Le choc entre le Standard et Anderlecht fut peu spectaculaire avec peu d'occasions de buts. Mais pour les vrais connaisseurs neutres, le Clasico fut très intéressant d'un point de vue tactique avec une équipe d'Anderlecht qui avait comme intention première de faire déjouer le Standard avant de vouloir attaquer soi-même.
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Le choc entre le Standard et Anderlecht fut peu spectaculaire avec peu d'occasions de buts. Mais pour les vrais connaisseurs neutres, le Clasico fut très intéressant d'un point de vue tactique avec une équipe d'Anderlecht qui avait comme intention première de faire déjouer le Standard avant de vouloir attaquer soi-même. Il est très difficile de qualifier par des chiffres le système de jeu mis en place par les Mauves. Pour ma part, en perte de balle, cela s'apparentait à un 4-4-2 avec des pions disposés de manière plutôt inhabituelle. Une chose est certaine : le coach jouait avec une défense à quatre éléments. Dans le milieu du jeu, on trouvait un trio de récupérateurs infiltreurs avec au centre Lucas Biglia, légèrement décalé côté droit, Guillaume Gillet et côté gauche, Jan Polak. Ces trois joueurs auraient pu se retrouver en infériorité numérique face aux quatre médians du Standard ( Wilfried Dalmat à droite, Milan Jovanovic à gauche et le duo central Steven Defour-Axel Witsel) mais ce ne fut jamais le cas car le buteur serbe a été le plus souvent pris en charge par MarcinWasilewski et Dalmat par Jelle Van Damme. Mais le plus surprenant dans ce 4-4-2, c'était la position de Mbark Boussoufa, à qui l'entraîneur avait demandé de laisser une totale liberté au duo central Oguchi Onyewu et Mohammed Sarr et de s'occuper du demi récupérateur, Defour. Cette occupation de terrain a particulièrement gêné le Standard qui n'a jamais pu trouver les intervalles et s'est dès lors contenté de procéder par longs ballons venant de l'axe central défensif. Le rôle des deux attaquants, Stanislav Vlcek et Jonathan Legear était avant tout défensif et consistait à bloquer les flancs et leur défenseur latéral respectif, Dante Bonfim et Marcos Camozzato. Cette tactique a été on ne peut plus payante pendant une heure et le Standard ne s'est pas créé la moindre occasion de but durant cette période. L'organisation et le collectif n'ont jamais été pris en défaut mais souvent, quand on laisse l'initiative à l'adversaire, cela se joue sur des détails et sur des fautes individuelles. Sur le premier but et le long centre de Dante, il y a une mauvaise relance de Van Damme qui aurait pu laisser sortir le ballon et Daniel Zitka n'est peut-être pas tout blanc non plus sur la frappe de Witsel. Sur le second, Anderlecht est pris pour la première fois du match sur un long ballon de Sarr (c'était la tactique provoquée par les Mauves), Roland Juhasz perd son duel avec Dieumerci Mbokani, Jova se faufile entre Olivier Deschacht et Wasyl et trompe Zitka, qui lui ouvre la porte. Bien que les Rouches n'ont quasiment jamais pu se dépêtrer de la tactique ultra défensive de l'adversaire (sur corner défensif, les 11 Anderlechtois se trouvent dans les 16 m avec un seul joueur au poteau !), Laszlo Bölöni a aligné une formation à tempérament offensif, fidèle à ce qu'il a déjà démontré depuis le début de la saison, même en Coupe d'Europe. Toutefois, la blessure d' Igor de Camargo a redistribué les cartes : Benjamin Nicaise a repris le rôle de demi-récupérateur de Defour, celui-ci avançant d'un cran pour remplacer Witsel, qui a substitué Jova à gauche. Celui-ci a remplacé Igor au côté de Mbokani. Le Standard, même s'il a réalisé l'essentiel en prenant les trois points, doit tirer les leçons de ce match et travailler pour trouver les solutions face à une telle organisation. D'autant que cela risque de se reproduire. Il y avait vendredi soir trop peu de permutations et de déplacements pour mettre en péril la défense mauve, les joueurs de l'entrejeu et les attaquants restant trop souvent sur leur position respective. Même si le système choisi par le coach mauve a permis à son groupe de se créer plus d'occasions que le Standard, il est rassurant de constater que c'est l'équipe qui essaie d'imposer son jeu qui l'emporte, et pas celle qui joue en fonction de l'adversaire et qui fait de l'adaptation.