Vous vous souvenez certainement de ce mec, dans la cour de l'école. Il avait quelque chose en plus, vous aviez du mal à expliquer quoi. Ce n'était pas une histoire de poils au menton ou de marque de vêtements. Non, c'était plutôt sa façon de marcher, de porter son sac à dos ou de (ne pas) lacer ses chaussures. Il était juste cool.
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Vous vous souvenez certainement de ce mec, dans la cour de l'école. Il avait quelque chose en plus, vous aviez du mal à expliquer quoi. Ce n'était pas une histoire de poils au menton ou de marque de vêtements. Non, c'était plutôt sa façon de marcher, de porter son sac à dos ou de (ne pas) lacer ses chaussures. Il était juste cool. Mais au fait, comment on définit la coolitude ? C'est la question que la rédaction s'est posée pour pouvoir élire " le joueur de foot le plus cool de Belgique ". Les nominés ? Tous les Belges qui évoluent à l'étranger, mais aussi tous les joueurs qui jouent dans notre bien-aimée Jupiler Pro League. Il ne restait donc plus qu'à définir ce qui est " cool ". Sport/Foot Magazine l'a fait en cinq critères, pour balayer la personnalité des joueurs sur le terrain et en dehors. Tout d'abord, le joueur cool est spectaculaire, il fait le show grâce à ses gestes techniques et ses dribbles. C'est le critère " Joga Bonito ". Sur le terrain toujours, il faut être élégant pour être cool. Courir le buste droit, conduire le ballon amoureusement... Bref, avoir la classe balle au pied : c'est le critère " Johan Cruijff ". Tout ça doit, dans l'idéal, être accompagné d'une aura inexplicable, celle dont sont dotés tous les meneurs d'homme. Ce sera le troisième critère, le " trop de charisme ". Mais la coolitude ne dure pas que nonante minutes par semaine. En dehors du terrain, le joueur cool ne maniera pas la langue de bois à l'interview et dira autre chose que " l'important, c'est les trois points ". Ce sera le quatrième critère, " l'anti match par match ". Enfin, le panel du cool se complète avec le " swag ", soit la classe naturelle et vestimentaire à la ville. Parce que pour être cool, il faut évidemment avoir du style. Pour chaque catégorie, nos journalistes ont désigné cinq joueurs, attribuant de la sorte cinq points au premier, quatre au deuxième et ainsi de suite. Les dix joueurs ayant reçu le plus de points constituent ainsi notre classement des dix joueurs les plus cools du pays. Bienvenue au firmament de la coolitude noire-jaune-rouge. Joga Bonito : **** Johan Cruijff : *** Charisme : *** Anti match par match : *** Swag : **** Un peu fou, mais tellement attachant. Un attaquant dont le sourire a conquis une bonne partie de la Belgique avant de charmer le public bouillant du Vélodrome. Un gamin qui n'est jamais aussi fort que quand il joue sans se prendre la tête. Le football, c'est son délire, et il trône donc largement sur la première marche de notre podium. Le footballeur le plus cool de Belgique, c'est Michy. Champion toutes catégories. Sur le terrain, Batshuayi régale. Avec des buts, évidemment. Parce qu'il veut toujours aller de l'avant : " Je me prenais souvent la tête avec William Vainqueur parce qu'il aimait bien temporiser quand on menait 2-0 alors que moi je n'avais qu'une seule envie, c'était de marquer le troisième. " Un goût pour le spectacle qui se retrouve quand le ballon arrive dans ses pieds. Dribbles audacieux, feintes de frappe à la Mpoku, montées avec les deux pieds sur le ballon et contrôle de la semelle : Michy est un joueur de rue qui a compris les codes du football professionnel sans renier les siens. " Je suis fou dans mon jeu ", raconte l'intéressé. Une folie qui se poursuit après le coup de sifflet final. En France, Michy a su s'installer au sommet de la hype avec l'ingrédient le plus banal du monde : la simplicité. Batshuayi est cool parce qu'il est vrai. Il rigole à l'interview, loin de l'enfant timide qui portait le maillot du Standard et évitait souvent les journalistes. Il répond aux fans qui l'interpellent sur son compte Twitter, même à ceux qui critiquent. Mais toujours avec humour et insouciance. Quand un supporter de l'OM critique le niveau de l'équipe et l'invite à faire un five (un cinq contre cinq) pour contrer la réponse classique " viens jouer à ma place ", Michy dégaine : " Quand tu veux pour le five, mais j'espère que t'as les reins solides. " On le dit trop personnel ? Quand l'OM tweete " Batshuayi, collectif et décisif " après une rencontre, il rebondit encore : " Non mais vous avez dû vous tromper, je fais pas de passes moi #jevouslistous. " Réactif, drôle, et naturel. Batsman parvient à charmer les supporters en parlant avec eux. Ils le trouvent cool, tout simplement. Et puis, il y a Bob l'éponge, évidemment. Quand les sacs Gucci et Vuitton sont devenus les accessoires indispensables des footeux, Michy a détonné avec son sac à l'effigie de l'éponge la plus célèbre de la télé. Carton plein dans la swag attitude, avec un look plein de fraîcheur qui lui vaudrait au moins un 8/10 de Cristina Cordula dans Les Reines du Shopping. Et qui lui vaut de toute façon le titre d'homme le plus cool du pays. Joga Bonito : ** Johan Cruijff : * Charisme : ***** Anti match par match : *** Swag : **** Si les tacles du talon étaient considérés comme un geste élégant, Radja Nainggolan serait l'un des seuls joueurs belges à tirer son épingle du jeu dans les cinq catégories. Mais le Ninja est plus proche de Gennaro Gattuso que de Johan Cruijff. Même si, contrairement à l'Italien, il peut régaler les supporters avec un changement d'aile chirurgical ou un double contact puissant mais spectaculaire. Au stade de France, il a même rendu hommage à Zidane avec une roulette venue d'ailleurs. Mais Radja, c'est surtout une gueule. Un look de folie, avec cette crête qui change de taille et de couleur au rythme des envies d'un joueur taillé dans le béton de la banlieue anversoise. Le genre d'homme qu'on aurait peur de croiser le soir dans une ruelle sombre, et que certains craignent carrément de croiser sur le terrain. Loin de l'image classique d'un footballeur belge lisse, bien élevé et propre sur lui, Nainggolan attire par son look de bad-boy. Sur le pré, impossible de détacher le regard de sa crête hyperactive. Et en dehors, les déclarations du Ninja sont aussi spectaculaires que ses innombrables tatouages. Monstrueux à Cagliari, Radja n'hésitait jamais à hurler sur Twitter son incompréhension suite à ses absences répétées en sélection. " Peut-être que le sélectionneur ne regarde pas le Calcio ", avait-il d'ailleurs déclaré à la télé italienne pour expliquer son absence au Brésil. Maintenant qu'il est devenu un titulaire incontournable, serait-il assagi ? Ce serait mal connaître le personnage : " Je suis le même Radja que celui d'il y a deux, trois ou quatre ans. Je n'ai vraiment pas changé. " Tant mieux. Joga Bonito : ** Johan Cruijff : ***** Charisme : ***** Anti match par match : * Swag : * Osez seulement affirmer en société que Vincent Kompany traîne volontairement la patte pour louper l'un ou l'autre match amical des Diables. Vous serez toujours repris de volée par un ami qui, une main sur le coeur et une autre sur sa bière, vous rappellera cette anecdote épique d'un Captain Vince affrontant la Serbie avec le nez en mille morceaux. Si ça, ce n'est pas du patriotisme ! Et être fier d'être belge, c'est cool. Surtout depuis qu'on ne perd plus contre l'Azerbaïdjan. Hors du terrain, Kompany passe inaperçu entre des interviews pleines de poncifs et un look sans excentricité. Ses dribbles sont évidemment rares, arrière central oblige. Trois catégories sans saveur, mais un carton plein dans les deux autres. Vince The Prince est un général romain statufié : sa coolitude peut se résumer à son buste. Le menton haut et le tronc rigide, il promène le ballon à ses pieds tout en gardant le haut de son corps immobile, comme si on lui demandait de ne pas bouger le temps d'être immortalisé. Comparez sa relance à celle de Mamadou Sakho, pourtant pas maladroit dans le domaine, et vous pourrez écrire votre définition du défenseur élégant. Et puis, évidemment, il y a ce charisme. Celui de l'homme qui joue avec le nez cassé, qui brandit le poing en hurlant devant les tribunes quand il fait parler son jeu de tête sur corner. Kompany dégage tellement d'assurance naturelle, même dans ses périodes de doute, que le brassard semble tatoué sur son bras. Joga Bonito : ***** Johan Cruijff : *** Charisme : ** Anti match par match : ** Swag : ** Certains voudraient qu'Eden devienne Cristiano Ronaldo. 50 buts par an, mais un football qui a perdu sa fantaisie. Parce que Cristiano a beau être capable de faire tout ce qui a été inventé avec un ballon au pied, on ne lui donnerait plus jamais cinq étoiles en Joga Bonito. Eden Hazard, c'est différent. Le numéro 10 des Blues monte sur le terrain pour s'amuser. Et il s'amuse plus en dribblant qu'en marquant des buts. Balle au pied, aucun Belge ne régale autant qu'Eden. Aux dribbles qui mettent parfois l'adversaire au tapis (pauvre Zabaleta), Hazard ajoute une façon d'accélérer avec le buste toujours droit et les épaules bien écartées, comme s'il avait un peu forcé sur les séances de muscu. Si spectaculaire sur le terrain, Eden aurait certainement gratté une place sur le podium s'il avait également fait le show de l'autre côté des lignes blanches. Mais Hazard est un garçon sans histoire, " très bien élevé, presque un joueur à l'ancienne ", disait Mourinho. En plus, il ne mange même plus de hamburgers... Joga Bonito : *** Johan Cruijff : ***** Charisme : * Anti match par match : * Swag : **** Soyons honnêtes : le souvenir d'une interview fracassante de Moussa Dembélé est aussi flou que celui d'une saison où il a marqué plus de cinq buts. Quand le ballon est loin de ses pieds, l'Anversois est sans saveur. Presque triste. Et puis, le ballon arrive. Moussa le cajole du pied comme s'il ne l'avait plus touché depuis des lustres. Dembélé, c'est Iniesta : un crapaud (enfin, crapaud c'est peut-être un peu dur pour Moussa) qui se change en prince charmant quand le ballon embrasse ses pieds. Le joueur le plus élégant du pays, c'est lui. Sa conduite de balle est silencieuse, avec une façon exquise de traîner le ballon au bout de son pied. Une nonchalance qui rend le cuir amoureux. Une fois à son pied, il semble toujours y rester collé, comme s'il ne voulait jamais s'en aller. Alors, pour le garder, Moussa dribble. Son premier contrôle suffit souvent à mettre un ou deux adversaires sous assistance respiratoire. Alors oui, en dehors du terrain, Dembélé se balade souvent en training. Mais donnez-lui un ballon, vous aurez l'impression qu'il est en costard. Joga Bonito : * Johan Cruijff : ** Charisme : ** Anti match par match : ***** Swag : ** Thomas Meunier n'est définitivement pas un footballeur comme les autres. Pas de casquette sur la tête ou de Booba dans les oreilles, mais une vie hors du terrain passée avec un pull à capuche qu'on porte pour rester chez soi. Une certaine façon d'être cool, finalement. Mais si Thomas est si haut dans notre classement, c'est surtout parce qu'il détonne quand on lui tend le micro : " En Promotion, il existe des défenses qui défendent mieux " que celle du Standard, par exemple. Et pourtant, l'intéressé " n'écrit plus vraiment ce qu'il pense " sur Twitter. Il se contente de tweeter du Jean Cocteau. Normal. Joga Bonito : ** Johan Cruijff : **** Charisme : ** Anti match par match : * Swag : *** Pas de vagues, ni de déclarations intempestives. Youri, c'est l'incarnation de l'école anderlechtoise : un prodige qui brûle les étapes du football belge sans oublier de réussir ses humanités, parce que le diplôme c'est important. Un enfant lisse avec le faciès d'un personnage de Super Mario et des dribbles aussi rares que ceux de Deschacht. Mais alors, qu'est-ce qu'il fait là ? Il a la classe, tout simplement. Ce don pour donner un ballon précis sans avoir l'air de forcer, cette façon de conduire le ballon sur de l'ouate et cette élégance quand il dégaine le smoking pour soulever un trophée. Joga Bonito : *** Johan Cruijff : ***** Charisme : * Anti match par match : * Swag : ** Difficile d'évaluer le côté " sans langue de bois " de Januzaj, puisque ses apparitions en interview sont aussi rares que ses titularisations à Dortmund. Par contre, impossible de ne pas lui accorder la note maximale niveau élégance. Le fils de Johan Cruijff ne s'appelle pas Jordi, mais Adnan. " Il danse avec le ballon ", se rappelle Yannick Ferrera, son entraîneur chez les jeunes d'Anderlecht. Si Loïc Nottet est le meilleur candidat belge de Danse avec les Stars sur TF1, c'est tout simplement parce qu'Adnan n'y a jamais participé. Il serait capable de conclure un slow avec un coup du foulard. Joga Bonito : *** Johan Cruijff : *** Charisme : ** Anti match par match : *** Swag : * Doté de l'un des prénoms les moins faciles à porter de la planète, Kevin est parvenu à renverser la tendance : appelez-le KDB (les anglophones prononcent même KéDiBi). Un nom de scène qui sent bon la NBA pour un joueur qui affole les défenses dans un style qui mêle curieusement l'hyperactivité avec une certaine élégance. Capable d'éviter la langue de bois le temps d'une interview d'après-match à Chypre, De Bruyne aurait pu figurer plus haut dans le classement s'il oubliait parfois l'efficacité pour nous offrir un gri-gri à la Hervé Kagé. En même temps, ce n'est pas pour ça qu'il est payé. Joga Bonito : * Johan Cruijff : **** Charisme : ** Anti match par match : * Swag : *** Quand il affolait encore la pelouse de Sclessin, Axel était surnommé " Chaloupe " par Siramana Dembélé, à cause de son style chaloupé balle au pied (oui, c'est très original). Une conduite de balle élégante et des yeux bleus suffisent-ils à être l'un des dix mecs les plus cools des terrains belges ? Axel répond oui, de justesse. Tant pis pour les fautes de goût vestimentaires (la mauvaise influence du gigantisme russe, sans doute) et les interviews aussi monotones que son jeu devant la défense des Diables. Avec Witsel, l'élégance ne dure que nonante minutes par semaine. Mais cette heure et demie est si belle qu'elle fait oublier le reste. PAR LA RÉDACTION - PHOTOS BELGAIMAGE