"De ce que j'ai pu voir jusqu'à présent, votre championnat est de qualité... comparable au norvégien ", affirme Charlie Miller. Quand on lui répond que, pour nous Belges, c'est un compliment déguisé, il s'étonne. " J'ai joué deux ans à Brann Bergen et ai disputé de nombreux matches de haut niveau. De plus, on avait l'habitude de se produire devant 18.000 personnes ".
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"De ce que j'ai pu voir jusqu'à présent, votre championnat est de qualité... comparable au norvégien ", affirme Charlie Miller. Quand on lui répond que, pour nous Belges, c'est un compliment déguisé, il s'étonne. " J'ai joué deux ans à Brann Bergen et ai disputé de nombreux matches de haut niveau. De plus, on avait l'habitude de se produire devant 18.000 personnes ". Pourquoi rejoint-il, dès lors, la lanterne rouge d'une compétition qui n'est pas plus reluisante ? " Mes débuts à Brann ont été très bons. Rapidement, les fans m'ont eu à la bonne. J'étais très heureux. Je jouais pour une équipe du top et la vie sur place était agréable. Ce n'est que sur la fin que tout s'est gâté. Le manager Ivar Mjelde m'a déplacé sur la droite alors que je suis quelqu'un de plus axial. Mes prestations en ont souffert et j'ai préféré quitter le club. Si aujourd'hui je suis en Belgique, c'est principalement pour Kjetil Rekdal. C'est un entraîneur extrêmement compétent. Il suffit de voir le parcours qu'il a eu avec son club précédent Valerengen. Du bas de tableau, il l'a emmené vers les sommets ". En retard de condition (à l'exception d'un match face à Rosenborg en décembre, il n'a plus été retenu par son ex-employeur depuis fin octobre), Miller n'a pas encore convaincu les sceptiques. Si comme au Standard, par exemple, il a laissé entrevoir des qualités techniques indéniables, il n'est pas encore en mesure d'être présent 90 minutes durant. " Avant d'arriver au Lierse, je m'entraînais pendant la trêve norvégienne avec le club écossais de St. Johnstone. Mais j'ai été grippé avant le match à Gand, ce qui n'a pas arrangé les choses. J'espère tout de même apporter ma contribution au maintien de ce club ". Y croit-il vraiment ? " L'ambiance dans le groupe est formidable, mais cela sera compliqué. Pour y parvenir, on ne doit craindre personne. Regardez l'Écosse qui a récemment battu la France (1-0) ; on doit les imiter ". Et cette mentalité, il la connaît bien. Miller a grandi à Castelmilk, un quartier populaire de Glasgow. Dans cet environnement lourdement défiguré par un grand projet immobilier des années 50, il va façonner ses gestes techniques dans la rue. Enfant de la balle, il n'a jamais connu son père et très peu sa mère. Elevé par ses oncles Benny et Jim ainsi que ses grands-parents, Miller délaisse vite les bancs de l'école pour le ballon rond. Son talent saute rapidement aux yeux des détecteurs de jeunes. Affilié au Boys Club en équipe d'âge, filière des Rangers, il rejoint tout naturellement ces derniers malgré les sirènes tentantes de nombreux clubs. " Pour un real Glaswegian comme moi, c'était fantastique. Je suis protestant, mais ça n'a jamais été une affaire de religion. La majeure partie de ma famille supporte les Rangers mais j'ai aussi un oncle qui est supporteur du Celtic, tout comme j'ai des amis catholiques à Glasgow ". Arrivé en équipe Première des Glasgow Rangers à l'âge de 17 ans, il participe au fameux 9-in-a-row (neuf titres d'affilée, record détenu également par le Celtic) du club sous l'égide du coach Walter Smith. Entre 1993 et 1998, il remporte cinq titres de champion, deux Coupes et deux Coupes de la Ligue, un palmarès qui en dit long sur celui qui en 1995 fut élu meilleur espoir du championnat d'Écosse. Modeste : " Il faut relativiser. Sur mes cinq titres, je n'ai un pied important que dans trois d'entre eux ". Miller côtoie de grandes stars comme Brian Laudrup ou Paul Gascoigne. Avec Gazza, il va même se lier d'amitié, un lien qui se prolongera en dehors des terrains :" On exagère le rôle de Gascoigne. Après les matches ou même en semaine, tout le monde allait boire un verre, même des gars plus réservés comme Laudrup. Mais c'est vrai qu'il y a une différence entre ceux qui buvaient quatre bières et ceux qui en prenaient 18 ! J'avais tendance à faire partie de la seconde catégorie... " D'où le surnom Champagne Charlie, attribué par les tabloïds. Le Glaswegian ne cache pas ses excès, même si de l'amertume pointe sous cet accent typique du nord des îles : " Évidemment que j'ai des regrets quand je repense à ma période dorée à Glasgow. Malheureusement, j'ai trop aimé la vie à un certain moment ". Après une fin chaotique chez les Rangers, Miller rejoint le club anglais de Watford lors de la saison 1998-1999. Son expérience en Premier League ne sera pas couronnée de succès. Watford descend en deuxième division et Miller ne dispute que 14 rencontres. Avant de tenter l'aventure norvégienne, et aujourd'hui belge, il retournera en Écosse pendant quatre saisons pour le bonheur de Dundee United. Depuis dimanche dernier, Charlie Miller est âgé de 31 ans. " Seulement ?", penseront ceux qui ont l'£il rivé sur un parcours déjà bien long. " Seulement ?", pense-t-on aussi en analysant son look. Le gaillard, effectivement, a toujours été un bon vivant... par thomas bricmont - photo: reporters/ schroeder