Lorsque, début août, le nom de Hakim Ziyech (23 ans) a commencé à circuler dans les couloirs de l'Ajax, Peter Bosz, le successeur de Frank de Boer, a clairement dit qu'il n'en avait pas besoin car il disposait déjà de nombreux médians. Marc Overmars, le directeur ès football, n'était pas non plus un grand fan du technicien du FC Twente qui, depuis deux ans, présentait pourtant les meilleures statistiques du championnat de D1 hollandais.
...

Lorsque, début août, le nom de Hakim Ziyech (23 ans) a commencé à circuler dans les couloirs de l'Ajax, Peter Bosz, le successeur de Frank de Boer, a clairement dit qu'il n'en avait pas besoin car il disposait déjà de nombreux médians. Marc Overmars, le directeur ès football, n'était pas non plus un grand fan du technicien du FC Twente qui, depuis deux ans, présentait pourtant les meilleures statistiques du championnat de D1 hollandais. Depuis son arrivée au FC Twente, en 2014, Ziyech était le joueur qui s'était ménagé le plus d'occasions, celui qui avait réussi le plus de dribbles et celui qui avait tiré le plus souvent au but. Ce n'était donc pas un hasard si, en 2015 déjà, le Vfl Wolsfburg s'était intéressé à lui. Le club allemand cherchait à remplacer Kevin De Bruyne, parti à Manchester City. L'hiver dernier, c'est Anderlecht qui voulait le Hollandais d'origine marocaine mais celui-ci ne rêvait pas de Jupiler Pro League. Au départ, il n'avait pas non plus tellement envie d'aller à l'Ajax. Il y a un an, il déclarait : " A la fin de cette saison, j'aurai 23 ans et j'aurai joué trois ans et demi en D1 hollandaise. Je serai prêt pour un transfert à l'étranger. " Mais le 31 août dernier, après en avoir discuté avec sa famille, il signait tout de même à Amsterdam. " Je suis arrivé à la conclusion que le mieux pour moi était de passer par un grand club hollandais. Je veux d'abord être champion des Pays-Bas et à l'Ajax, c'est possible. Je suis très fier d'accomplir ce pas. " L'élimination des oeuvres de Rostov en barrages de la Ligue des Champions et un départ difficile en championnat ont causé la panique à l'Ajax, où on a surtout constaté un manque de créativité dans l'entrejeu. Et qui dit créativité pense Ziyech. Après le départ du Polonais Arkadiusz Milik pour Naples, le club avait des ressources financières. Ziyech, qui a coûté onze millions d'euros, n'est même pas le transfert le plus cher du club : Miralem Sulejmani avait coûté plus de seize millions et n'avait jamais pu justifier cette somme. Ziyech a plus de chances d'y arriver. Il s'est montré décisif dès son premier match pour le compte de son nouvel employeur. Johan Cruijff doit cependant tout de même se retourner dans sa tombe. Il n'a jamais aimé transférer des joueurs aussi chers. Son idée, c'était que les anciennes gloires du club, comme Dennis Bergkamp, forment les jeunes talents qui, vers l'âge de 18-19 ans, devaient être en mesure d'effectuer leurs débuts en équipe première. Dans l'équipe de base de l'Ajax, on trouve, certes, quelques jeunes sortis du centre de formation comme Mitchell Dijks, Joël Veltman, Jaïro Riedewald et Davy Klaassen. Mais ils n'ont pas les qualités des glorieux anciens, FrankRijkaard, Marco van Basten et Clarence Seedorf, pour ne citer qu'eux. En coulisses, le jeune médian offensif Abdelhak Nouri (19 ans) attend son tour. L'arrivée de Ziyech l'oblige à patienter. Car tout le monde semble convaincu que ce dernier est promis à un bel avenir. Sur le terrain, il va toujours de l'avant. Il s'est spécialisé dans les passes longues qui lui permettent d'isoler des partenaires devant le but. Mais il est tellement habile du pied gauche que ses coups francs sont également phénoménaux. Quand on lui demande quel est son point fort, il répond : " Je suis imprévisible. Au dernier moment, je fais quelque chose auquel personne ne s'attend. Bien entendu, il faut des capacités techniques et physiques pour cela mais le football est avant tout un sport cérébral. Tout se joue dans la tête. Comment prendre un adversaire à contre-pied ? Comment trouver les espaces ? Il faut y penser, jouer avec sa tête. C'est cela qui me passionne. " Hakim Ziyech a grandi à Dronten, une commune de 40.000 habitants de la province du Flevoland, en Frise. Lorsqu'il avait dix ans, son père est décédé de la sclérose en plaques. Il a failli en perdre la motivation de jouer au football. " Au début, je ne mesurais pas l'impact de son absence, je n'étais pas tracassé. Mais plus je vieillissais, pire c'était. Je n'avais pas de point de repère. J'étais influençable, mal entouré. J'étais devenu indifférent au football, je me disais qu'il y avait des choses plus graves que d'échouer dans le sport. " Les choses ont changé à 17 ans, après une sérieuse discussion avec son frère Faouzi. " Il m'a demandé ce que je voulais faire de ma vie, de ma carrière. Je n'oublierai jamais cette discussion et, le soir même, je lui ai dit : 'Je vais tout faire pour réussir'. Car à l'époque, je voulais arrêter. " En 2012, à l'âge de 19 ans, il signe à Heerenveen, où on le considère comme un gamin difficile. "Quand j'étais jeune, je n'étais pas des plus aimables. Beaucoup de gens me prenaient pour un emmerdeur et ils avaient raison. J'étais dans tous les mauvais coups, je devais toujours avoir le dernier mot, quelle que soit la personne en face de moi. On ne pouvait rien me dire. Beaucoup de joueurs sont un peu fous, ce sont eux qui vont le plus loin. " A Heerenveen, il forme un duo bien huilé avec l'ancien attaquant de Lokeren Alfred Finnbogason puis, plus tard, avec Mark Uth. Au FC Twente, qui l'a engagé en 2014 au nez et à la barbe de Feyenoord, il est le fournisseur attitré de Luc Castaignos. L'an dernier, Alfred Schreuder, l'entraîneur de Twente, en a fait son capitaine. Guus Hiddink l'a appelé en équipe nationale mais, blessé, Ziyech a dû renoncer à sa sélection. Danny Blind, le successeur de Hiddink, dont le nom signifie "aveugle", ne voit pas ses qualités. " Mieux je jouais, moins on me regardait " , dit-il. C'est pourquoi il a opté pour les Lions de l'Atlas, lisez l'équipe nationale marocaine, sous le maillot de laquelle il a déjà inscrit trois buts. Son ambition est claire : " Je veux participer à la Coupe du monde avec le Maroc. " PAR STEVE VAN HERPE - PHOTO BELGAIMAGE" Le football est un sport cérébral, tout se joue dans la tête. " HAKIM ZIYECH