" En fin de saison 1972-73, j'avais prolongé mon contrat pour trois ans. Une finale de Coupe entre Anderlecht et le Standard, c'était d'autant plus un événement que le Club Bruges avait décroché le titre. J'étais back droit comme toujours et, après trois minutes, Dzemaludin Musovic hérita du ballon et mon intention était de l'obliger à adresser une passe dans l'axe. J'ai tenté un tacle d'influence, un geste répété à l'entraînement. Sans toucher l'adversaire, le but était de dire à son opposant : - ...

" En fin de saison 1972-73, j'avais prolongé mon contrat pour trois ans. Une finale de Coupe entre Anderlecht et le Standard, c'était d'autant plus un événement que le Club Bruges avait décroché le titre. J'étais back droit comme toujours et, après trois minutes, Dzemaludin Musovic hérita du ballon et mon intention était de l'obliger à adresser une passe dans l'axe. J'ai tenté un tacle d'influence, un geste répété à l'entraînement. Sans toucher l'adversaire, le but était de dire à son opposant : - Toi, tu te diriges par là. Les crampons de ma chaussure gauche sont restés accrochés dans le sol. J'ai entendu un craquement. L'arbitre, Vital Loraux, comprit qu'il y avait urgence. Fernand Beeckman et le docteur Jacques Malvaux furent vite sur place. Près du banc, j'ai dit : -Fernand, fais-moi un bandage, je veux jouer, c'est une finale. Notre moustachu fut direct : -Tu vas à l'hôpital. Les radios révélèrent la cata : fracture compliquée du péroné gauche, déchirure des ligaments de la cheville. Je misais sur un arrêt de trois mois. Raymond Goethals comptait sur moi pour Hollande-Belgique du 18 novembre 1973. Le Fédéral se rendit au match des Réserves Anderlecht-Standard disputé devant 5.000 personnes pour assister à ma rentrée en même temps que celle de Léon Semmeling qui relevait de blessure lui aussi. La tige fixée à mon péroné gênait ma cheville. C'était foutu pour les Diables. La suite fut dure : nouvelle opération, rééducation, solitude, inquiétude pour l'avenir, plus de primes de victoires, salaire mensuel réduit par la direction de 1.250 euros à 625 euros alors que je m'étais blessé en match... J'étais dans le trou et après 18 mois de galère, Urbain Braems, si indifférent à mon égard, me reparla de la D1. J'ai répliqué avec délectation : -Pas pour moi, j'ai accepté une offre de l'Union Saint-Gilloise qui cherchait un entraîneur. Mon équipier Jean Plaskie m'avait mis en relation avec Ghislain Bayet, le président de la Butte. Même si l'Union fut fauchée par des soucis financiers, j'y ai aussi connu de grandes joies. Elles m'ont permis de débuter dans le métier de coach et d'oublier le 27 mai 1973, quand Anderlecht remporta la finale de la Coupe contre le Standard (2-1). Moi, malgré ma blessure, j'ignorais que ma carrière venait de se terminer. Je n'avais que 32 ans et la médecine n'était pas aussi performante qu'en 2009... " né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing).propos recueillis par pierre bilic