G o West, young man ! On ne sait pas si Didier M'Benga a sciemment suivi le conseil - vieux d'un siècle et demi - du journaliste John B.L. Soule, mais toujours est-il qu'après avoir joué les cowboys à Dallas, voici notre compatriote dans le rôle d'un branché d'Oakland, le long de la baie de San Francisco. Il y a pire comme exil... " Exact ", sourit l'intéressé, toujours aussi intimidant du haut de ses 2,13 mètres. " Mais c'est malgré tout une rupture. Même si c'est du business, des amitiés se sont créées à Dallas. C'était chez moi, surtout que je venais d'y acheter une maison désormais occupée par mon frère Kally (22 ans) étudiant à la Southern Methodist University ".
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G o West, young man ! On ne sait pas si Didier M'Benga a sciemment suivi le conseil - vieux d'un siècle et demi - du journaliste John B.L. Soule, mais toujours est-il qu'après avoir joué les cowboys à Dallas, voici notre compatriote dans le rôle d'un branché d'Oakland, le long de la baie de San Francisco. Il y a pire comme exil... " Exact ", sourit l'intéressé, toujours aussi intimidant du haut de ses 2,13 mètres. " Mais c'est malgré tout une rupture. Même si c'est du business, des amitiés se sont créées à Dallas. C'était chez moi, surtout que je venais d'y acheter une maison désormais occupée par mon frère Kally (22 ans) étudiant à la Southern Methodist University ". Un déchirement affectif donc, après la déchirure physique. Celle des ligaments croisés antérieurs du genou droit, pour être précis. C'était le 7 février dernier, contre Memphis : " Je ne me suis pas immédiatement rendu compte de la gravité de la blessure ", explique Didier. " Je n'avais pas mal et j'ai même voulu continuer à jouer. Le médecin du club a examiné mon genou qui n'était pas gonflé. Pas plus de gonflement le lendemain matin, mais par contre une douleur. J'ai aussitôt passé un examen par résonance magnétique qui révéla la nature du mal. J'ai connu le même type de blessure au genou gauche à Charleroi il y a 7 ans et je savais donc à quoi m'attendre : une longue indisponibilité et une patiente rééducation. Je peux dès lors établir une comparaison entre les deux systèmes. En Europe, tu reviens fort rapidement. Ici, par contre, ça prend plus de temps : on veut te remuscler au maximum avant de donner le feu vert. Comme je ne pouvais plus bouger, j'ai pris 5 à 6 kg dans l'aventure, mais je les ai perdus aussitôt que j'ai recommencé à m'entraîner normalement. La préparation pour cette saison 2007-2008 s'est donc déroulée normalement. Ce fut un peu plus dur, mais sans plus ". La suite est un peu moins lisse. Quelques matches seulement après le début du championnat, Dallas lui signifie qu'il peut partir. A-t-il senti venir cette bombe ? " Non, pas du tout. Il n'y a pas eu des signes avant-coureurs. Et surtout pas de la part de l'entraîneur Avery Johnson. Il continuait à m'encourager, à me dire que je reviendrais bientôt dans le parcours et qu'il comptait d'autant plus sur moi qu' Eric Dampier, un des trois centres de l'équipe avec DeSagana Diop et moi-même, n'avait pas encore entièrement récupéré après son opération à l'épaule. Mon agent de toujours, Bouna Ndiaye, est alors intervenu pour me persuader du bien-fondé d'un transfert plutôt que de risquer de jouer moins ou plus du tout. Mon contrat avec Dallas courant jusqu'à la fin de la saison 2009, j'aurais donc été payé, mais il n'y a pas que cela. Mon objectif, c'est de jouer et de m'imposer en NBA. Après un jour de réflexion, mon choix était fait. L'Europe aurait été une possibilité, mais ce n'était pas mon premier choix. J'ai alors été m'entraîner avec Sacramento. J'ai aussi eu des touches avec Boston et Houston avant que Golden State n'entre dans la danse. C'est l'équipe de mon tout premier coach : Don Nelson. Pour moi, c'était un gage de confiance et de sécurité. Je n'allais pas me retrouver en terrain inconnu. Il m'apprécie, je l'estime et je le respecte. Et puis, tout aussi important, il applique à Golden State le schéma tactique qu'il utilisait à Dallas. A cette différence près que l'on court plus et plus vite ici. Tout cela me convenait : je ne devais pas tout réapprendre et assimiler. J'étais directement opérationnel. De plus, mon contrat n'y est pas inférieur à celui de Dallas et surtout l'accueil des dirigeants et des coéquipiers a été excellent ". A ce moment précis, dans le vestiaire, juste à côté de nous, un joueur, pince-sans-rire, nous demande, quelle langue on parle. C'est Mickaël Pietrus (25 ans, 1,98m et 98 kg), l'international français d'origine guadeloupéenne qui en est à sa cinquième saison au sein des guerriers de Golden State. il en profite pour apporter de l'eau au moulin de son pote de fraîche date, Boum-Boum. C'est le nouveau surnom de M'Benga qui, à Dallas, répondait à celui d' Animal. " Golden State est une bonne opportunité pour Didier ", confie-t-il. " Ici, il aura l'occasion d'accumuler du temps de jeu dans un système plus physique, très rapide, avec beaucoup de touchers de balle. Et comme il court très vite, c'est parfait... "" Physiquement, je me sens à 100 % ", poursuit l'intéressé. " Je mets encore une genouillère un peu gênante par mesure de précaution, mais ça va. J'ai cependant encore besoin d'un mois ou deux pour réconcilier le mental et le physique. Je veux simplement retrouver toutes mes sensations. Rien de plus. Pour le reste, on verra en son temps ". par bernard geenen - photos: belga