Lorsque, début novembre, on a annoncé à Paolo Maldini qu'il figurait parmi les nominés au Ballon d'Or, il ne s'est pas montré très loquace. Peut-être parce que ce n'est pas la première fois. Mais lorsqu'on lui demanda s'il préférait remporter ce prix ou la Coupe Intercontinentale, le capitaine de l'AC Milan a réagi au quart de tour. " Je veux soulever la coupe après avoir battu Boca. Je ne suis pas obnubilé par le Ballon d'Or parce que j'ai en tête l'exemple de Franco Baresi qui l'aurait mérité au moins une fois et qui ne l'a jamais eu ".
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Lorsque, début novembre, on a annoncé à Paolo Maldini qu'il figurait parmi les nominés au Ballon d'Or, il ne s'est pas montré très loquace. Peut-être parce que ce n'est pas la première fois. Mais lorsqu'on lui demanda s'il préférait remporter ce prix ou la Coupe Intercontinentale, le capitaine de l'AC Milan a réagi au quart de tour. " Je veux soulever la coupe après avoir battu Boca. Je ne suis pas obnubilé par le Ballon d'Or parce que j'ai en tête l'exemple de Franco Baresi qui l'aurait mérité au moins une fois et qui ne l'a jamais eu ". Cela fait déjà un mois que l'AC Milan vit intensément avec, notamment, les deux matches de Ligue des Champions à Bruges et à l'Ajax, la Coupe d'Italie contre la Sampdoria et, bien entendu, les matches de championnat. Mais la rencontre la plus importante reste la Coupe Intercontinentale de ce 14 décembre. Elle permettrait à l'équipe de terminer en beauté une saison inoubliable qui l'a menée de la Ligue des Champions à la Supercoupe d'Europe en passant par la Coupe d'Italie. Côté motivation, Gennaro Gattuso n'a rien à envier à son capitaine. Après le match contre le Club Brugeois, lorsqu'on est venu le féliciter pour son abattage, le médian milanais a affirmé : " Je cours énormément parce que je me prépare pour le match contre ces Argentins qui sont hargneux et fort dangereux. Je ne cache pas que Boca Juniors est une équipe dans laquelle je me verrais bien une fois que j'aurai terminé mon contrat à Milan. Mon rêve est de jouer à Buenos Aires. Chaque fois que je vois le football argentin à la télévision, je suis enthousiasmé par le jeu de ce club. Je m'imagine bien dans le stade de la Bombonera. Je ne pense pas avoir jamais vu des supporters aussi passionnés. Je crois que le Boca est en Argentine l'équivalent du Milan en Italie. En outre, je sais que le président MauricioMacri, est originaire de ma Calabre natale ". Le dernier match de championnat contre Empoli ayant été avancé à samedi dernier, un premier contingent milanais s'est envolé lundi dernier. Il regroupait MauroTassotti (l'adjoint du coach CarloAncelotti), AlessandroCostacurta, Maldini, Alessandro Nesta, AndriyShevchenko, Clarence Seedorf, Rui Costa, Andrea Pirlo, Gattuso et Dida. Le reste de la délégation a suivi 48 heures plus tard, soit après le dernier match de Ligue des Champions contre le Celta Vigo, une rencontre sans importance. Milan s'était en effet qualifié après sa victoire à l'Ajax lors de la cinquième journée du premier tour de la Ligue des Champions Le club r ossonero veut monter sur le toit du monde et, dans cette course vers le sommet, il a trouvé un incitant psychologique supplémentaire : s'il bat le Boca Juniors, Milan deviendra le club ayant remporté le plus grand nombre de succès internationaux. Jusqu'à présent, il partage cet honneur avec le Real Madrid et le club argentin de l'Independiente d'Avellaneda qui, au cours de leur histoire, ont conquis 15 trophées. Le décompte est le suivant : Milan a remporté six Coupes des Champions, trois Coupes Intercontinentales, deux Coupes des Coupes et quatre Supercoupes d'Europe ; le Real s'est adjugé neuf Coupes des Champions, deux Coupes Intercontinentales, trois Coupes de l'UEFA et une Supercoupe d'Europe. Quant à l'Independiente, il a à son palmarès sept Coppa Libertadores, trois Coupes Intercontinentales, deux Supercoupes d'Amérique du Sud et deux Coupes Inter Amériques.. Peut-on vraiment mettre toutes ces compétitions sur un pied d'égalité ? Bien sûr, les clubs européens ont très souvent snobé la Coupe Intercontinentale, préférant se concentrer sur leur championnat et la Ligue des Champions. Ce n'est pas le cas pour Milan. Carlo Ancelotti : " C'est clair que nous tenons à la remporter cette Coupe Intercontinentale. Ce serait notre quatrième trophée de l'année 2003. Un objectif que nous ne croyions pas possible voici encore quelques mois. Nous avons tous envie de devenir le premier club du monde au nombre de victoires internationales ". Sur un plan purement personnel, l'entraîneur milanista poursuit un objectif : après avoir remporté la Coupe des Champions en tant que joueur et en tant qu'entraîneur, il espère en faire de même avec le " choc des deux mondes ". Voilà pourquoi Ancelotti a porté une attention particulière à la préparation en notant avec un grand plaisir le retour de Serginho, remis d'une distension des ligaments du genou. Le médian brésilien, aligné à l'extrême gauche de la défense, constitue une des nouveautés tactiques - très rentables - de la saison. La direction du Milan accorde énormément d'importance aux compétitions internationales par rapport au championnat. C'est ainsi que Filippo Inzaghi, qui se plaint d'un tendon à la jambe gauche et Cafu (touché au torse) ont été laissés au repos pour être totalement opérationnels contre Boca Juniors. D'ailleurs en début de saison, le patron Silvio Berlusconi a déclaré la victoire finale en Ligue des Champions objectif numéro un. Compréhensible : elle donne le droit de tenter une seconde fois sa chance tant en Supercoupe d'Europe qu'en Coupe Intercontinentale et gonfle le bilan économique grâce aux sponsors, droits TV et recettes. Pour se convaincre de la pertinence de l'option, il suffit de dire que le succès de Manchester face à la Juventus en mai dernier, a fait rentrer plus de 60 millions d'euros dans les caisses du club milanais et attiré un nouveau sponsor pour l'année, Seat Pagine Gialle, disposé à verser sept millions d'euros... Carlos Bianchi, l'entraîneur argentin et le préparateur physique de Boca Juniors, Julio Santella, ont mis au point toute une série de tests qui devront amener l'équipe de Buenos Aires au sommet de sa forme dimanche prochain. Carlos Bianchi (ex-attaquant du PSG, 54 ans) a entraîné l'AS Roma en 1997. Le club de la capitale termina septième mais le président Franco Sensi décida de se séparer de son entraîneur argentin. Bianchi ne s'entendait pas très bien avec Francesco Totti, qui à l'époque avait vingt ans. Cela avait fait grand bruit dans le Calcio même si Totti était loin de son niveau actuel. " Totti n'avait pas accepté que je lui dise que s'il voulait devenir quelqu'un, il devait se magner le train ", insiste encore aujourd'hui le coach de Boco Juniors. " Ce n'est pas vrai, il avait tout simplement envie que l'on me vende parce qu'il me jugeait trop court ", rétorque le capitaine de l'AS Roma. Outre cette histoire, Carlos Bianchi est bien connu en Italie puisqu'il est le seul entraîneur à avoir remporter la Coupe Intercontinentale avec deux équipes différentes Velez Sarsfield et Boca Juniors. Et le premier succès, en 1994, fut précisément acquis contre l'AC Milan (2-0). " Le Boca est la meilleure équipe qui soit ", n'a pas peur de lancer Carlos Bianchi, qui a aussi remporté (il est le seul) à quatre reprises la Coppa Libertadores (avec Velez en 94 et Boca en 2000, 2001 et 2003). En décembre 2001, il laissa sa place sur le banc à OscarTabarez. Mais comme son successeur ne réussissait pas grand-chose de bon, Bianchi reprit son poste six mois plus tard à peine. Et depuis, Boca Juniors a recommencé à dominer, empochant voici trois semaines son vingtième titre national.. Pour réussir de tels résultats, il faut évidemment avoir de bons joueurs à sa disposition. C'est le cas avec le jeune médian offensif Carlos Tevez, qui a tout fait pour ne pas disputer le championnat du monde des moins de 20 ans aux Emirats Arabes. Il ne sera toutefois pas le seul Argentin gonflé à bloc lorsque l'arbitre russe, Nikolai Ivanov, donnera le coup d'envoi à 11 heures de chez nous. Nicolas Ribaudo