Un homme accompagné de sa fille et de son fils pénètre dans le stade, trois heures et demi avant le coup d'envoi entre le Borussia Dortmund et Hanovre 96. Ils sont revêtus de noir et jaune. Il pleut, il fait froid mais ils rayonnent de bonheur avant cette nouvelle fête du football. Le Borussia reste une issue à une sinistre réalité.
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Un homme accompagné de sa fille et de son fils pénètre dans le stade, trois heures et demi avant le coup d'envoi entre le Borussia Dortmund et Hanovre 96. Ils sont revêtus de noir et jaune. Il pleut, il fait froid mais ils rayonnent de bonheur avant cette nouvelle fête du football. Le Borussia reste une issue à une sinistre réalité. Les habitants de la Ruhr ne sont pas les seuls à aimer l'ambiance électrique du Signal-Iduna-Park. Deux heures avant le match, une voiture immatriculée en Belgique cherche une place de parking. Ce sont des supporters de Sint-Eloois-Winkel, en Flandre occidentale. De même qu'une horde de supporters anglais débarque à Dortmund à chaque match. Et pas seulement parce que les billets sont moins chers qu'en Premier League. La force d'attraction du Borussia Dortmund, avec son ambiance si particulière, prend des dimensions de plus en plus internationales. Hans Vanaken aurait pu poursuivre sa carrière dans cet environnement. L'entraîneur suisse du Borussia, Lucien Favre, le voyait très bien dans son système. Mieux même, il estimait que Vanaken en était le chaînon manquant. Le transfert ne s'est pas fait et samedi, Vanaken ne s'est pas produit devant 81.365 spectateurs sous le maillot du Borussia mais a accompagné le Club Bruges à Ostende, devant 7.010 personnes. Il ne peut y avoir plus grande différence d'ambiance. Ni de décor aussi contrasté pour repousser ses limites. Axel Witsel est bien placé pour le savoir. L'arrivée de Favre, qui prône un football de combinaisons et ne supporte pas les longs ballons, a été une bénédiction pour le médian, qui s'est retrouvé. Witsel ne se contente pas de distribuer le jeu depuis l'arrière et mieux faire jouer les autres. Il s'infiltre quand c'est possible, il récupère et dirige, il cède le ballon latéralement comme en profondeur. Comme il le faisait à ses débuts au Standard. Witsel a participé à tous les matches de championnat et beaucoup d'observateurs sont surpris par la manière dont il supporte ce rythme élevé. Il a reconnu dans une interview que c'était partiellement dû à son séjour en Chine, où son corps n'a pas été extrêmement sollicité. Juste avant son transfert, Witsel était critiqué et dépeint comme un footballeur aveuglé par l'argent mais dénué d'ambition. Il a en moyenne 88 contacts avec le ballon par match au Borussia Dortmund. Il est le coeur de l'équipe, son Kaiser. Sa présence et son succès ne seraient-ils pas un facteur décisif pour convaincre Thorgan Hazard de quitter le Borussia Mönchengladbach pour Dortmund cet été ? Lucien Favre insiste également sur ce transfert. Il n'est pas non plus exclu qu'il rouvre la piste Vanaken. Un entrejeu belge à Dortmund, voilà qui serait remarquable ! Peu importe qu'on assiste à un match à domicile du Borussia pour la première ou la dixième fois : ça vous prend toujours à la gorge. Le mur jaune, l'illustre tribune debout de 25.000 places est impressionnante quand en déferle un ouragan d'encouragements, tandis que les drapeaux noir et jaune ne cessent de flotter, pendant 90 minutes. Samedi aussi, contre Hanovre, même si le Borussia a tâtonné en début de match, avant de submerger son adversaire, qui lutte pour son maintien. Avec Witsel parmi ses charnières, moins visible que d'habitude mais toujours démarqué et constamment en mouvement. Il affirme ne jamais s'être senti mieux de toute sa carrière. On le remarque dès l'échauffement. À sa motivation et à ses liens avec ses coéquipiers.