Tendu comme un ressort au Forum Grimaldi de Monaco, Franck Ribéry attend le verdict de l'élection du Footballeur Européen de l'Année. Et la joie d'un enfant se lit sur son visage au moment où on annonce que c'est lui qui a été choisi par 53 journalistes de pays différents - pour la Belgique, c'est Sport/Foot Magazine qui vote. Le joueur du Bayern Munich devance largement Lionel Messi et Cristiano Ronaldo mais ce n'est que pendant la conférence de presse, quand quelqu'un lui demande s'il avait jamais imaginé pouvoir terminer devant les deux icônes au classement d'un referendum aussi prestigieux, qu'il semble réaliser ce qui lui arrive.
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Tendu comme un ressort au Forum Grimaldi de Monaco, Franck Ribéry attend le verdict de l'élection du Footballeur Européen de l'Année. Et la joie d'un enfant se lit sur son visage au moment où on annonce que c'est lui qui a été choisi par 53 journalistes de pays différents - pour la Belgique, c'est Sport/Foot Magazine qui vote. Le joueur du Bayern Munich devance largement Lionel Messi et Cristiano Ronaldo mais ce n'est que pendant la conférence de presse, quand quelqu'un lui demande s'il avait jamais imaginé pouvoir terminer devant les deux icônes au classement d'un referendum aussi prestigieux, qu'il semble réaliser ce qui lui arrive. Il parle de sa jeunesse, à Boulogne-sur-Mer, où il a souvent joué dans la rue, et du soutien inconditionnel que son père lui a accordé dans sa volonté de devenir joueur professionnel. Il évoque aussi une pièce de sa maison remplie de trophées et de la joie qui l'envahit à chaque fois qu'il y pénètre. " C'est à cela que je vois que j'ai réussi ", dit-il, visiblement ému. Aucun doute que le trophée du Footballeur Européen de l'Année aura une place de choix dans cette pièce. Franck Ribéry (30) est, après Raymond Kopa, Michel Platini, Jean-Pierre Papin et Zinédine Zidane, le cinquième joueur français à remporter ce referendum. Il a connu une saison exceptionnelle avec le Bayern Munich et affirme qu'il a énormément progressé dans de nombreux détails. Lorsqu'il avait congé, il lui arrivait régulièrement de se rendre au centre d'entraînement du club pour travailler seul. Mais Ribéry a également bénéficié de la bonne organisation mise en place sur le terrain par Jupp Heynckes, celui-ci souhaitant que chaque joueur se replie en perte de balle. Cela lui permettait de bénéficier de beaucoup d'espace en reconversion et de pouvoir se montrer encore plus efficace et plus concret. Même si l'organisation et les lignes de course sont différentes, le Français veut à présent continuer de la sorte sous la direction de Pep Guardiola. Pour le moment, le spectacle n'est guère au rendez-vous mais Ribéry ne trouve pas cela illogique. " Nous devons nous adapter. L'essentiel, c'est que nous prenions du plaisir et c'est le cas ", rigole-t-il, insistant sur le fait qu'il s'entend très bien avec le nouveau coach. " Il me répète chaque jour que je dois marquer davantage ", dit le médian. Et cela le stimule car Ribéry estime qu'il est capital d'entretenir de bonnes relations avec l'entraîneur. " Je dois pouvoir communiquer avec lui et sentir qu'il me fait confiance. Sans cela, je ne suis pas bon. " Voici peu, Franck Ribéry a prolongé son contrat au Bayern jusqu'en 2017. Il en est à sa septième saison en Bavière et n'a jamais eu l'intention de s'en aller. A la mi-2009, le Real Madrid tenta de l'engager mais le Bayern exigea 100 millions d'euros. Le club espagnol, qui venait d'acheter Cristiano Ronaldo, ne voulut pas dépenser plus de 80 millions. Chelsea tenta également de l'embrigader mais le Bayern ne voulut pas lâcher son joyau. Aujourd'hui, Franck Ribéry voit sa carrière couronnée. Et Lionel Messi se contente aisément d'une deuxième place au référendum. A Monaco, pas une trace de déception ne pouvait se lire sur le visage de l'Argentin du Barça, qui n'a pas l'habitude de faire des caprices de star. Messi, dont tout le monde sait qu'il ne parle pas un mot d'anglais, est d'une simplicité triste. Et ses discours ne sont qu'une succession de clichés décevants. PAR JACQUES SYS