Okapi Aalstar est actuellement le dauphin d'Ostende en championnat de Belgique. Toujours en lice en Eurochallenge et en Coupe de Belgique également, l'équipe d'Alost réalise une très belle campagne, dans la foulée de la saison dernière qui l'avait vu échouer en finale des play-offs. Le pivot JohnTofi (30 ans) y joue un rôle majeur. Il se sent bien dans la ville célèbre pour son carnaval, où il vit en compagnie de son épouse et de ses trois enfants : JohnJr (8 ans), Tommy (7 ans) et Ernie (5 ans). L'an passé, il a pourtant vécu un drame familial. La venue de jumeaux était attendue l'été dernier, mais en avril, l'épouse de John a fait une fausse couche. Le massif pivot (2m03 pour 110 kilos) a décidé de continuer, comme s'il ne s'était rien passé.
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Okapi Aalstar est actuellement le dauphin d'Ostende en championnat de Belgique. Toujours en lice en Eurochallenge et en Coupe de Belgique également, l'équipe d'Alost réalise une très belle campagne, dans la foulée de la saison dernière qui l'avait vu échouer en finale des play-offs. Le pivot JohnTofi (30 ans) y joue un rôle majeur. Il se sent bien dans la ville célèbre pour son carnaval, où il vit en compagnie de son épouse et de ses trois enfants : JohnJr (8 ans), Tommy (7 ans) et Ernie (5 ans). L'an passé, il a pourtant vécu un drame familial. La venue de jumeaux était attendue l'été dernier, mais en avril, l'épouse de John a fait une fausse couche. Le massif pivot (2m03 pour 110 kilos) a décidé de continuer, comme s'il ne s'était rien passé. John Tofi : Le coach m'a demandé si j'avais besoin de repos, mais j'ai répondu par la négative. Je ne voulais pas abandonner l'équipe, ni montrer de signes de faiblesse. Un peu, quand même. Nous attendions impatiemment nos deux jumeaux, des garçons. Nous avions même déjà choisi leurs prénoms : Maxim et Mathias. Pourquoi Dieu nous offre-t-il, dans un premier temps, un si beau cadeau pour nous le reprendre un peu plus tard ? J'ai écrit le prénom des jumeaux à l'arrière de mes chaussures de sport. Je ne les porte plus pour jouer, je les conserve. Bien sûr. J'aimerais encore avoir une fille. Une princesse que je pourrais gâter. (il rit) Nous avons tous les deux grandi à San Francisco, mais nos grands-parents ont encore vécu aux Samoa. Ils étaient chefs de clan, c'étaient des personnalités importantes. Je me suis rendu pour la dernière fois aux Samoa juste après mes études, cela fait déjà pas mal de temps. C'est un endroit superbe, doté d'une nature magnifique, où la température ne descend jamais sous les 20°C. Mes enfants n'y sont encore jamais allés, ils se sentent Belges. J'apprécie les valeurs de notre culture : la religion, le respect mutuel, la protection de la nature. Chaque été, j'envoie mes enfants aux Etats-Unis dans un camp samoan, où ils peuvent apprendre la langue et les traditions. Et, à la maison, nous mangeons souvent des plats typiquement samoans, à base de plantes et de lait de noix de coco. Je ne vois pas où se situe le conflit : ce sont deux mondes distincts. Le basket, c'est mon métier : je dois m'y donner à fond. Le jeu physique ne m'effraie pas. En général, les Samoans sont des hommes de grande taille et corpulents. Il y a beaucoup de respect et de chaleur humaine, mais cela ne nous empêche pas d'être physiques. Mes enfants regardent constamment des matches à la télévision, effectuent des recherches sur ce sport, jouent des jeux de basket sur l'ordinateur. Ils connaissent presque tous les joueurs du championnat de Belgique. Oui, nous sommes assis autour d'une table et chacun de mes enfants donne son avis. Avant de partir, je leur donne un handshake spécial, et juste avant le match, je leur adresse un signe en direction de la tribune. Je fais trois signes de croix sur ma poitrine, un pour chacun d'eux, puis je regarde le ciel. Je demande à Dieu de veiller sur nous. Et, depuis la fin de la saison dernière, je garde toujours deux doigts serrés en priant, en hommage à mes jumeaux disparus. C'est exact. Lors de ma dernière année universitaire, je me suis gravement blessé au ménisque. Après huit mois de revalidation, j'ai rechuté et c'était encore pire. Je n'ai plus touché un ballon pendant trois ans. Je gagnais ma vie comme prof de maths et comme coach de jeunes. Jusqu'au jour où j'ai décidé de participer à un camp d'été. Un scout m'y a repéré. Je pesais 140 kilos. Il m'a assuré que, si je retrouvais la forme, il me trouverait un club. Et de fait : je me suis retrouvé à Pepinster. J'en ai gardé un double sentiment. D'un côté, j'étais heureux de retrouver le terrain, l'ambiance d'un vestiaire. D'un autre côté, l'adaptation fut difficile. C'était la première fois que je m'éloignais autant de ma famille, de surcroît dans une région où les distractions sont rares. Nous avions trois bambins à la maison, ma femme ne sortait quasiment pas. En Flandre, c'est plus facile : presque tout le monde parle anglais. On consent beaucoup de sacrifices et on opte pour un emploi instable, alors qu'aux Etats-Unis, ma femme et moi avions tous les deux un bon job. Je me suis souvent posé la question : le jeu en vaut-il la chandelle ? Lors de ma première saison à Pepinster, je gagnais moins que ce que mon épouse et moi gagnions aux Etats-Unis. Quelque part, je pouvais le comprendre, vu que je sortais d'une longue inactivité et qu'un risque de rechute était toujours présent. J'ai demandé conseil à tous les gens que je connaissais et qui avaient une expérience en Europe. Ma femme m'a soutenu. " I love it. Avec Alost, on participe chaque année à l'Eurochallenge. On affronte des équipes de tous les pays, chacune avec son style propre. Les Allemands sont très physiques et très grands, les Italiens ont des ailiers mobiles, les Serbes sont de vrais guerriers, les Belges sont de bons shooteurs et de bons distributeurs. Si l'on s'en tient aux chiffres, on ne peut que lui donner raison. Mes statistiques sont meilleures que jamais. PAR MATTHIAS STOCKMANS" Lors de ma prière d'avant-match, je garde toujours deux doigt serrés, levés vers le ciel, en hommage à mes jumeaux décédés. "