chris O'Loughlin lui-même se trouvait à Londres. Il se perdait déjà en conjectures à ce moment. " J'avais 21 ans. Défenseur central, je cherchais un emploi. J'étais blessé, démotivé et je voulais arrêter le football. Ce terrible mercredi a tout changé. Quelques semaines plus tard, je suis parti en Irlande et j'ai trouvé ma voie dans le coaching. " Chris O'Loughlin (37 ans) est né à Belfast, en Ulster. " Mon père en est originaire mais la violence y régnait dans les années 70. Après l'université, il est parti en Amérique puis a trouvé du travail en Afrique du Sud. Il y a rencontré ma mère, une Ecossaise qui y avait grandi. Ils sont revenus en Irlande, où mon frère et moi sommes nés. Mes parents sont retournés en Afrique du Sud quand j'avais cinq ans. " La famille a le football dans le sang. " Un oncle de ma grand-mère a été capitaine de l'Ecosse. On m'a offert ses médailles des matches contre l'Angleterre. Le père de ma grand-mère est parti au Chili dans les années 20 et y a joué au football. Moi-même, j'ai toujours été fou de foot. Après l'école, j'allais jouer sur un terrain proche de la maison. Ma chambre était couverte de posters d'Arsenal. A 18 ans, j'ai été invité à passer quelques tests en Angleterre. " Chris O'loughlin a finalement joué pour des clubs nord-irlandais, le Cliftonville FC et le Larne FC. " Mais je n'ai pas fait carrière. " Durant l'été 2005, il rejoint l'Afrique du Sud. " Avec mon épouse, un bébé et une fille de seize mois, mais avec moins de 10.000 livres (15.000 euros) en poche. Je me suis dit qu'on allait y disputer le Mondial 5 ans plus tard, que j'avais moi-même joué au football et qu'avec la licence UEFA B, je trouverais vite du travail car personne ne possède ce diplôme là-bas. Mais personne ne m'a donné du travail. On n'a même pas daigné me parler. J'ai entraîné bénévolement des townships ainsi que, pendant l'intersaison, des professionnels sans contrat. Ceux-ci ont parlé de moi et, en 2007, je suis devenu l'adjoint du coach congolais Bibey Motombo aux Orlando Pirates, le principal club d'Afrique du Sud. Son successeur n'a plus voulu de moi et j'ai entraîné les U15 de SuperSport United FC. C'est un club pro de Pretoria, qui collaborait avec Tottenham. J'ai eu la chance de passer deux semaines en Espagne : une à Valence et une à l'Espanyol. Là-bas, j'ai reçu un coup de fil de l'AS Vita Club de Kinshasa. Bibey Motombo était décédé mais avant sa mort, il leur avait conseillé de m'embaucher. Toutefois, les images horribles de la guerre civile au Congo m'avaient effrayé et j'ai refusé. Ils m'ont ri au nez : le champ de bataille était aussi éloigné de Kinshasa que Rome de Londres, m'ont-ils dit. J'ai donc accepté. La première année, nous avons atteint les quarts de finale de la Ligue des Champions africaine. Ensuite, nous sommes revenus en Irlande. Ma femme et moi ne nous sentions plus en sécurité, à cause de la criminalité. Je tremblais constamment pour ma famille. En Irlande, je n'ai intéressé personne. J'ai arpenté l'Europe : Serbie, Portugal, Pays-Bas. En 2011, j'ai accepté une nouvelle offre de l'AS Vita Club mais je suis revenu fin novembre : ma famille me manquait trop. Le 4 janvier 2012, j'ai reçu un coup de fil d'Australie : pouvais-je me présenter le lendemain à Melbourne Victory ? Je pouvais y devenir l'adjoint de James Magilton, un entraîneur irlandais qui a été manager d'Ipswich et des Queens Park Rangers. Je l'avais déjà aidé. J'ai sauté sur l'occasion. En Australie, j'ai travaillé avec Harry Kewell et Archie Thompson. Saint-Trond a été l'étape suivante, grâce à Yannick Ferrera. " Il le connaissait depuis quelques années. Ils ont établi leur premier contact via LinkedIn. " C'était en 2009, durant ma première année au Congo. LinkedIn était encore très récent et peu de gens issus du football l'utilisaient. Nous avons chatté puis discuté via Skype. Yannick entraînait alors les U15 d'Anderlecht. " Ils se rencontrent de visu en 2010. " A Bruxelles. Deux ans plus tard, j'ai passé une semaine chez lui, à Charleroi. " Il est devenu son adjoint à Saint-Trond. Les deux hommes se sont liés davantage encore. " Ma femme et mes enfants étaient restés en Irlande et son amie vivait à Bruxelles. Nous nous rendions souvent ensemble à des matches et une fois par mois, nous allions au cinéma. Il appelait ça notre date night. Il m'a appris à aborder le football d'un oeil plus analytique. Je suis issu d'une culture footballistique totalement différente et j'étais adepte du coaching anglais. Le football belge est continental. Yannick a obtenu sa licence ici, il a travaillé avec Michel Preud'homme et il est un analyste fantastique. Je suis content de pouvoir combiner le meilleur des deux mondes. " Il s'est rapidement intégré à Saint-Trond. Il a joué au futsal au Trudo Dynamite puis, l'été dernier, sa femme et ses deux filles l'ont rejoint. Il croyait en un avenir en Belgique. " Sinon, je n'aurais jamais retiré mes enfants de leur école irlandaise pour leur faire apprendre le néerlandais ici. " Il poursuivait un objectif : la montée en D1. Il a tout sacrifié à ce but. " La saison passée, nous avons visité Bruxelles, l'Atomium etc. Une journée en famille. J'ai dit à Yannick que nous étions dans le coin et je lui ai demandé s'il ne voulait pas venir manger une glace avec nous. Il m'a répondu de venir dire bonjour à sa mère. Nous avons acheté des fleurs. Pendant que les femmes bavardaient, Yannick et moi avons regardé la retransmission en direct de Malaga-Barcelone, en analysant la manière dont Malaga parvenait à placer Barcelone sous pression, avec un bloc très compact, impossible à démanteler. Sans nous être concertés, nous avons tous deux téléchargé ce match à la maison. " Ils sont maniaques, ils ont la flamme sacrée. Depuis la semaine passée, Yannick est T1 du Standard et Chris T1 du STVV. Le dimanche 1er novembre, ils se retrouveront au Stayen, mais plus dans le même dug-out. Les amis vont-ils réussir à se surprendre ? PAR CHRISTIAN VANDENABEELE - PHOTO BELGAIMAGE" Un oncle de ma grand-mère a été capitaine de l'Ecosse. "