Le record des victoires en championnat mondial des rallyes appartient toujours à Carlos Sainz avec 26, mais le Matador sait qu'il sera rapidement détrôné et il sait par qui. Avec 18 succès en 55 participations sur une WRC au plus haut niveau, Sébastien Loeb tient une cadence infernale et n'a nulle intention de s'arrêter : " C'est vrai que j'aimerais assez battre le record de Carlos ! "
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Le record des victoires en championnat mondial des rallyes appartient toujours à Carlos Sainz avec 26, mais le Matador sait qu'il sera rapidement détrôné et il sait par qui. Avec 18 succès en 55 participations sur une WRC au plus haut niveau, Sébastien Loeb tient une cadence infernale et n'a nulle intention de s'arrêter : " C'est vrai que j'aimerais assez battre le record de Carlos ! " Numéro un mondial pour la deuxième fois consécutive au terme d'une campagne 2005 jalonnée déjà de huit succès - dont six d'affilée, c'est le record - le pilote Citroën est comparé par certains à Michael Schumacher. Mais le parallèle ne plaît guère à cet Alsacien de 31 ans qui fut l'un des meilleurs gymnastes de sa région avant de s'installer au volant d'une auto de course : " J'estime qu'il est plus dur de s'imposer en rallye car les conditions varient énormément d'une épreuve à l'autre ! " Ne comptez pas sur lui cependant pour alimenter la polémique. Daniel Elena son équipier témoigne : " Bien qu'il soit désormais connu aux quatre coins de la planète, il déteste être considéré comme une star ". Pourtant, la France est submergée par une Loebmania qui s'est amplifiée lors des 24 H du Mans. Tout commence fin 2004 quand Loeb confie à Henri Pescarolo qu'il rêve de disputer cette course. Le quadruple vainqueur de l'épreuve, devenu constructeur, prend la balle au bond et associe le rallyman aux deux pistards Eric Hélary et Soheil Ayari. Règlement oblige, le néophyte doit signer un chrono qualificatif lors des essais préliminaires. Un véritable pont aérien est mis en place pour qu'il quitte la Turquie - où il vient de gagner le 7e round du mondial des rallyes - et rejoigne en temps utile le pays des rillettes. Passant en quelques heures de la Citroën Xsara WRC au proto Pescarolo, des chemins boueux de la région de Kemer au billard sarthois, notre homme décroche sans problème sa qualification. Deux semaines plus tard en course, il tient parfaitement la cadence mais doit renoncer à cause des errements d'Ayari , sorti deux fois de la route. Invaincu depuis trois ans au Monte-Carlo et en Allemagne, Loeb a réussi l'exploit de damer le pion aux Scandinaves sur la neige suédoise. Il espérait faire aussi bien en Finlande mais il lui a manqué un tout petit quelque chose pour y prendre la mesure de Marcus Grönholm. Paradoxe, lui le sprinter formé à l'école de l'asphalte ne s'est jamais imposé sur les routes corses et catalanes. Normalement, son palmarès devrait compter un succès conquis il y a un mois en Grande-Bretagne. Mais le fer de lance de l'équipe Citroën y a dévoilé une autre facette de son étonnante personnalité. Souvenez-vous, Grönholm quitte la scène dès qu'il apprend la mort de Michaël Park, l'équipier de Markko Märtin, ce qui offre de facto la couronne à Loeb leader depuis le début de course. Mais le Français refuse d'être sacré dans ces conditions. Avec l'accord de ses dirigeants, il pointe deux minutes en avance au contrôle afin d'encaisser une pénalité qui le renvoie à la 3e place du classement final, postposant ainsi sa consécration. Ce champion au sens le plus noble du terme, doté d'une extraordinaire capacité d'analyse de la course, est aussi un homme discret, marié à Séverine depuis quelques semaines, qui n'abandonnerait pour rien au monde les virées avec ses potes strasbourgeois. Il aurait pu pourtant tout plaquer après avoir détruit jadis la Peugeot avec laquelle il écuma les rallyes de sa région. Mais une bonne fée veille : un industriel croit en lui et avance les fonds nécessaires pour louer une Citroën Saxo kitcar. Les performances suivent, Guy Fréquelin le patron de Citroën Sport repère ce jeune talent qui, grâce à l'appui de la fédération française, s'aligne en Corse et au Sanremo sur une Toyota Corolla WRC. La fusée est mise à feu. éRIC FAURE" C'EST PLUS FACILE DE S'IMPOSER EN F1 QU'EN RALLYE "