On commence par une évidence. Incontestable. Novak Djokovic est le meilleur tennisman de l'histoire. En tout cas si on se base sur son palmarès. À moins que Rafael Nadal n'ait remporté l'Open d'Australie après le bouclage de ce magazine, le Serbe a gagné autant de Grand Chelem que l'Espagnol et Roger Federer, et dans beaucoup d'autres classements, il est le recordman incontesté. Tout indiquait que l'année 2022 allait lui permettre de dépasser le Suisse et l'Espagnol au ranking des Grands Chelems. Et renforcer un peu plus encore son statut de GOAT: le plus grand de tous les temps.
...

On commence par une évidence. Incontestable. Novak Djokovic est le meilleur tennisman de l'histoire. En tout cas si on se base sur son palmarès. À moins que Rafael Nadal n'ait remporté l'Open d'Australie après le bouclage de ce magazine, le Serbe a gagné autant de Grand Chelem que l'Espagnol et Roger Federer, et dans beaucoup d'autres classements, il est le recordman incontesté. Tout indiquait que l'année 2022 allait lui permettre de dépasser le Suisse et l'Espagnol au ranking des Grands Chelems. Et renforcer un peu plus encore son statut de GOAT: le plus grand de tous les temps. Mais bon, voilà... Sa première occasion de l'année, l'Open d'Australie, a débouché sur un flop. Une occase vendangée. Djoko sur les courts de Melbourne, on y a cru. Grâce à une exemption médicale faisant suite à une infection récente au Covid. Protestations de masse down under... Et le gouvernement fédéral est passé par là. À l'approche d'élections, il a tranché, par deux fois: visa annulé. Officiellement parce que Djokovic, par son statut et diverses déclarations, risquait de faire gonfler le flot d'Australiens opposés à la vaccination. Et ainsi de mettre la santé publique en danger. Même si le Djoko non-vacciné et sceptique n'a jamais encouragé personne à refuser le vaccin. Même s'il n'a jamais soutenu publiquement des théories antivax. Quelque part, il a tout fait pour que ça se finisse mal. En ne se faisant pas vacciner (au contraire de 97% des joueurs du top 100 mondial). En remplissant de façon foireuse (volontairement ou pas) son formulaire de voyage (qui aurait en fait été complété par son manager). En donnant des explications sur la date de son test positif, mises en doute par Der Spiegel qui affirme qu'il y a eu des chipotages. En donnant une interview à L'Équipe, au cours de laquelle il n'a jamais fait mention de cette positivité. En postant son exemption sur Instagram. Une exemption au départ pas destinée aux joueurs qui refusent de se faire vacciner, mais à ceux qui ont déjà contracté le virus. Mais Novak Djokovic n'est pas le seul responsable de ce feuilleton - ou doit-on parler de débâcle? Il s'est faufilé par une porte dérobée qui avait été entrouverte pour lui et d'autres joueurs. Son exemption, il l'a reçue après une communication bancale entre les organisateurs de l'Open d'Australie, le gouvernement de l'État de Victoria et les autorités fédérales. Le champion n'était déjà pas très populaire. Après cette saga, ça ne va pas aller mieux! Mais le soutien de ses fans indécrottables (et ils sont nombreux), rejoints par le mouvement anti-vaccin dans le monde entier, a fait un boucan assourdissant. La polarisation autour de Djoko a atteint des sommets. On a ici un John McEnroe au carré. C'est Dr Jekyll et Mr Hyde. Un philanthrope au charisme XXL. Mais aussi un gars buté et colérique. Ses excès font parfois oublier ses projets sociaux et son génie tennistique. Dommage. Comment Novak Djokovic est-il devenu à ce point antipathique pendant qu'il affolait les compteurs et les statistiques, raquette à la main? On essaie de décortiquer cette situation ambiguë. Flash-back, année 2011. Au plus haut niveau du tennis mondial, on assiste à une lutte à deux. D'un côté, un gentleman suisse, un joueur qui dégouline de classe: Roger Federer. En face, un matador espagnol, un battant dingue: Rafael Nadal. Deux champions aux styles contrastés. Deux cracks qui se respectent totalement. C'est comme ça que même les admirateurs de Federer apprécient beaucoup Nadal. Et que les inconditionnels de l'Espagnol applaudissent le Suisse. Une rivalité exemplaire, sans aucune animosité. Et donc, en 2011, un semeur de troubles pointe le bout du nez. On le connaissait déjà un peu parce qu'il avait gagné l'Open d'Australie en 2008. Mais il était encore loin de s'être installé sur le toit du monde, il traînait d'ailleurs un surnom éloquent: The Djoker. En 2010, il a décidé de passer à une autre hygiène de vie, bien plus saine. Une hygiène qui, chez lui, confine à une semi-religion. Il est passé à une alimentation de type vegan, sans gluten. Et il a cessé d'être touché par des soucis respiratoires. Dès le début, c'est un coup dans le mille. En 2011, Djoko s'adjuge trois tournois Majeurs. Sa prise de pouvoir sur le tennis mondial suscite des doutes. Son évolution physique, surtout, interpelle. Son ascension n'est pas au goût de Nadal et Federer. Lors des années précédentes, le Serbe les a bien saoulés. Ils trouvent Djokovic arrogant. Comme quand il poste des petits films dans lesquels il imite ironiquement les mouvements élégants du Suisse et les routines maladives de l'Espagnol. Pour Djokovic, la domination de Federer et Nadal est une source de motivation. Il vise leur trône. Pour s'y installer définitivement. Et vite. À partir de 2011, il remporte 19 levées du Grand Chelem. Pendant la même période, Federer et Nadal plafonnent à quinze (ou seize)... ensemble. En 2021, il les a égalés sur le gazon de Wimbledon. Personne ne savait que c'était impossible, alors il l'a fait! Au fil des années, le Serbe a ainsi gagné le respect des connaisseurs. Mais beaucoup moins du public. Ce n'est pas un hasard s'il n'a jamais reçu le trophée de Fans' Favourite Singles Player. Un prix remis à Roger Federer lors des 19 dernières saisons. Les fans tombés amoureux du Suisse (ou de l'Espagnol), déjà avant l'ascension de Djokovic, goûtent peu au tennis bien plus trash de Djokovic. Surtout qu'il n'hésite pas à épouser des théories spirituelles bizarres et à s'allier à des gourous controversés comme Chervin Jafarieh et PepeImaz. On apprend aussi, en 2017, qu'il refuse de se faire opérer au coude, préférant croire à une guérison "naturelle". Jusqu'au jour où il annonce, en larmes, qu'il n'a plus le choix. Il est toujours surnommé The Djoker. Mais aussi Loco Djoko. Traduction superflue... Dans aucun tournoi du Grand Chelem, il n'a réussi à s'attirer l'amour de tout le public. Wimbledon avait un chouchou: Federer. Roland-Garros avait une mascotte: Nadal. Et l'US Open alors? Djokovic? Et bien non. L'Open d'Australie alors? Djoko s'y est imposé neuf fois, mais Federer et Nadal y sont toujours plus appréciés. Lors de la dernière édition, aucune trace du Serbe sur les affiches du tournoi placardées dans les rues de Melbourne. Et pourtant, la saga de son expulsion n'avait pas encore commencé. Les tribunes ne se sont jamais emballées pour lui. Mais il s'y est fait. Il a même développé un "mécanisme" pour ne pas souffrir de ce manque d'amour. Lors de finales à l'US Open et à Wimbledon, il est parvenu à se convaincre que les spectateurs ne criaient pas "Roger" mais qu'ils scandaient "Novak". Novak Djokovic, mentalement, est un gars impossible à abattre. Préparé à parer tous les coups durs. Il en a encore administré la preuve tout récemment en Australie, avant l'ouverture du tournoi. Quand son visa a été annulé une première fois, il aurait pu prendre le premier avion et rentrer en Europe. C'est mal le connaître. Il a préféré accepter un bannissement de quatre jours dans un triste hôtel transformé en centre de détention. Il espérait infléchir la décision et affronter ensuite la colère du public australien lors de chacun de ses matches au Melbourne Park. Une "faveur" qui ne lui a finalement pas été accordée. Novak Djokovic - Racquet Smash Compilation: le titre d'un film de onze minutes disponible sur Youtube. Un condensé de démolition de son outil de travail. C'est limpide. Djoko perd un point, il détruit furieusement sa raquette. En début de carrière, son caractère volcanique remontait à la surface. On aurait pu croire qu'il allait se calmer avec les années. Rien de tout ça. Souvenez-vous de son très classe " Shut the fuck up" lancé à un spectateur trop bruyant lors de la finale de l'Australian Open en 2020. Encore plus connu: la balle qu'il a expédiée (sans la viser, encore heureux) à la gorge d'une juge de ligne au quatrième tour de l'US Open 2020, tout ça parce que Pablo Carreño Busta venait de le breaker. La femme s'en est sortie sans casse et Djokovic est directement allé aux nouvelles, mais il a été disqualifié. Une scène qui a provoqué un torrent de titres destructeurs et de réactions d'indignation dans les journaux et les médias sociaux. Autre pétage de plomb célèbre: match pour la médaille de bronze aux Jeux de Tokyo, à nouveau contre le même adversaire. Ce jour-là, il expédie, de rage, sa raquette dans une tribune vide. Puis il frappe un poteau du filet. Les critiques en remettent une couche: des scènes pareilles ne sont pas dignes d'un numéro 1 mondial. Même le placide Nadal a cru bon d'intervenir en signalant que des champions comme lui (et Djokovic) devaient être des exemples dans leur comportement. Nadal et Federer se considèrent comme des ambassadeurs de leur sport et ils font tout pour assumer ce rôle en étant irréprochables. Ce n'est pas un hasard si le Suisse a reçu à treize reprises l' ATP Sportsmanship Award depuis 2004. Les cinq autres trophées sont allés chez Nadal, dont les trois derniers. Le Serbe est toujours passé à côté. Il gagne les plus grands tournois, mais sa moisson s'arrête là. Djoko, c'est un jeu hyper complet, des retours meurtriers, un physique impressionnant. Et une combativité qui lui permet de sortir gagnant des plus dures batailles. En utilisant tous les moyens possibles. C'est un Machiavel avec une raquette à la main, qui maîtrise tous les petits trucs pour déconcentrer ses adversaires. Comme quand il fait rebondir la balle une trentaine de fois avant de servir. Comme quand il s'octroie des pauses sanitaires en plein match. Comme quand il demande des time-outs pour se faire soigner. Tout cela lui a valu un paquet de remontées mémorables alors qu'il était dans les cordes. Mais ça lui a aussi valu une fameuse antipathie. Dans son livre intitulé Serve to Win, il raconte la nuit des premiers bombardements sur Belgrade, en mars 1999. Dans l'appartement où il vivait avec ses parents et ses deux frères, la lumière s'est subitement coupée, et les déflagrations étaient si violentes que sa mère est tombée tête la première sur un radiateur. Novak Djokovic avait onze ans et il s'est occupé de ses deux petits frères quand ils se sont réfugiés dans la cave de leur grand-père. La famille y est restée 78 nuits d'affilée. Chaque soir sur le coup de 20h30, les sirènes se mettaient en marche pour prévenir des frappes de l'OTAN. Cet épisode a eu un impact important sur le développement du caractère du joueur. Un jour, son père a mis dix marks allemands sur la table. C'était tout ce qu'il avait. Alors, tous les membres de la tribu se sont serré les coudes. Et Novak a voulu continuer à jouer au tennis. Sur des courts de fortune aménagés sur le site d'anciennes piscines, entre les déclenchements des sirènes. À douze ans, il a quitté le nid pour rejoindre une académie en Allemagne. Le début d'une ascension qui allait finalement le conduire sur le toit du tennis mondial. Pourtant, dans ce sport dominé depuis des décennies par les Américains et des joueurs d'Europe de l'Ouest, il a longtemps été considéré comme un simple outsider. Il faut dire qu'il venait des Balkans. Une région dont les athlètes, qui ont connu la guerre, sont vus comme des individus froids et agressifs. Djoko a donc été formé en Allemagne, mais il n'a jamais renié ses racines. Plus encore que Federer en Suisse et Nadal en Espagne, il est la première figure sportive de son pays. Il a un statut de dieu sur une terre où, en 2011, près de 100.000 personnes ont fait la fête suite à sa première victoire à Wimbledon. Pas étonnant, donc, que le peuple serbe se soit rebellé quand le héros a été placé dans un centre de détention en Australie. Les médias locaux, dont le tabloïd Informer, très nationaliste et influent, ont parlé du "plus grand scandale de l'histoire du tennis". Toutes les voix hostiles au joueur, en Serbie ou ailleurs, ont été étouffées. Le président autocratique Aleksandar Vucic, qui a eu plusieurs fois Djokovic au téléphone, a posté sur Instagram que toute la Serbie allait se battre pour lui. De nombreux basketteurs et footballeurs serbes ont aussi pris publiquement sa défense. Pendant ce temps-là, ses parents ont organisé des manifestations à Belgrade, retransmises en direct sur des sites web. Son père Srdjan a tenu une conférence de presse lors de laquelle il a comparé le traitement infligé à son fils à la crucifixion de Jésus. Sa mère Dijana a expliqué que son fils se considérait comme un "élu de Dieu." Srdjan a embrayé en faisant un parallèle avec le gladiateur Spartacus. Son fils se bat "pour un monde libre." Face à l'élite de l'Europe de l'Ouest, arrogante, qui prend le peuple serbe de haut.Quand Novak Djokovic a pu quitter le centre de détention de Melbourne, ses parents ont affirmé qu'il venait de remporter "la plus grande victoire de sa carrière." Ils ont bouclé leur conférence de presse en entonnant un chant patriotique, avec le frère Djordje. Des supporters serbes avaient fait la même chose à Melbourne au moment où il avait été expédié dans le centre. Des chants faisant référence au prince Lazar, tué lors de la Bataille de Kosovo en 1389, et qui refusait de vivre sous le joug de l'empire ottoman. Tout cela colle parfaitement à la mentalité des nationalistes serbes qui, depuis toujours, se sont vus comme des martyrs. Ils sont fiers de leurs racines et de leurs spécificités. Parce qu'au fil des siècles, ils ont été contraints de se battre contre l'oppression d'envahisseurs étrangers. "Aussi longtemps qu'il y aura des Serbes, la Serbie continuera d'exister": c'est ça, le raisonnement. La religion orthodoxe joue également un rôle dans l'histoire. Le Noël orthodoxe est tombé en pleine saga Djokovic, le 7 janvier, quand il était privé de liberté. Un patriarche serbe a lancé que des millions de Serbes orthodoxes allaient prier pour le tennisman. Là-bas, chaque mot de Novak Djokovic est vu comme l'Évangile. Pas question de le critiquer. Il y a eu quelques remarques négatives de virologues, mais pour le reste, rien. Et surtout pas en provenance du monde politique. Même pas quand, sur Instagram, il a protesté contre l'approbation par le gouvernement d'une mine de lithium polluante. Même pas quand il a été aperçu au mariage de Milorad Dodik, un politicien bosnien controversé. Même pas quand son refus de se faire vacciner est contraire à la politique sanitaire des autorités. Une politique pas très convaincante, entre parenthèses. Début janvier, seuls 46% des Serbes étaient doublement vaccinés. La raison: une grande méfiance vis-à-vis du gouvernement et des règles Covid, alimentée par les campagnes menées par des antivax bien connus sur les réseaux sociaux. Alimentée aussi par Novak Djokovic lui-même. En juin 2020, il avait aidé à l'organisation de l'Adria Tour, un tournoi caritatif où aucune règle sanitaire n'a été respectée. Après cet événement, il a été testé positif, tout comme sa femme et quelques joueurs qui avaient participé. Nole s'est excusé, mais il ne regrettait rien. Vu la façon dont il a remercié tous ceux qui l'ont soutenu pendant la saga australienne, on doute qu'il ait changé d'avis par rapport à la vaccination. Au contraire, on s'attend à ce qu'il combatte plus que jamais "pour un monde libre." Façon Che Guevara en short. Mais si Djokovic, plus encore qu'avant les événements de Melbourne, porte une étiquette de mauvais garçon, il peut aussi se révéler charmant et philanthrope. Dans ses interviews et dans ses posts sur les médias sociaux, il souligne régulièrement l'importance de valeurs comme la politesse, le respect, l'amitié, la générosité. Il affirme que c'est seulement en adoptant ces vertus que l'on peut mener une vie heureuse, avec l'aide de Dieu. Sa carrière tennistique n'est pas, à ses yeux, le plus important dans sa vie. Il l'a déclaré l'année dernière en marge de l'US Open: "Ce qui compte le plus pour moi, c'est ma famille, l'amour, la santé, le bonheur." Et il ne veut surtout pas, plus tard, sur sa tombe, une épitaphe du genre "Ici repose le plus grand tennisman de l'histoire." Il voit les choses comme ceci: "J'espère que les gens garderont de moi l'image d'un homme généreux, qui a été une source d'inspiration." Une inspiration en priorité pour son fils Stefan et sa fille Tara. C'est d'abord pour eux qu'il continue à tutoyer les sommets à 34 balais. Ils l'ont vu jouer en live pour la première fois au dernier tournoi de Paris. Et ça l'a beaucoup ému. Nole et les gosses, c'est une longue histoire d'amour. On n'a pas oublié cette scène à Roland-Garros l'année passée, quand il a offert sa raquette à un gamin assis au premier rang qui l'avait encouragé (et même coaché...) pendant le match. Mêmes images après une finale à Wimbledon, où il a donné son outil de travail à une jeune fille qui exhibait une pancarte " Novak number 1". Il est l'un des rares tennismen de haut niveau à consacrer du temps à des séances d'autographes et de selfies avec ses fans. Et au village olympique de Tokyo, il a posé abondamment avec des athlètes beaucoup mois connus qui ont tous eu la même conclusion: "Novak Djokovic est hyper sympathique." Et puis il y a ces nombreux millions qu'il a déjà offerts à des oeuvres. Ainsi que le travail réalisé avec sa femme Jelena. Ils ont créé en 2007 une fondation dont l'objet est d'offrir un meilleur enseignement à des dizaines de milliers d'enfants en Serbie via la construction d'écoles, l'achat de matériel et la formation d'enseignants. Il offre aussi son soutien à des jeunes joueurs et joueuses serbes prometteurs, comme Olga Danilovic. Il conseille même des tennismen venus d'autres pays, par exemple le Norvégien Holger Rune. Quand ce dernier a dû abandonner contre lui au dernier US Open, Djokovic a pris le temps d'aller le consoler dans le vestiaire. Et quand Naomi Osaka a eu ses gros soucis psychologiques, il a été le seul joueur de haut niveau à l'appeler. Il envisage d'ailleurs de devenir coach après sa carrière, histoire de transmettre son savoir à la nouvelle génération. Il a des partisans dans le milieu. Par exemple, Alexander Zverev, Reilly Opelka et DaniilMedvedev l'apprécient parce qu'il félicite ses adversaires après les matches, par une accolade ou sur les réseaux sociaux. On loue aussi la façon dont il soutient les joueurs qui n'appartiennent pas au top mondial. En 2020, il a créé avec Vasek Pospisil la Professional Tennis Players Association, une organisation qui plaide pour une meilleure répartition des gains entre les grands champions et les joueurs qui ont du mal à s'en sortir. C'est, pour lui, une façon de combattre l'élitisme dans ce sport. Ses détracteurs ripostent en revenant sur des déclarations qu'il a faites en 2016. Il avait alors affirmé que si les joueurs gagnaient plus d'argent que les joueuses, c'était simplement parce que le tennis masculin attire plus l'attention et les spectateurs. Les critiques, aujourd'hui, tournent plutôt autour de son refus de se faire vacciner. Rafael Nadal, Andy Murray et StéfanosTsitsipás ont souligné qu'il avait tenté de contourner les règles sanitaires. Comme s'il se sentait supérieur à tous les tennismen moins célèbres, eux aussi sceptiques par rapport à la vaccination, mais qui l'ont acceptée pour pouvoir continuer à pratiquer leur sport. Djokovic est un homme clivant. Un homme qui a envie d'être aimé. On l'a vu ému aux larmes l'année passée après sa finale perdue à l'US Open, une défaite qui le faisait échouer dans sa quête de Grand Chelem. Ému aux larmes parce que le public américain lui a réservé une standing ovation. Djoko aime former un coeur avec ses mains, pour montrer qu'il veut de l'amour des tribunes. Mais là, Cupidon est dans le dur. Sauf au pays.