Mardi dernier, les Kosovars ont fêté le sixième anniversaire de leur indépendance. Le 5 mars, l'équipe nationale va disputer son premier match amical contre Haïti, à Mitrovica, une ville kosovare où un pont relie les parties serbe et albanaise. La FIFA a donné son feu vert le 13 janvier. En mai 2008, la Fédération mondiale avait refusé l'admission en son sein du Kosovar, trop peu de nations et d'instances internationales ayant reconnu le tout jeune Etat. De nos jours, 105 pays l'ont reconnu, parmi lesquels les États-Unis et 23 des 28 membres de l'Union Européenne, à l'exception de l'Espagne, de la Grèce, de la Sl...

Mardi dernier, les Kosovars ont fêté le sixième anniversaire de leur indépendance. Le 5 mars, l'équipe nationale va disputer son premier match amical contre Haïti, à Mitrovica, une ville kosovare où un pont relie les parties serbe et albanaise. La FIFA a donné son feu vert le 13 janvier. En mai 2008, la Fédération mondiale avait refusé l'admission en son sein du Kosovar, trop peu de nations et d'instances internationales ayant reconnu le tout jeune Etat. De nos jours, 105 pays l'ont reconnu, parmi lesquels les États-Unis et 23 des 28 membres de l'Union Européenne, à l'exception de l'Espagne, de la Grèce, de la Slovaquie, de Chypre et de la Roumanie. Depuis sept ans, le Kosovo organise un championnat de football, la Raiffeisen Superliga, dont le FC Pristina s'est adjugé quatre titres. Dans le passé, le Kosovo a disputé quelques joutes improvisées mais non reconnues par la FIFA, contre Monaco et l'Arabie Saoudite. La Suisse observe attentivement l'évolution de la situation car quatre des internationaux suisses qui vont bientôt mettre le cap sur le Brésil sont originaires du Kosovo et pourraient changer d'équipe si la FIFA admettait celui-ci : il s'agit de Xherdan Shaqiri (Bayern), Valon Behrami (Naples), Granit Xhaka (Mönchengladbach) et Taulant Xhaka (Bâle). Fadil Vokrri, un joueur du Partizan Belgrade, de Nîmes et de Fenerbahçe, international yougoslave à douze reprises, de la fin des années 80 au début de la décennie suivante,est président de la Fédération de football kosovare depuis 2005. Il s'est empressé de rassurer la Suisse : il n'a pas l'intention de débaucher ses internationaux. La moitié de l'équipe nationale d'Albanie est issue du Kosovo, qui ne compte pourtant que 1,8 million d'habitants. C'est le cas du gardien Samir Ujkani, qui se produit pour Palerme en Serie B et qui a jadis joué pour Harelbeke, où sa famille a trouvé refuge, puis pour Anderlecht, mais aussi pour le capitaine de l'Albanie, Lorik Cana, et le gardien Etrit Berisha, tous deux sous le maillot de la Lazio actuellement. Adnan Januzaj envisage-t-il de se produire pour le pays natal de son père ? La famille n'a pas encore tranché. Il ne va en tout cas pas disputer le match contre Haïti. Il n'y a pas le feu. Tant que le Kosovo n'est pas membre de la FIFA - et c'est impossible tant qu'il n'est pas reconnu par l'ONU, il ne peut disputer que des matches amicaux. " Nous espérons pouvoir participer aux qualifications pour le Mondial 2018 ", explique le sélectionneur Albert Bunjaku, qui entraînait le club suédois Kalmar FC avant son recrutement par le Kosovo en 2009. La FIFA a imposé quelques limites pour les matches : on ne peut hisser de drapeau ni diffuser d'hymne national et le Kosovo ne peut se produire contre d'anciens Etats-membres de la Yougoslavie. Pourtant, il y a trois ans, Fadil Vokrri a proposé de jouer un match contre la Serbie. En octobre 2013, Sepp Blatter a convié les présidents des fédérations serbe et kosovare à Zurich. Les trois hommes se sont serré la main pour la photo mais sans établir de date concrète pour ce match hautement symbolique. PAR GEERT FOUTRÉ