En Belgique, il est relativement peu connu, surtout dans le sud du pays. On crée une polémique lorsque EdenHazard débute les matches des Diables Rouges sur le banc, mais personne ne s'émeut lorsque DriesMertens subit le même sort. Pourtant, aux Pays-Bas, le jeune Louvaniste fait fureur : élu meilleur joueur de D2 en 2009 alors qu'il portait le maillot d'AGOVV Apeldoorn, deuxième au référendum du Footballeur Pro de l'Année en 2010 derrière LuisSuarez (récent vainqueur de la Copa America avec l'Uruguay et depuis lors à Liverpool), il vient d'obtenir un beau transfert au PSV Eindhoven qui l'a acquis pour 7 millions et demi, dit-on. " J'ignore si c'est la somme exacte. En tout cas, c'est une belle somme. Ce chiffre me met-il une pression supplémentaire ? Pas vraiment. Je suis resté tel que j'étais et j'essaie de me concentrer sur le football. Si un club est disposé à offrir une somme pareille pour acquérir mes services, cela signifie que j'ai presté à un haut niveau ces dernières saisons. "
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En Belgique, il est relativement peu connu, surtout dans le sud du pays. On crée une polémique lorsque EdenHazard débute les matches des Diables Rouges sur le banc, mais personne ne s'émeut lorsque DriesMertens subit le même sort. Pourtant, aux Pays-Bas, le jeune Louvaniste fait fureur : élu meilleur joueur de D2 en 2009 alors qu'il portait le maillot d'AGOVV Apeldoorn, deuxième au référendum du Footballeur Pro de l'Année en 2010 derrière LuisSuarez (récent vainqueur de la Copa America avec l'Uruguay et depuis lors à Liverpool), il vient d'obtenir un beau transfert au PSV Eindhoven qui l'a acquis pour 7 millions et demi, dit-on. " J'ignore si c'est la somme exacte. En tout cas, c'est une belle somme. Ce chiffre me met-il une pression supplémentaire ? Pas vraiment. Je suis resté tel que j'étais et j'essaie de me concentrer sur le football. Si un club est disposé à offrir une somme pareille pour acquérir mes services, cela signifie que j'ai presté à un haut niveau ces dernières saisons. " Il semble déjà adopté : après les entraînements, il est l'un des joueurs vers qui les supporters se précipitent le plus volontiers pour recueillir un autographe. Si cela n'avait pas été le PSV, c'eût pu être l'Ajax ou Anderlecht, qui étaient également très intéressés. " En fait, et aussi curieux que cela puisse paraître car on en a peu parlé, l'offre la plus concrète émanait du... Lokomotiv Moscou. Je m'estimais un peu jeune pour tenter l'aventure en Russie. J'ai encore besoin d'être régulièrement en contact avec ma famille, avec mes amis. L'Ajax aurait surtout plu à mon cousin, car il est un grand supporter des Amstellodamois. Si j'avais signé pour le club champion, il aurait été présent à l'Arena chaque week-end. Je ne suis pas sûr qu'il sera aussi régulièrement au Philips Stadion ( ilrit). Anderlecht était aussi intéressé, j'ai eu quelques contacts avec des gens de la direction mauve et je suis même allé voir le dernier match de championnat contre Lokeren en compagnie de mon ami DenisOdoi, mais ils n'étaient visiblement pas en mesure de s'aligner sur les exigences du FC Utrecht en matière de transfert. A partir de là, les tractations n'ont pas été plus loin. De mon côté, un retour au Parc Astrid - où j'ai été partiellement formé - ne m'aurait pas déplu. Je joue aux Pays-Bas depuis six ans et revenir en Belgique, près de ma famille, aurait été agréable. Si Anderlecht est un beau club, le PSV l'est également. Je suis très heureux de mon choix. Ma famille l'approuve totalement aussi. Par rapport à Utrecht, c'est un pas en avant sur le plan sportif, et en outre, je me suis rapproché de la Belgique. Que demander de plus ? Je sens déjà, à l'entraînement, que j'ai franchi un palier. Mes coéquipiers ont beaucoup de qualités. Qui m'impressionne le plus ? Je ne vais pas tous les citer, car je crains d'en oublier. Mais quand on donne un ballon et qu'on le reçoit en retour, cela signifie que des affinités sont déjà en train de se créer, automatiquement. " Avec le recul, on peut se dire que la carrière de Mertens prend une trajectoire idéale. Pourtant, elle impliquait des choix risqués. Comme celui d'opter pour AGOVV Apeldoorn, un modeste club de D2 néerlandaise où il aurait pu s'enterrer. A la fin, au contraire, il s'est révélé un tremplin. " Je ne sais pas si c'était un pari risqué : je n'avais rien à perdre à l'époque, j'étais quasiment sur une voie de garage à La Gantoise, qui m'avait prêté à Alost. Le football physique pratiqué en Belgique ne me convenait pas trop, au contraire du football néerlandais, plus technique, plus axé sur les combinaisons. Cet exode outre-Moerdijk m'a fait le plus grand bien. A Apeldoorn, j'ai pu me concentrer à temps plein sur le football. Je vivais en vrai professionnel, j'ai dû aussi voler de mes propres ailes et j'ai développé ma personnalité. AGOVV n'est pas un club très connu en Belgique, mais il a produit de nombreux joueurs de talent : Klaas- JanHuntelaar, SherjillMcDonald et d'autres encore. Aux Pays-Bas, la porte est toujours ouverte pour les jeunes. Je ne sais pas comment les mentalités évoluent en Belgique à ce sujet, mais il faudrait s'inspirer de l'exemple néerlandais et ne pas toujours chercher ailleurs ce que l'on a parfois sous la main. Ce n'est pas uniquement une question de formation, mais plutôt d'accorder une chance aux jeunes. L'enseignement que j'ai reçu à Anderlecht était de qualité également. Dommage que lorsqu'on arrive aux portes de l'équipe Première, c'est souvent difficile d'en franchir le pas. Je ne nourris aucune animosité vis-à-vis du Sporting. Je suis conscient qu'à ce moment-là, je n'étais pas encore prêt pour évoluer au plus haut niveau. La Gantoise est sans doute venue trop tôt aussi. J'avais encore besoin de temps pour m'affirmer. Apeldoorn m'a offert ce dont j'avais besoin. Le FC Utrecht s'est aussi révélé un bon choix. J'y ai continué ma progression et je m'y suis fait beaucoup d'amis. Notre campagne en Europa League, la saison dernière, fut phénoménale. Au tour préliminaire, on était tombé sur le Celtic Glasgow, et on avait perdu 2-0 en Ecosse. Peu d'entre nous croyaient encore en nos possibilités de qualification. Puis, en pénétrant dans le stade à Utrecht lors du match retour, on s'est rendu compte qu'il était plein. Tous ces supporters voulaient encore y croire, et étaient prêts à donner de la voix pour nous encourager. Là, on s'est dit : - On ne peut pas les décevoir ! On a gagné 4-0. Lors du tirage au sort, on a été versé dans une poule avec Liverpool, Naples et le Steaua Bucarest. Quoi de plus attrayant ? A Anfield Road et à Naples, les supporters étaient incroyables. La manière dont on vit le football, dans ces villes-là, dépasse l'entendement. A Naples encore plus qu'à Liverpool : le voyage de l'hôtel vers le stade, en soi, était impressionnant. Il y avait des supporters excités des deux côtés du bus et on a dû se frayer un chemin à travers la foule. Heureusement, cela ne m'a pas impressionné plus que cela. Au contraire, j'y ai trouvé une source de motivation. On aurait d'ailleurs dû gagner là-bas, au pied du Vésuve. Ce jour-là, j'ai eu la confirmation que quand tout le monde tirait à la même corde, on pouvait battre des équipes théoriquement plus fortes. C'est une bonne leçon à retenir, et cela doit aussi être le leitmotiv chez les Diables Rouges. L'Europa League m'a aidé à me développer. Jouer deux fois par semaine, voyager, répondre aux sollicitations des médias : tout cela participe à l'apprentissage du métier. Et puis, lorsqu'on affronte des équipes étrangères, on est confronté à des styles de jeu différents. Aux Pays-Bas, on ne rencontre que des équipes joueuses, qui cherchent à combiner et à marquer. Quand on se retrouve face à Liverpool, on se rend compte que c'est du football anglais : beaucoup de duels, beaucoup de longs ballons. Naples, c'était aussi très physique. Quant au Steaua Bucarest, c'était encore différent : très tactique. Cette saison, avec le PSV, je disputerai encore l'Europa League. Avec l'ambition d'atteindre, au minimum, les poules. " Le premier club de Mertens fut le Stade Louvain, à une époque où il n'avait pas encore fusionné avec le Daring et Oud-Heverlee pour former OHL. " Je suis très heureux de la promotion de Louvain. Je me rends encore de temps en temps au stade pour assister à un match, et si je n'avais pas été en Angleterre avec le PSV, j'aurais certainement été présent vendredi, pour l'ouverture du championnat contre Anderlecht. TijlSchoonjans, un joueur d'OHL, est un ami d'enfance. J'espère qu'ils parviendront à se maintenir, car ils possèdent une bonne école de jeunes là-bas. " Mertens est issu d'une famille de sportifs. " Mon père a été cinq fois champion de Belgique de gymnastique. Ma mère a aussi pratiqué le sport à un bon niveau, mais est surtout professeur de musique et insistait pour que je joue un instrument. J'ai opté pour la... flûte à bec ! " ( Ilrit). Un homme a particulièrement compté dans la formation de Mertens : MichelBruyninckx, appelé récemment comme directeur de l'académie Robert Louis-Dreyfus. " Avec AnnNoé, l'ancien coach de l'équipe nationale féminine, que j'ai également connu à l'école de sport-élite de Louvain, il a effectivement joué un rôle très important dans mon évolution. Ensemble, ils ont organisé des camps sportifs dans la cité universitaire et j'y ai beaucoup appris. Ils avaient certaines méthodes bien à eux, en matière de coordination des mouvements par exemple. Body in movement, par exemple, qui implique la réalisation de gestes footballistiques sur un rythme musical. Michel et Ann étaient aussi très forts dans la prévention des blessures, et ce n'est sans doute pas un hasard si, aujourd'hui, je suis capable de disputer l'intégralité de chaque match. Je pense que le Standard a effectué un bon choix en engageant Bruyninckx. " L'un de ses meilleurs amis d'enfance était Odoi. " Il est très heureux d'avoir été rappelé par Anderlecht, j'espère qu'il réussira là-bas. Chez les jeunes, il n'a jamais été le plus talentueux, mais toujours l'un des plus travailleurs et il en récolte aujourd'hui les fruits. C'est une bonne chose pour lui de pouvoir se concentrer sur le poste d'arrière droit, il pourra y grandir. Car, lorsqu'on est mis à toutes les sauces comme cela avait parfois été le cas à Saint-Trond où il a joué comme arrière gauche et même derrière les attaquants, ce n'est jamais idéal. Denis et moi, on se connaît depuis notre jeunesse, à Louvain. On a été à l'école ensemble, d'abord à l'école normale puis à l'école de sport-élite. Puis, nos parents respectifs se sont relayés pour nous conduire aux entraînements à Anderlecht. On est encore parti en vacances ensemble, cet été. Il y avait aussi NacerChadli, MarvinOgunjimi, VadisOdjidja, ChrisMavinga. VincentKompany était là également. Odoi m'a, un jour, surnommé le gendre idéal. J'essaie toujours de bien m'entendre avec tout le monde. Et je pense que, le jour où j'aurai une épouse, je la soignerai du mieux que je peux. " ( Ilrit) Les idoles de Mertens sont Xavi et AndrésIniesta. " Des petits joueurs techniques, comme moi. Ils jouent ensemble à Barcelone et cela fonctionne très bien. Il y a encore LionelMessi également. C'est donc la preuve qu'on peut fonctionner avec une taille modeste. Et donc, que Hazard et moi pourrions parfaitement jouer ensemble en équipe nationale, pourquoi pas ?" Entre les buts et les assists, il faut choisir. " J'aime marquer ", reconnaît Dries. " L'entraîneur Fred Rutten me demande d'ailleurs d'avoir une présence devant le but. A Utrecht, j'avais une moyenne de 1,3 ou 1,4 but tous les trois matches. Mon défi est de tenir cette moyenne au PSV. Mon plus beau but, c'est probablement celui que j'ai inscrit lors du dernier match de la saison dernière, contre l'AZ, lorsque j'avais vu le gardien avancé et que je l'avais lobé de 40 mètres. Mais je joue le plus souvent sur le flanc, actuellement. Et dans ce rôle, les assists sont importants également. Et je ne me débrouille pas mal dans cet exercice : la saison dernière, en comptant l'Europa League, je dois avoir dépassé la vingtaine. Sur le plan européen, j'étais classé deuxième, entre Messi et Hulk. Pas mal, n'est-ce pas ? Distiller une place décisive me procure une sensation presque aussi intense qu'inscrire un but. Je me suis habitué au flanc gauche. Chez les jeunes, j'avais une préférence pour le poste derrière les attaquants, parce que j'aime distribuer le jeu, mais je dois m'en faire une raison. Dans le football néerlandais, les ailiers ont une grande latitude pour entrer dans le jeu et s'y montrer déterminants. Et comme on y est moins souvent soumis à un marquage individuel, j'y dispose d'une grande liberté. Mon pied droit est le meilleur, mais je peux me montrer adroit du pied gauche également. J'ai commencé à développer mon pied gauche lors des exercices ludiques imaginés par Bruyninckx. C'était constamment : droite-gauche, droite-gauche. Et de plus en plus vite, au rythme de la musique. Je continue aujourd'hui à travailler mon pied gauche et je m'évertue, d'ailleurs, à m'astreindre à des séances individuelles après les entraînements collectifs. Entre autres, pour les coups francs. J'ai moins de puissance dans mon pied gauche, mais il faut alors compenser par plus de virtuosité. Je continue à travailler physiquement également, le PSV m'a d'ailleurs concocté un programme à ce sujet. Je ne dois pas nécessairement prendre du volume, musculairement. Cela concerne aussi la vitesse et l'explosivité, deux de mes points forts. L'un de mes objectifs sera d'être constant pendant 90 minutes. "PAR DANIEL DEVOS" Je continue à travailler mon pied gauche : je m'astreins à des séances individuelles d'exercices ludiques. "" Si Xavi et Iniesta peuvent jouer ensemble, pourquoi pas Hazard et moi ?"