Peu de sportifs de haut niveau sont aussi serviables que Björn Vleminckx. Une séance photo avec des supporters ? Pas de problème : il arrive à temps, fraternise avec les fans, les salue et les remercie. Il ne faut pas s'étonner que le jeune attaquant soit devenu le préféré du chaleureux public malinois. Son infortuné coéquipier, Kevin Geudens, peut témoigner de l'humanité de cette tête blonde. Lorsque Geudens s'est occasionné une grave fracture de la jambe, lors de la deuxième journée, à Mouscron, Vleminckx a été un des premiers dans le vestiaire, notamment pour soutenir l'amie de Geudens, enceinte.
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Peu de sportifs de haut niveau sont aussi serviables que Björn Vleminckx. Une séance photo avec des supporters ? Pas de problème : il arrive à temps, fraternise avec les fans, les salue et les remercie. Il ne faut pas s'étonner que le jeune attaquant soit devenu le préféré du chaleureux public malinois. Son infortuné coéquipier, Kevin Geudens, peut témoigner de l'humanité de cette tête blonde. Lorsque Geudens s'est occasionné une grave fracture de la jambe, lors de la deuxième journée, à Mouscron, Vleminckx a été un des premiers dans le vestiaire, notamment pour soutenir l'amie de Geudens, enceinte. Vleminckx : " J'étais dans la tribune, suspendu, et j'ai voulu immédiatement connaître la gravité de la blessure. En plus, une femme enceinte ne doit pas s'énerver... Je suis donc resté en sa compagnie jusqu'à ce que Kevin soit évacué en civière. " Kevin Geudens lui voue une reconnaissance éternelle : " Ensuite, Björn a été un des premiers à me téléphoner à l'hôpital et à prendre de mes nouvelles. Il m'a dit : - Si tu as besoin de quelque chose, tu me téléphones. J'apprécie beaucoup son geste. Björn est vraiment un gars bien... " Une grande gueule et un petit c£ur ? La tête massive, plantée sur de larges épaules, opine : " Absolument. Les gens connaissent le solide Björn, rude, même un peu Rambo, mais j'ai un petit c£ur. Mon amie Sarah vous le dira. J'aime l'enlacer, la câliner. Je ferais n'importe quoi pour mes amis, ma famille. Il ne faut pas toucher à un cheveu de leur tête. Heureusement, jusqu'à présent, ma vie privée a été épargnée des coups durs... "Björn Vleminckx : Je me sens vraiment très bien sans avoir atteint mon plafond. Je n'ai que 22 ans, j'ai encore beaucoup à apprendre. Je suis heureux d'avoir poursuivi sur l'élan de la saison passée. Au premier tour, je n'avais inscrit qu'un seul but contre huit au second, pour arriver à un bon total de neuf buts. J'en étais à trois en cinq rencontres, ce qui n'est pas mal. Mais je veux marquer davantage que la saison dernière. Mes premières touches de balle sont décisives. Mes parents le savent et comptent les coups depuis la tribune : si mes trois premiers contacts avec le ballon sont bons, je suis lancé. Sinon, je m'énerve. Il évolue un peu dans le registre d'Aloys Nong, avec lequel le courant passe bien aussi. Jean-Paul a reçu peu d'occasions la saison passée car Nong était fort mais il profite maintenant de sa blessure. Aloys aura du mal à retrouver sa place mais cette concurrence est un atout pour Malines. Il ne baisse les bras. C'est quelqu'un qui peut peser sur une défense. Il ne réalise pas d'actions, ne plonge pas dans les angles : il doit camper dans le rectangle et fonctionner comme avant-centre. Rossini marquera encore des buts importants pour Malines. Si c'est à mon détriment, dommage, mais cela voudra dire que je suis mauvais. Je n'ai jamais peur de la concurrence. En fait, j'en ai besoin pour rester affûté. Je m'étais constitué un certain crédit la saison passée mais on n'a jamais que le niveau de son dernier match. J'ai profité du fait que l'équipe n'était pas au point lors de ces rencontres et que nous avons pris un point dès mon retour. Depuis, nous jouons bien. Je ne me réjouissais pas, dans la tribune. Au contraire, j'espérais que Rossini marque et que Malines gagne. Je ne considère pas Rossini comme un concurrent mais comme un coéquipier. C'est d'ailleurs l'unité de l'équipe qui fait sa force. Malines était à la mort mais les supporters ne se sont pas résignés. C'est un club de tradition, qui attire beaucoup de monde et suscite l'intérêt de la presse. Une explication ? Je n'en ai pas la moindre idée. Je suis ici depuis trois ans et je n'ai jamais vécu de crise. Les supporters nous soutiennent toujours et quand ça va moins bien, ils nous aident à nous en sortir. Jouer ici est un vrai plaisir. Je ressemble un peu aux supporters. Peut-être est-ce pour cela qu'ils m'apprécient. Ce club est taillé à ma mesure. Evidemment. L'année dernière, Volders m'a demandé, pendant un match amical qui avait attiré 7.000 personnes : -Qu'est-ce que c'est pour un endroit, ici ?De l'expérience. Comment commettre une faute au bon moment. Je n'ai jamais aimé jouer contre lui. Nous avons d'ailleurs souvent eu des mots. Nous sommes cools mais sur le terrain, nous nous métamorphosons. Wouter et moi aimons provoquer notre adversaire, le déstabiliser. Je commets des fautes, je pousse et je tire souvent, simplement pour que le défenseur commis à ma garde comprenne qu'il va passer une mauvaise soirée. Je dois simplement veiller à ne pas me laisser entraîner à ce petit jeu. Cela m'est arrivé trop souvent dans le passé. L'entraîneur m'en a parlé. J'ai déjà accompli des progrès. On peut dire ce qu'on veut mais on ne me déstabilisera plus. On n'a pas le droit d'aborder la vie privée des gens. Oguchi Onyewu ! Pas moyen de le déstabiliser. L'année dernière, je lui ai crié quelque chose et il m'a répondu calmement : -Comme toi, je beurre mes tartines tous les matins. Il m'a impressionné. En plus, il a un fameux gabarit et de la présence. Il faut essayer de le contourner en bougeant beaucoup car il n'est pas vif. A mes yeux, l'Américain est le meilleur défenseur de Belgique. Il gagne neuf duels sur dix. Malines nous oblige à fréquenter la salle de musculation une fois par semaine. Il m'arrive de faire des heures supplémentaires mais plus autant qu'à Beveren. C'était exact. Je me rendais trois ou quatre fois par semaine au fitness. Je n'étais pas rapide et je voulais compenser cette lacune en acquérant plus de puissance. Ce faisant, j'ai entamé mon explosivité. J'ai donc diminué le nombre de mes séances de musculation mais je réalise encore des exercices avec des poids chez le kiné et j'effectue des pompages. Non, j'en avais besoin. Beveren m'avait introduit régulièrement au jeu à partir de mes 17 ans et je devais me renforcer. Après un an, j'ai effectué des exercices de vitesse avec Marc Hoste, le préparateur physique des jeunes Beverenois. Il entraînait aussi des athlètes. Il m'a ainsi expliqué qu'il fallait garder les genoux hauts pour être rapide. Nous travaillions les techniques de course deux fois par semaine, parfois cinq même. Depuis, ma vitesse a augmenté de 30 %. Mais avoir un corps musclé ne constitue pas une obsession. Peut-être mais pas au point d'ôter mon t-shirt au moindre rayon de soleil. La saison passée, Milan Jovanovic a posé torse nu pour Sport/ Foot Magazine, non ? C'était une très belle photo... Ou en pare-chocs devant la défense. Je récupérais le ballon et le renvoyais simplement. Un ballon simple est un bon ballon. En Réserve, à 17 ans, j'ai joué un semestre à l'arrière droit puis l'équipe a manqué d'attaquants et j'ai obtenu ma chance dans ce compartiment. J'étais lancé. Un avant a beaucoup plus de liberté que n'importe quel autre joueur, il peut se fier à son intuition. Ceci dit, je joue où l'entraîneur le veut, même s'il me demande, demain, de rejouer à l'arrière droit. C'est un compliment. Wilmots jouait plus en retrait et je trouve qu'il était plus limité que Sonck. On m'a aussi comparé à Dirk Kuijt. C'est un honneur. Ceci dit, Sonck et Wilmots étaient mes idoles, quand j'étais gamin. Je suis donc heureux qu'on me compare à eux maintenant. Cependant, Sonck n'est pas un ami. Nous nous sommes même disputés durant un match. Nous sommes tous les deux des gars embêtants sur le terrain (il rit). Non. A 17 ans, on se tait et on écoute. A Ostende, durant la saison 2005-2006, j'ai mûri et j'ai commencé à m'imposer. Quand quelque chose ne va pas, je le dis. Si je ne suis pas bon, on peut me le dire. Je veux toujours gagner, même un petit match d'entraînement. Quand on n'a pas faim de victoire en semaine, on n'est pas motivé le week-end non plus. Une fois, j'ai eu un accrochage avec mes coéquipiers malinois. L'entraîneur m'a interpellé, je me suis expliqué et tout est rentré en ordre. Cela ne pourrit pas. Tout à fait. Un journaliste flamand a récemment écrit dans un éditorial qu'il s'était trompé à mon sujet. Chapeau d'oser l'avouer mais il rappelait aussi m'avoir vu à l'£uvre lors d'un championnat d'Europe -19 ans : j'étais tout juste capable de m'occuper des rentrées en touche et de courir comme un sauvage. Je n'avais que 18 ans et j'avais encore beaucoup à apprendre. Je pense que le malentendu vient du fait que j'ai effectué mes débuts en D1 à Beveren à 17 ans. En plus, j'étais le seul blanc de l'équipe et les gens ont spontanément retenu mon nom. Je joue parmi l'élite depuis cinq ans déjà. Je voulais dire que jusqu'à 28 ans, j'allais certainement privilégier l'aspect sportif, que je pourrais penser à l'argent ensuite. D'autre part, tout footballeur professionnel aspire à la notoriété. Rester une souris grise ne permet pas de signer une belle carrière. Ceci dit, je n'ai pas besoin d'être reconnu partout. C'est une marque de respect à leur égard mais quand je suis en vacances en Espagne et en Grèce, je n'ai pas besoin d'être photographié sur un yacht comme Ronaldo. Une fois, en D2. C'était avant Malines-Antwerp. En route pour la librairie, j'étais à l'arrêt au feu rouge. Des supporters anversois sont sortis d'un véhicule, derrière moi, et ont secoué ma voiture. Je n'étais pas à l'aise mais ça s'est arrêté là... par matthias stockmans -photos: reporters/ hamers