Depuis cinq ans, Peter Sagan se mue en Hulk vert au Tour de France. Il y a un an, il avait 242 points d'avance sur le deuxième, Marcel Kittel (470-228). Le Slovaque n'avait jamais gagné autant de points ni compté pareille avance. Sa recette ? Accumuler les places d'honneur dans les sprints massifs, dans les étapes vallonnées où les sprinters pur-sang comme Kittel sont dépourvus de chance et participer à une échappée en montagne pour rafler les points des sprints intermédiaires.
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Depuis cinq ans, Peter Sagan se mue en Hulk vert au Tour de France. Il y a un an, il avait 242 points d'avance sur le deuxième, Marcel Kittel (470-228). Le Slovaque n'avait jamais gagné autant de points ni compté pareille avance. Sa recette ? Accumuler les places d'honneur dans les sprints massifs, dans les étapes vallonnées où les sprinters pur-sang comme Kittel sont dépourvus de chance et participer à une échappée en montagne pour rafler les points des sprints intermédiaires. Pourtant, cette fois, la recette ne constitue pas une garantie de maillot vert. Le prochain Tour comporte huit étapes plates, destinées aux sprinters. Le plus rapide obtient 50 points. Il n'y a que six étapes au parcours accidenté, qui valent 30 points au vainqueur. Ça désavantage Sagan. En plus, il n'a aucune chance dans trois de ces six étapes, avec des arrivées à La Planche des Belles Filles, à la Station des Rousses et au Puy-en-Velay. Il ne peut gagner de points qu'à Longwy, Rodez - dont l'arrivée est au sommet d'une légère pente- et peut-être à Romans-sur-Isère, après un début très accidenté. Si le Slovaque signe un 100 % dans ces trois étapes où Kittel ne peut nourrir aucune prétention - pour autant que Sagan batte un certain Greg Van Avermaet, il gagnera 90 points. Dans les huit étapes de sprint pur, il y a 400 points à gagner (8 x 50). Le deuxième peut remporter 240 points (8 x 30) et le troisième 160 (8 x 20). Une grande différence entre le premier (50) et les autres (30 et 20) adoptée en 2015 pour donner un coup de pouce plus important aux lauréats. Si, donc, un sprinter émerge au prochain Tour et remporte quatre étapes, ou plus, comme Kittel en 2013 et en 2014, André Greipel en 2015 et Mark Cavendish en 2016, il peut prendre une nette avance sur Sagan. Le Slovaque a beau être rapide, il n'a encore gagné qu'un seul sprint massif dans l'Hexagone : en 2012, à Metz. Il a remporté ses six autres étapes au terme d'une finale pénible ou au sommet d'une côte. À moins qu'il n'ait roulé en éventail, comme à Montpellier l'année passée. En 2016, il a terminé une fois deuxième, trois fois troisième et une fois quatrième des sprints massifs. Autre handicap pour Sagan, la piètre forme de deux des Trois Grands : Cavendish, qui souffre de la mononucléose, ne sera sans doute pas à 100 % et Greipel, qui aura bientôt 35 ans, commence à les ressentir, ce qui accroît les chances de Kittel. Si, bien soutenu par une solide équipe Quick-Step, il retrouve son punch des éditions 2013 et 2014, le champion du monde devra se battre. Problème supplémentaire : il y a peu de sprints intermédiaires où Sagan pourra profiter de ses cuisses de grimpeur pour rafler les vingt points du plus véloce. Il n'y en a que trois, les autres sprints intermédiaires se trouvant surtout au début des étapes, sans obstacles préliminaires, ce qui permettra à Kittel de sprinter aussi. Conclusion : Sagan reste le grand favori du classement aux points mais il serait prématuré de déjà lui attribuer le maillot vert. JONAS CRETEUR