La Belgique est l'Eldorado de Michaël Murcy, 24 ans, une des révélations de la saison en D1. Le Louviérois y a lancé sa carrière après s'être posé beaucoup de questions en France. Malgré des moments difficiles, il n'a jamais rien lâché, n'a pas cédé aux doutes et récolte aujourd'hui les premiers fruits d'un travail acharné.

Cet attaquant de 1,84 m et 75 kilos se distingue par plusieurs facettes intéressantes : sa vitesse, son sens de la profondeur, ses jaillissements en zone de vérité, son art de garder la balle dans le camp adverse en attendant le soutien de ses médians. Ses qualités lui ont permis de réaliser de très bons matches, comme ce fut le cas, entre autres, au Club Brugeois, où il marqua ses premiers buts et lors du récent voyage au Sporting de Charleroi. Ce soir-là, chez les Zèbres, Murcy plongea sans cesse dans les espaces, tant dans l'axe qu'en diagonales, proposa quelques services 24 carats à ses équipiers, et planta une magnifique reprise de la tête dans les filets d'un BertrandLaquait médusé.

L'ancien joueur de l'US Créteil, club de L2, s'installe progressivement dans le paysage du football belge. " Pour moi, l'appel de La Louvière constituait une chance exceptionnelle ", reconnaît-il. " Cela m'a permis de découvrir la D1, l'ambiance européenne, une bonne atmosphère de travail, la joie de marquer mes premiers buts en tant que footballeur professionnel. Je n'aurais probablement pas pu vivre cela en France. Le début de ma carrière n'a pas toujours été un long fleuve tranquille. Mais je n'ai rien lâché. J'ai toujours cru en mes rêves. Le football est resté au centre de ma vie et de mes ambitions même quand je suis retombé dans les caves du football français ".

Pourtant, à deux ou trois reprises, Michaël Murcy se retrouva à deux doigts de la consécration. Il ne lui manqua probablement que deux cents pour faire un euro. Ce fut le cas quand il fréquenta le centre de formation du PSG où sa gentillesse fut peut-être un handicap dans une mare aux requins.

Puis, un peu plus tard, lors de la saison 2001-2002, son club de l'époque, Lusitanos, un club de National (D3), épata la galerie en éliminant Bordeaux en 16e de finale de la Coupe de France : " C'est mon premier grand souvenir sportif. Dans le camp bordelais, il y avait des joueurs de la trempe de VikashDhorasoo, Christophe Dugarry et Pauleta ".

Au tour suivant, Lusitanos chuta de justesse (2-1, après prolongations) contre le Racing Strasbourg. Cette belle campagne dans le cadre de la Coupe de France ne fut pas suffisante pour mettre Michaël Murcy sur orbite.

" Je n'ai jamais rien eu pour rien ", confie-t-il. " Mais je n'ai jamais eu de mal à intégrer cette réalité. A la maison, on ne roulait pas sur l'or. Je connaissais la valeur de chaque pièce de monnaie. Cela m'a donné le goût du travail. Le plaisir de bien faire a toujours été essentiel pour moi ".

Son papa est originaire de la Réunion et s'installa en Ile de France après son passage sous les drapeaux. Il ne tarda pas à y faire venir toute sa famille. Michaël termina ses études secondaires et joua au football à Chambly et à Persan où il fut repéré par le PSG à 17 ans. Après avoir passé un an au Camp des Loges où il s'entraîna même avec les professionnels, dirigés par le duo Riccardo- Joël Bats, le jeune homme reprit la direction de Persan, un club régional des catacombes du football français, l'équivalent d'une P4 belge.

" Ce ne fut pas facile à accepter mais je n'avais pas le choix ", se souvient-il. " J'avais quand même fortement progressé au PSG. J'y étais passé d'un régime de deux entraînements par semaine à deux séances de travail par jour. Ce ne fut pas facile et j'aurais aimé que le PSG m'accorde une saison de plus afin de parfaire mon apprentissage ".

Bien gérer son temps

Hélas, les clubs du format de celui du Parc des Princes n'ont pas le temps. Les jeunes doivent éclore au plus vite ou disparaître. Le public du PSG est comme celui de l'Olympia : il ne se déplace que pour voir des vedettes sur la scène. Tout était à faire et c'est le temps de la vache enragée. Persan étant un club amateur, il doit trouver un emploi : " J'ai été embauché dans une usine de la région avec un de mes équipiers. J'étais ouvrier manutentionnaire. Je m'occupais des stocks, je maniais des transpalettes. Je travaillais la nuit. Dur, mais je n'avais rien trouvé d'autre et cela me convenait. Je pouvais me reposer la journée, m'entraîner en début de soirée avant de filer à l'usine. Je suis de nature optimiste et je savais que c'était provisoire. J'avais des atouts sportifs : un club plus huppé allait bien finir par me remarquer. J'ai découvert un autre monde. La nuit, les gens sont proches et courageux. Ils se serrent les coudes quand un collègue perd pied. On acquiert un mental qui résiste à tout. J'ai évidemment appris à lutter contre les coups de barre. Certains combattent le sommeil à coups de tasses de café noir. Moi et d'autres, nous avions un autre truc. Quand les paupières se faisaient lourdes, nous mâchions un peu de chewing-gum à la menthe. Du peppermint, c'était fort en bouche, assez rafraîchissant pour donner un petit coup de fouet ".

" Il fallait se dépêcher après l'entraînement ", continue-t-il. " Je n'avais plus le temps de rentrer à la maison. J'arrivais à l'usine vers 21 heures. C'était donc la course mais j'étais jeune et cela ne me dérangeait pas. Le plus important était de s'organiser, de bien gérer son temps, de trouver l'équilibre entre le travail à l'usine et le football. Je ne me suis jamais découragé. Je savais que cette galère me serait utile un jour. Elle allait me permettre de mieux apprécier le succès et de garder les pieds sur terre. J'avais besoin de cet argent gagné la nuit pour me payer mon permis de conduire, une petite voiture. De plus, j'estimais normal de remettre une partie de mon salaire à mes parents ".

A la fin de cette saison, Michaël Murcy est libre. Il contacte lui-même les dirigeants du FC Versailles 78. Une semaine plus tard, l'entraîneur de ce club, qui s'était renseigné à son propos, lui donne le feu vert : " Je remontais de deux étages dans le football français. Je quittais aussi le travail de nuit. Versailles me trouva un job à la chaîne dans un dépôt de livres d'Hachette. Je préparais des commandes de 6 heures du matin à 14 heures. Nous nous entraînions trois fois par semaine à Versailles. Pour moi, c'était de l'autre côté de Paris. Cela posait de gros problèmes de mobilité et je perdais un temps fou dans la circulation. Les parents de ma copine, Nathalie, ont accepté que je m'installe chez eux. Ils savaient que j'étais sérieux et leur coup de pouce m'a fait beaucoup de bien ".

Laval le suit du regard mais il se blesse avant de passer un essai dans ce club de L2. Créteil saisit la balle au bond et lui offre une place en CFA 2, championnat auquel prennent part les réserves de L2 : " J'ai accepté tout de suite car cela me permettait d'approcher à petits pas des séries professionnelles. L'US Créteil était présidé par Alain Afflelou et GernotRohr s'occupait de l'équipe fanion. Le groupe de CFA 2 avait été confié à deux anciens professionnels de renom : Jean-François Charbonnier et Luc Sonor. Avec l'accord de ma compagne, j'ai alors mis tous mes £ufs dans le panier du football. J'ai renoncé à mon emploi chez Hachette. Pas évident car Créteil ne m'offrait que 450 euros par mois. Elle travaillait et cela nous a permis de tenir le coup. Gernot Rohr n'a pas terminé la saison. Jean-François Charbonnier et Luc Sonor ont pris la relève. Grâce à eux, j'ai débuté en L2, contre Beauvais ".

Face à Daniel Van Buyten

La politique du club changea du tout au tout en fin de saison. Créteil opta en vain pour des noms. Après son crochet à Lusitanos, Michaël Murcy revint à Créteil : " Je ne comprenais pas les buts poursuivis par le club ", regrette-t-il. " Je jouais bien en Réserve mais cela ne suffisait pas. Les amitiés jouaient un grand rôle. Les joueurs acquis par les nouveaux dirigeants, ou recommandés par le staff technique, devaient être présents sur le terrain. Il n'y avait plus de place pour moi et ce n'était pas le résultat d'une analyse sportive. Je dressais le constat sans être amer. Je savais que ce n'était pas fini. Mais, en fin de saison 2002-2003, mes atouts n'étaient pas très frappants sur le marché des transferts. Je n'avais guère joué et cela pouvait susciter les doutes. Un ami m'avait quand même vu à l'£uvre contre Marseille et Daniel Van Buyten en Coupe de la Ligue. Cela lui a suffi afin d'en parler à un agent de joueurs. J'étais en fin de contrat. N'ayant plus rien, j'ai combattu mon inquiétude en prenant une semaine de vacances en Espagne. J'avais besoin de soleil. A notre retour, Roland Louf m'invitait à passer des tests : j'ai foncé. La Louvière avait gagné la Coupe de Belgique. C'était la chance de ma vie alors que je m'étais inscrit au chômage la... veille. ".

Après avoir bien joué en matches amicaux face à Houdeng, Soignies et Lens, Michaël signa un contrat de deux ans : " Cela me convenait parfaitement. Je ne roule pas sur l'or mais c'est bien. Le club a pris en charge une voiture et l'appartement. Je suis arrivé où je rêvais d'être, en D1, et c'est ce qui compte. Au lieu de chômer, je me suis retrouvé en Coupe d'Europe contre Benfica, j'ai marqué à Bruges qui jouait en Ligue des Champions. C'est le jour et la nuit. D'autres sont dans le même cas que moi. A Créteil, j'ai joué avec Maâmar Mamouni et Mathieu Assou qui se sont aussi relancés au Tivoli. Mon travail a servi à quelque chose mais ce n'est qu'un début. Je mérite d'être là mais je dois maintenant mériter d'y rester. Mon parcours n'a pas été facile et ne peut qu'être une source de motivation. Je me suis prouvé que j'avais des qualités et je dois désormais m'inscrire dans la continuité. L'accueil fut extra au Tivoli. Je me sens chez moi. J'apprécie cet esprit de famille. J'ai tout de suite constaté que ce groupe disposait de qualités techniques, physiques et mentales ".

" Le staff technique utilise tout cela avec maestria ", conclut-il. " Personne n'aime se frotter aux Loups. L'équipe est toujours très bien organisée. Cela pose des problèmes à tout le monde : c'est un compliment, la preuve que le travail paye. L'honnêteté est décisive à mes yeux. Il y a une concurrence saine dans notre noyau : Ariel Jacobs aligne toujours les hommes en forme, ceux qui apportent le plus au collectif. Le championnat de D1 est très dur. Anderlecht et Beveren se distinguent d'abord par leur registre technique. Les autres équipes sont surtout physiques et très bien organisées tactiquement. Je me frotte à de très bons défenseurs : Timmy Simons, PhilippeClement, Vincent Kompany, Ivica Dragutinovic, Lalo Sorondo et d'autres. Anderlecht survole les débats mais les matches entre les autres équipes sont souvent très serrés. Ce sont des combats engagés. Je me distingue par ma vitesse. J'essaye de plonger dans les espaces. A l'avenir, je devrai corser mon jeu et être plus solide dans les duels ".

Pierre Bilic

" Amateur, je travaillais LA NUIT EN USINE "

La Belgique est l'Eldorado de Michaël Murcy, 24 ans, une des révélations de la saison en D1. Le Louviérois y a lancé sa carrière après s'être posé beaucoup de questions en France. Malgré des moments difficiles, il n'a jamais rien lâché, n'a pas cédé aux doutes et récolte aujourd'hui les premiers fruits d'un travail acharné. Cet attaquant de 1,84 m et 75 kilos se distingue par plusieurs facettes intéressantes : sa vitesse, son sens de la profondeur, ses jaillissements en zone de vérité, son art de garder la balle dans le camp adverse en attendant le soutien de ses médians. Ses qualités lui ont permis de réaliser de très bons matches, comme ce fut le cas, entre autres, au Club Brugeois, où il marqua ses premiers buts et lors du récent voyage au Sporting de Charleroi. Ce soir-là, chez les Zèbres, Murcy plongea sans cesse dans les espaces, tant dans l'axe qu'en diagonales, proposa quelques services 24 carats à ses équipiers, et planta une magnifique reprise de la tête dans les filets d'un BertrandLaquait médusé. L'ancien joueur de l'US Créteil, club de L2, s'installe progressivement dans le paysage du football belge. " Pour moi, l'appel de La Louvière constituait une chance exceptionnelle ", reconnaît-il. " Cela m'a permis de découvrir la D1, l'ambiance européenne, une bonne atmosphère de travail, la joie de marquer mes premiers buts en tant que footballeur professionnel. Je n'aurais probablement pas pu vivre cela en France. Le début de ma carrière n'a pas toujours été un long fleuve tranquille. Mais je n'ai rien lâché. J'ai toujours cru en mes rêves. Le football est resté au centre de ma vie et de mes ambitions même quand je suis retombé dans les caves du football français ". Pourtant, à deux ou trois reprises, Michaël Murcy se retrouva à deux doigts de la consécration. Il ne lui manqua probablement que deux cents pour faire un euro. Ce fut le cas quand il fréquenta le centre de formation du PSG où sa gentillesse fut peut-être un handicap dans une mare aux requins. Puis, un peu plus tard, lors de la saison 2001-2002, son club de l'époque, Lusitanos, un club de National (D3), épata la galerie en éliminant Bordeaux en 16e de finale de la Coupe de France : " C'est mon premier grand souvenir sportif. Dans le camp bordelais, il y avait des joueurs de la trempe de VikashDhorasoo, Christophe Dugarry et Pauleta ". Au tour suivant, Lusitanos chuta de justesse (2-1, après prolongations) contre le Racing Strasbourg. Cette belle campagne dans le cadre de la Coupe de France ne fut pas suffisante pour mettre Michaël Murcy sur orbite. " Je n'ai jamais rien eu pour rien ", confie-t-il. " Mais je n'ai jamais eu de mal à intégrer cette réalité. A la maison, on ne roulait pas sur l'or. Je connaissais la valeur de chaque pièce de monnaie. Cela m'a donné le goût du travail. Le plaisir de bien faire a toujours été essentiel pour moi ". Son papa est originaire de la Réunion et s'installa en Ile de France après son passage sous les drapeaux. Il ne tarda pas à y faire venir toute sa famille. Michaël termina ses études secondaires et joua au football à Chambly et à Persan où il fut repéré par le PSG à 17 ans. Après avoir passé un an au Camp des Loges où il s'entraîna même avec les professionnels, dirigés par le duo Riccardo- Joël Bats, le jeune homme reprit la direction de Persan, un club régional des catacombes du football français, l'équivalent d'une P4 belge. " Ce ne fut pas facile à accepter mais je n'avais pas le choix ", se souvient-il. " J'avais quand même fortement progressé au PSG. J'y étais passé d'un régime de deux entraînements par semaine à deux séances de travail par jour. Ce ne fut pas facile et j'aurais aimé que le PSG m'accorde une saison de plus afin de parfaire mon apprentissage ". Hélas, les clubs du format de celui du Parc des Princes n'ont pas le temps. Les jeunes doivent éclore au plus vite ou disparaître. Le public du PSG est comme celui de l'Olympia : il ne se déplace que pour voir des vedettes sur la scène. Tout était à faire et c'est le temps de la vache enragée. Persan étant un club amateur, il doit trouver un emploi : " J'ai été embauché dans une usine de la région avec un de mes équipiers. J'étais ouvrier manutentionnaire. Je m'occupais des stocks, je maniais des transpalettes. Je travaillais la nuit. Dur, mais je n'avais rien trouvé d'autre et cela me convenait. Je pouvais me reposer la journée, m'entraîner en début de soirée avant de filer à l'usine. Je suis de nature optimiste et je savais que c'était provisoire. J'avais des atouts sportifs : un club plus huppé allait bien finir par me remarquer. J'ai découvert un autre monde. La nuit, les gens sont proches et courageux. Ils se serrent les coudes quand un collègue perd pied. On acquiert un mental qui résiste à tout. J'ai évidemment appris à lutter contre les coups de barre. Certains combattent le sommeil à coups de tasses de café noir. Moi et d'autres, nous avions un autre truc. Quand les paupières se faisaient lourdes, nous mâchions un peu de chewing-gum à la menthe. Du peppermint, c'était fort en bouche, assez rafraîchissant pour donner un petit coup de fouet ". " Il fallait se dépêcher après l'entraînement ", continue-t-il. " Je n'avais plus le temps de rentrer à la maison. J'arrivais à l'usine vers 21 heures. C'était donc la course mais j'étais jeune et cela ne me dérangeait pas. Le plus important était de s'organiser, de bien gérer son temps, de trouver l'équilibre entre le travail à l'usine et le football. Je ne me suis jamais découragé. Je savais que cette galère me serait utile un jour. Elle allait me permettre de mieux apprécier le succès et de garder les pieds sur terre. J'avais besoin de cet argent gagné la nuit pour me payer mon permis de conduire, une petite voiture. De plus, j'estimais normal de remettre une partie de mon salaire à mes parents ". A la fin de cette saison, Michaël Murcy est libre. Il contacte lui-même les dirigeants du FC Versailles 78. Une semaine plus tard, l'entraîneur de ce club, qui s'était renseigné à son propos, lui donne le feu vert : " Je remontais de deux étages dans le football français. Je quittais aussi le travail de nuit. Versailles me trouva un job à la chaîne dans un dépôt de livres d'Hachette. Je préparais des commandes de 6 heures du matin à 14 heures. Nous nous entraînions trois fois par semaine à Versailles. Pour moi, c'était de l'autre côté de Paris. Cela posait de gros problèmes de mobilité et je perdais un temps fou dans la circulation. Les parents de ma copine, Nathalie, ont accepté que je m'installe chez eux. Ils savaient que j'étais sérieux et leur coup de pouce m'a fait beaucoup de bien ". Laval le suit du regard mais il se blesse avant de passer un essai dans ce club de L2. Créteil saisit la balle au bond et lui offre une place en CFA 2, championnat auquel prennent part les réserves de L2 : " J'ai accepté tout de suite car cela me permettait d'approcher à petits pas des séries professionnelles. L'US Créteil était présidé par Alain Afflelou et GernotRohr s'occupait de l'équipe fanion. Le groupe de CFA 2 avait été confié à deux anciens professionnels de renom : Jean-François Charbonnier et Luc Sonor. Avec l'accord de ma compagne, j'ai alors mis tous mes £ufs dans le panier du football. J'ai renoncé à mon emploi chez Hachette. Pas évident car Créteil ne m'offrait que 450 euros par mois. Elle travaillait et cela nous a permis de tenir le coup. Gernot Rohr n'a pas terminé la saison. Jean-François Charbonnier et Luc Sonor ont pris la relève. Grâce à eux, j'ai débuté en L2, contre Beauvais ". La politique du club changea du tout au tout en fin de saison. Créteil opta en vain pour des noms. Après son crochet à Lusitanos, Michaël Murcy revint à Créteil : " Je ne comprenais pas les buts poursuivis par le club ", regrette-t-il. " Je jouais bien en Réserve mais cela ne suffisait pas. Les amitiés jouaient un grand rôle. Les joueurs acquis par les nouveaux dirigeants, ou recommandés par le staff technique, devaient être présents sur le terrain. Il n'y avait plus de place pour moi et ce n'était pas le résultat d'une analyse sportive. Je dressais le constat sans être amer. Je savais que ce n'était pas fini. Mais, en fin de saison 2002-2003, mes atouts n'étaient pas très frappants sur le marché des transferts. Je n'avais guère joué et cela pouvait susciter les doutes. Un ami m'avait quand même vu à l'£uvre contre Marseille et Daniel Van Buyten en Coupe de la Ligue. Cela lui a suffi afin d'en parler à un agent de joueurs. J'étais en fin de contrat. N'ayant plus rien, j'ai combattu mon inquiétude en prenant une semaine de vacances en Espagne. J'avais besoin de soleil. A notre retour, Roland Louf m'invitait à passer des tests : j'ai foncé. La Louvière avait gagné la Coupe de Belgique. C'était la chance de ma vie alors que je m'étais inscrit au chômage la... veille. ". Après avoir bien joué en matches amicaux face à Houdeng, Soignies et Lens, Michaël signa un contrat de deux ans : " Cela me convenait parfaitement. Je ne roule pas sur l'or mais c'est bien. Le club a pris en charge une voiture et l'appartement. Je suis arrivé où je rêvais d'être, en D1, et c'est ce qui compte. Au lieu de chômer, je me suis retrouvé en Coupe d'Europe contre Benfica, j'ai marqué à Bruges qui jouait en Ligue des Champions. C'est le jour et la nuit. D'autres sont dans le même cas que moi. A Créteil, j'ai joué avec Maâmar Mamouni et Mathieu Assou qui se sont aussi relancés au Tivoli. Mon travail a servi à quelque chose mais ce n'est qu'un début. Je mérite d'être là mais je dois maintenant mériter d'y rester. Mon parcours n'a pas été facile et ne peut qu'être une source de motivation. Je me suis prouvé que j'avais des qualités et je dois désormais m'inscrire dans la continuité. L'accueil fut extra au Tivoli. Je me sens chez moi. J'apprécie cet esprit de famille. J'ai tout de suite constaté que ce groupe disposait de qualités techniques, physiques et mentales ". " Le staff technique utilise tout cela avec maestria ", conclut-il. " Personne n'aime se frotter aux Loups. L'équipe est toujours très bien organisée. Cela pose des problèmes à tout le monde : c'est un compliment, la preuve que le travail paye. L'honnêteté est décisive à mes yeux. Il y a une concurrence saine dans notre noyau : Ariel Jacobs aligne toujours les hommes en forme, ceux qui apportent le plus au collectif. Le championnat de D1 est très dur. Anderlecht et Beveren se distinguent d'abord par leur registre technique. Les autres équipes sont surtout physiques et très bien organisées tactiquement. Je me frotte à de très bons défenseurs : Timmy Simons, PhilippeClement, Vincent Kompany, Ivica Dragutinovic, Lalo Sorondo et d'autres. Anderlecht survole les débats mais les matches entre les autres équipes sont souvent très serrés. Ce sont des combats engagés. Je me distingue par ma vitesse. J'essaye de plonger dans les espaces. A l'avenir, je devrai corser mon jeu et être plus solide dans les duels ". Pierre Bilic" Amateur, je travaillais LA NUIT EN USINE "