Anouar Ait El Hadj, AlbertSambi Lokonga, Yari Verschaeren: les jeunes ont la cote à Neerpede. Si ces derniers sont encore à Bruxelles pour le moment, d'autres ex- Mauves ont déjà effectué le grand saut vers l'étranger, à l'image de Jérémy Doku et Alexis Saelemaekers. Certains prennent parfois la décision de terminer leur formation à l'étranger. Le football belge a connu Adnan Januzaj à Manchester United. Place maintenant à Eliot Matazo, milieu de terrain de l'AS Monaco.
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Anouar Ait El Hadj, AlbertSambi Lokonga, Yari Verschaeren: les jeunes ont la cote à Neerpede. Si ces derniers sont encore à Bruxelles pour le moment, d'autres ex- Mauves ont déjà effectué le grand saut vers l'étranger, à l'image de Jérémy Doku et Alexis Saelemaekers. Certains prennent parfois la décision de terminer leur formation à l'étranger. Le football belge a connu Adnan Januzaj à Manchester United. Place maintenant à Eliot Matazo, milieu de terrain de l'AS Monaco. Né à Woluwe-Saint-Lambert, le médian a commencé sa formation sous le ciel d'Anderlecht. Très vite, son talent est remarqué et lui permet de gravir les échelons. À la moitié de la saison dans l'équipe des U16, le milieu de terrain est surclassé en U17 et rejoint ainsi d'autres grands talents du Sporting, eux-mêmes surclassés auparavant comme Doku, Killian Sardella, Marco Kana ou encore Ait El Hadj. À l'issue de la saison, la direction d'Anderlecht propose un contrat pro à plusieurs de ses jeunes. Eliot est l'un des seuls à refuser. Le jeune homme a une autre idée en tête et signe finalement à Monaco en mettant en avant le projet sportif: "C'est un club qui, historiquement, a lancé pas mal de jeunes. Beaucoup ont débuté ici, d'autres se sont révélés aux yeux de l'Europe, c'est une belle vitrine", explique-t-il à RMC. Pisté à ce moment-là par de grosses écuries européennes comme le Bayern Munich et la Juventus, le jeune Eliot ne veut pas brûler les étapes et privilégie donc un départ vers la Principauté. MohamedOuahbi, son coach en U17 chez les Mauves, avait pourtant tenté de le convaincre de rester dans son club formateur: "J'ai essayé de lui faire comprendre que le club l'appréciait, qu'il aurait continué à progresser ici et qu'il pouvait percer au plus haut niveau grâce à Anderlecht, mais je n'ai pas insisté. Son départ a été une déception, mais il a été atténué par la signature chez les professionnels de joueurs pistés par des grands d'Europe comme Doku par Liverpool et Sardella par Arsenal."Matazo emménage donc sur le Rocher, où il aurait pu croiser par hasard son ancien formateur. "Le jour où j'ai appris le départ d'Eliot, je suis allé le voir dans le vestiaire pour lui donner mon sentiment et lui souhaiter bonne chance", explique ce dernier. "Il m'a alors raconté que le jour où je suis allé faire mon stage à Monaco en vue d'obtenir ma licence pro, il était venu avec sa mère, car les joueurs avaient du temps libre. Je crois qu'il y était pour discuter avec le club." En Principauté, Eliot Matazo n'est pas seul, sa mère et deux de ses soeurs l'accompagnent. Un apport absolument essentiel pour l'équilibre d'un jeune joueur qui part à l'étranger et se retrouve catapulté dans un tout nouvel environnement. Surnommé Rio par ses coéquipiers, en hommage à Rio Mavuba, ex-international français et milieu de terrain de Lille, son ancien entraîneur ne voit pas de profil qui lui ressemble vraiment. "Quand il porte le ballon et s'infiltre balle au pied en étant percutant, c'est vrai qu'il a du Mavuba en lui dans certaines actions. Les qualités qu'il a sont similaires à des joueurs que l'on connaît, mais pas dans son ensemble. Il a par exemple les qualités de projection d'un Nicolas Raskin, il sait sortir du pressing grâce à des dribbles comme Mousa Dembélé, il a beaucoup de caractère et de l'impact physique", détaille Mohamed Ouahbi. Véritable leader dans les catégories de jeunes, Eliot Matazo est désormais passé dans la cour des grands. Pour continuer sa progression, le Belge peut notamment compter sur l'appui et l'aide de joueurs expérimentés comme Cesc Fàbregas. L'Espagnol ne tarit d'ailleurs pas d'éloges à l'égard de son coéquipier: "C'est un mec qui travaille beaucoup. Il joue peu, mais à l'entraînement, il fait les choses bien: il écoute, demande des conseils, pose des questions et veut chaque jour faire plus." Une habitude prise, selon Mohamed Ouahbi, au centre de formation d'Anderlecht, où l'on s'entraîne régulièrement et où l'on travaille dur. Blessé dès son arrivée, le Bruxellois navigue ensuite entre les équipes de jeunes et la réserve. Il intègre finalement le groupe professionnel cet été après avoir tapé dans l'oeil du nouveau coach, Niko Kovac. Il dispute ses premières minutes officielles sous la vareuse monégasque fin septembre face à Strasbourg, où il joue une trentaine de minutes. Trois mois plus tard, il célèbre sa première titularisation face à Saint-Étienne, mais se fait exclure après une grosse demi-heure. Il doit alors attendre trois mois supplémentaires pour refouler les pelouses de Ligue 1, lorsqu'il est titulaire au coup d'envoi face au FC Metz. Une rencontre auréolée de succès pour le jeune joueur, auteur d'une superbe passe décisive pour Kevin Volland, après avoir effacé deux adversaires. Son coach en est fan et le fait savoir. "Pour moi, c'est un phénomène", s'enthousiasme Kovac. "Il travaille chaque jour, semaine après semaine, avec le même rythme. Il lui arrive d'être déçu car il n'entre pas en jeu, mais son attitude de travail est fantastique." En progression dans la Principauté, le jeune Belge s'épanouit en France, mais pourrait également réussir ailleurs selon Mohamed Ouahbi: "Comme jeune joueur, je le verrais bien s'épanouir en Bundesliga, dans un jeu fait de courses, d'intensité et d'espaces. Il a le profil en tout cas." Sous les couleurs nationales, le joueur formé à Anderlecht a connu l'équipe des U16 comme capitaine et celle des U18, mais n'a jamais franchi l'étape supérieure. Pourrait-on le voir un jour chez les Diables rouges? C'est possible d'après son ancien entraîneur: "Je ne m'avance jamais, car ça dépend de sa progression. Ce qui est clair, c'est qu'il a le potentiel et les qualités pour faire partie des prochaines générations. À lui de le prouver", conclut Ouahbi. De plus en plus utilisé par Kovac, Matazo poursuit donc son ascension vers le plus haut niveau. Soutenu par son coach, le Belge pourrait faire la différence dans le sprint final. L'avenir lui tend les bras, à lui de saisir sa chance.