Don Cherry (85 ans) divise le Canada depuis longtemps. On respecte sa carrière de joueur (1954-1972) et d'entraîneur (1974-1980) en National Hockey League, mais en tant qu'analyste de Coach's Corner, le programme qu'il présente depuis 33 ans, il est controversé. Le 11 novembre, à l'occasion de la commémoration de l'armistice, il s'en est pris aux immigrés. " Ceux qui viennent au Canada aiment notre style de vie, notre lait et notre miel. Le moins qu'ils puissent faire est de verser quelques dollars pour un coquelicot d'hommage aux anciens combat...

Don Cherry (85 ans) divise le Canada depuis longtemps. On respecte sa carrière de joueur (1954-1972) et d'entraîneur (1974-1980) en National Hockey League, mais en tant qu'analyste de Coach's Corner, le programme qu'il présente depuis 33 ans, il est controversé. Le 11 novembre, à l'occasion de la commémoration de l'armistice, il s'en est pris aux immigrés. " Ceux qui viennent au Canada aiment notre style de vie, notre lait et notre miel. Le moins qu'ils puissent faire est de verser quelques dollars pour un coquelicot d'hommage aux anciens combattants, car ce sont eux qui ont payé le prix fort pour leur permettre de mener une vie agréable au Canada. " Deux jours plus tard, il était limogé. " Ses propos sont discriminatoires et divisent la société. Ils sont contraires aux valeurs que nous voulons dégager ", déclarait alors Sportsnet, soutenu par la direction de la NHL, qui a adopté le slogan Hockey is for Everyone il y a plusieurs années. Pendant plus d'un siècle, le hockey a été la plaine de jeux exclusive des Blancs, tant au niveau professionnel que chez les amateurs. Il a fallu attendre 1948 pour voir Larry Kwong, un Canadien d'origine chinoise, signer un contrat en NHL. Neuf ans plus tard, le premier Canadien d'origine africaine, Willie O'Ree, a suivi. " J'ai été insulté partout et parfois même agressé. On m'a demandé si je ne devais pas aller récolter du coton. Pendant un match, quelqu'un m'a jeté un chat noir. " De tels incidents appartiennent au passé, mais les déclarations de Cherry et quelques autres faits récents ont ému les minorités et les mouvements qui luttent contre le racisme au Canada. Loin des ors de la NHL, l'entraîneur d'une équipe de jeunes de confession musulmane a reçu un sms très clair de la part du père blanc d'un de ses joueurs. " Le hockey sur glace est un sport pour les Blancs et tu es une tache sur notre blason. " Récemment, Bill Peters, qui était encore sélectionneur l'année dernière, a été écarté par les Calgary Flames quand on a appris qu'il avait traité un ancien joueur d'origine nigériane, Akim Aliu, de nègre à plusieurs reprises. Il a présenté ses excuses à l'équipe, mais n'a pas dit un mot à propos d'Aliu et a démissionné alors qu'il venait de signer un contrat de 5,4 millions d'euros pour trois saisons un an plus tôt. De plus en plus de hockeyeurs, toujours actifs ou à la retraite, sortent du bois, afin de porter la question sur la place publique. Au printemps, Jonathan-Ismael Diaby a quitté le terrain pendant un match socio-professionnel au Québec, après que sa famille ait été agressée en tribunes. Sur les images TV, on pouvait clairement voir un supporter adverse brandir son smartphone avec la photo d'un babouin. " Le racisme est le côté sombre de notre loisir national. "