Fin février. Tokyo, une ville de 15 millions d'âme et de milliers de gratte-ciels de verre et de métal, émerge de l'hiver. Les rares pelouses de la ville de béton sont brunies par le long gel. Les 32 finalistes se réunissent à l'hôtel Prince Takanawa, pour mettre au point les derniers détails du tournoi. Aucun problème ne se présente. Tout le monde est satisfait des directives données par les techniciens de la FIFA, qui expliquent le déroulement du tournoi. Les entraîneurs demandent à devoir effectuer le moins de présélections possible,...

Fin février. Tokyo, une ville de 15 millions d'âme et de milliers de gratte-ciels de verre et de métal, émerge de l'hiver. Les rares pelouses de la ville de béton sont brunies par le long gel. Les 32 finalistes se réunissent à l'hôtel Prince Takanawa, pour mettre au point les derniers détails du tournoi. Aucun problème ne se présente. Tout le monde est satisfait des directives données par les techniciens de la FIFA, qui expliquent le déroulement du tournoi. Les entraîneurs demandent à devoir effectuer le moins de présélections possible, afin de n'éveiller aucune irritation dans le chef des joueurs. On accepte les mesures strictes prises au sujet de la presse, avant et après les matches. Même les médecins estiment logique qu'on effectue des tests sanguins, afin d'améliorer la détection des produits dopants et de mieux les traquer qu'aux Jeux Olympiques de Salt Lake City. Dans le passé, ce thème se serait heurté à des objections de tous genres -éthiques, religieuses, philosophiques. Le Docteur D'Hooghe n'a pas dû déployer beaucoup d'arguments pour convaincre les délégations. A Tokyo, celui-ci savait d'ailleurs à quel point il lui sera difficile, le 25 avril, de s'emparer du poste de vice-président de la FIFA, face à des candidats de l'envergure de Carraro (Italie), de Koloskov (Russie) et de Villar Llona (Espagne). Tokyo bouillonnait également de rumeurs concernant le retard, énorme, qu'accusent les Coréens par rapport au Japon, comme quant aux difficultés financières de Sepp Blatter et celles des Portugais à préparer à temps l'EURO 2004. Depuis des mois, des tas de spécialistes européens ont prêté leur concours à la Corée, dans tous les domaines possibles et imaginables. Toshiaki Koyama, le chef de la communication côté japonais, nous a affirmé que tout était une question de coordination. Les Japonais ont préparé la Coupe du Monde en s'appuyant sur leurs célèbres connaissances technocratiques; les Coréens, eux, se heurtent à une bureaucratie qui date de l'ère communiste. Bref, les Japonais travaillent efficacement, avec le privé, et les Coréens sont de lents fonctionnaires. Alors que tous les tickets sont vendus au Japon, les stades coréens sont virtuellement à moitié vides. Si le Japon ne doit pas s'attendre à des visiteurs de Corée, l'inverse n'est pas vrai. Il en va de même pour la presse: une cinquantaine de Japonais vont suivre les matches se disputant en Corée mais seuls 10 journalistes coréens se rendront au pays du Soleil Levant. La finale du 30 juin, à Yokohama, se déroulera en présence du président coréen, Kim Dae Jung. Celui-ci se contentera-t-il d'applaudir des tribunes quand l'Empereur remettra le trophée à l'équipe championne du monde? Mick Michels