Inspirations

Je dois beaucoup à mon père André Boonen. Ancien coureur, il sait ce que représente le sport de haut niveau. Il m'a appris à rester calme et réaliste. Comme lui, je trouve aisément une solution aux problèmes. Mais il m'a fallu du temps pour me détacher du nid familial. A 24 ans, il est temps. J'aimerais acheter quelque chose car je ne me vois pas écumer les magasins à la recherche d'une salle de bains ou d'une cuisine. Je voudrais une maison ou un appartement dans un rayon de 15 kilomètres de ma famille.
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Je dois beaucoup à mon père André Boonen. Ancien coureur, il sait ce que représente le sport de haut niveau. Il m'a appris à rester calme et réaliste. Comme lui, je trouve aisément une solution aux problèmes. Mais il m'a fallu du temps pour me détacher du nid familial. A 24 ans, il est temps. J'aimerais acheter quelque chose car je ne me vois pas écumer les magasins à la recherche d'une salle de bains ou d'une cuisine. Je voudrais une maison ou un appartement dans un rayon de 15 kilomètres de ma famille. Ma victoire au Championnat de Belgique Espoirs, en 2001 à Tessenderlo, est une des plus belles expériences de ma carrière. J'ai été champion à dix kilomètres de chez moi, au terme d'une course dure. Ce jour-là, mon père a pleuré. Erik Lievens est mon copain d'entraînement depuis des années. Dommage qu'il n'ait pu rester au Landbouwkrediet et ait dû retourner en Elites, sans contrat. J'ai essayé de le pousser chez Bodysol-Brustor mais les places se font rares. Erik mérite mieux. Beaucoup de professionnels ont moins de qualités que lui. Il ne doit pas être leader mais il abat beaucoup de travail au profit d'une équipe. George Hincapie est un ami, surtout depuis que nous ne roulons plus pour la même équipe. Il est fort mais n'a pas la rage de vaincre. Chez US Postal, on disait qu'il lui manquait ce que Lance Armstrong avait en trop. Sinon, il aurait gagné trois Coupes du Monde. Je voudrais rouler le Tour de France. Il ne doit pas être plus dur que la Vuelta mais il est plus stressant. Si j'y participe, il me faut deux ou trois hommes pour préparer le sprint. La direction doit trancher : elle joue ma carte ou elle mise sur ceux qui tiennent en montagne. RichardVirenque, LaurentDufaux, Juan AntonioPecharromán, Juan MiguelMercado : les places sont chères. Jurgen Van Goolen veut y participer. On verra. Lore est ma copine : nous étions de bons amis puis nous avons évolué. Nous sommes ensemble depuis cinq mois. A la maison, je ne parle pas cyclisme. Elle est étudiante en psychologie ; elle sait ce que je vais dire avant moi ! L'année dernière, au printemps, j'ai joué de malchance. Suite à une chute, je me suis bloqué le bassin. La douleur irradiait jusqu'au genou. Je n'ai pas eu le temps de me soigner pendant les classiques. Je n'ai retrouvé mon niveau qu'au Tour de Belgique. Une victoire d'étape m'a soulagé. Ce n'était pas une classique mais sur le moment, j'y ai attaché beaucoup d'importance. Les victoires d'étapes au Tour du Qatar et à la Ruta del Sol sont cependant plus importantes car j'ai battu des noms. J'ai subi 50 contrôles antidopage l'an dernier, en moyenne un par semaine. Cela fait partie du cyclisme actuel. Ce n'est pas marrant mais on fait avec. Cinq instances nous contrôlent : l'UCI, l'agence internationale WADA, le Comité Olympique, la police et la Communauté Flamande. Le WADA ne s'annonce jamais : il attend votre retour et sonne à votre porte. Yvan Van Mol est notre médecin. Il a tellement d'expérience... Il vaut mieux qu'une équipe ait son médecin. Sinon, on entend des trucs : des gens vont sur le marché noir, font des expériences. Un médecin d'équipe vous empêche de faire des faux-pas. Grâce à Dirk Demol, j'ai fait un stage chez US Postal. C'est lui qui m'a fait passer pro. Je lui en suis reconnaissant. Il voulait que je reste un an de plus chez US Postal mais notre amitié n'a pas pâti de mon passage chez Quick Step-Davitamon. Dirk sait que je n'ai jamais menti et il apprécie mon honnêteté. Si c'était à refaire, je n'hésiterais pas et je signerais pour un an chez Us Postal ! Je n'y étais pas sous pression et je pouvais largement choisir mes courses. Aucune autre équipe de ce niveau ne vous permet de progresser aussi sereinement. C'est pour Johan Museeuw que j'ai signé chez Quick Step-Davitamon. Je voulais absolument rouler dans la même équipe que lui. Je l'admire beaucoup, car je sais quels efforts il a fournis pour gagner toutes ces belles courses. Johan n'est pas un homme de mots. En course, il indique rarement leurs tâches aux autres. Pour apprendre, il suffit de le regarder. Quick Step-Davitamon est la meilleure équipe pour moi, maintenant. Tout me convient, j'ai ma chance. Je dépense 100 euros par semaine en fruits. Chaque jour, ils composent un repas, généralement à midi. Je pèle une pomme, coupe une orange, une banane, un kiwi et d'autres fruits de saison. Après un entraînement dur, je n'ai pas envie de viande ou de croque-monsieur mais de quelque chose de frais. Il y a cinq ans, lors de mon passage en Espoirs, j'ai abouti dans le groupe d'entraînement Ludo Dierckxsens. Ce dernier accélérait souvent pour me tester, quand nous roulions ensemble en tête. Au bout d'un an, j'ai réussi à le battre. Nous sommes liés par un respect mutuel. A 40 ans, il roule comme un jeunot de 16 ans. Jamais il ne s'est laissé abattre par les coups du sort. J'adore le repos : c'est l'occupation principale d'un cycliste ! Il est important de se reposer, surtout en cette période. J'essaie de faire une sieste d'une heure ou au moins de m'allonger et de lire. J'ai toujours su que j'étais rapide. J'ai axé ma préparation à la dernière Vuelta là-dessus, en travaillant les intervalles. Pour la première fois, je suis parvenu à dépasser des coureurs dans les 100 derniers mètres. Pour briller dans les classiques, il faut travailler l'endurance, au détriment de la vitesse. Un jour, je devrai opérer un choix. Mon corps me le dictera. Si je suis en mesure de gagner un sprint massif dans les grands tours, je choisirai cette voie. Sinon, je viserai les classiques. C'est pour la victoire que je roule. Toujours. On commence chez les jeunes, puis on est valet ou candidat à la victoire. J'espère appartenir à cette dernière catégorie. Je roule pour le kick de la victoire, pas pour le plaisir de rouler. Etre candidat à la victoire implique plus de pression mais je l'assume avec plaisir. Je n'ai pas le temps pour Internet et j'oublie de consulter mes mails... Mais j'adore les bagnoles. J'en suis fou et je sais que j'ai de la chance de pouvoir acheter la voiture de mes rêves. J'ai une BMW 330 coupé. Il me faut un véhicule sportif. J'aime différents types de musique : drum&base et techno, mais aussi Metallica ou Rage Against the Machine. Je viens d'acheter trois CD d'un coup : un d' Illusion, un de Fatboy Slim et un de The Doors. En auto, je passe un CD, à fond si je suis seul. Par contre, je m'entraîne sans walkman : dehors, je préfère écouter les bruits de la nature. Roel Van den Broeck" Les SPRINTS massifs ou les CLASSIQUES "