Avez-vous craint pour votre place avec l'arrivée d'Anthony Réveillère ?

Eric Deflandre : J'avais eu un entretien avec Paul Le Guen en fin de saison dernière. Il m'avait affirmé que je l'avais convaincu lors du deuxième tour et qu'il me maintiendrait sa confiance. Il avait ajouté que, si le club engageait un autre arrière latéral, ce serait soit pour être ma doublure, soit pour évoluer du côté gauche. Lorsque j'ai appris le transfert d'Anthony Réveillère, qui est un arrière droit de formation, je me suis malgré tout posé des questions, mais finalement, l'entraîneur a respe...

Eric Deflandre : J'avais eu un entretien avec Paul Le Guen en fin de saison dernière. Il m'avait affirmé que je l'avais convaincu lors du deuxième tour et qu'il me maintiendrait sa confiance. Il avait ajouté que, si le club engageait un autre arrière latéral, ce serait soit pour être ma doublure, soit pour évoluer du côté gauche. Lorsque j'ai appris le transfert d'Anthony Réveillère, qui est un arrière droit de formation, je me suis malgré tout posé des questions, mais finalement, l'entraîneur a respecté sa promesse : l'ancien joueur de Valence évolue depuis le début de la saison comme arrière gauche. Je suis soulagé. Au premier tour, j'avais joué neuf matches sur 19. Pour le début du deuxième tour, j'étais sur le banc. Ma chance, si l'on peut dire, c'est que Lyon a été éliminé à ce moment-là dans toutes les compétitions : Coupe de France (par Libourne Saint-Seurin), Coupe de la Ligue (par Sochaux), Ligue des Champions puis Coupe de l'UEFA (par les Turcs de Denizlispor). L'équipe a été battue 2-0 à Monaco en championnat et j'ai effectué ma rentrée lors du match suivant, qui s'est soldé par une victoire à Auxerre. Depuis lors, je n'ai plus quitté l'équipe. Paul Le Guen adopte moins souvent le principe de la tournante que son prédécesseur, sauf en milieu de terrain. Il se montre davantage partisan d'une équipe-type, à partir du moment où elle lui donne satisfaction. Nous avons enchaîné 13 matches sans défaite. Le dernier échec, à Guingamp, fut sans conséquences : le titre était déjà en poche. En fait, nous étions deux joueurs à effectuer notre retour : Philippe Violeau et moi, respectivement aux dépens de Diarra et de Chanelet. Beaucoup de gens affirment que l'entraîneur a opéré les bons choix au bon moment. C'est une fierté pour moi d'entendre cela. Mais je crois que le véritable déclic s'est produit lorsque nous avons été éliminés dans toutes les épreuves de coupe et qu'il ne nous restait plus que le championnat pour sauver notre saison. Mon apport offensif. J'adore monter dans mon couloir. Aujourd'hui, l'entraîneur me demande de le faire régulièrement. Ce n'était pas le cas au début : il voulait un joueur à vocation très défensive. Ce changement d'optique a aussi été à la base de mon retour : Paul Le Guen s'est aperçu que je pouvais être à la base des attaques sans négliger mon travail de récupération. Sur l'autre flanc, Anthony Réveillère ne procède d'ailleurs pas différemment. Lorsqu'on évolue en 4-5-1, l'attaquant de pointe doit impérativement recevoir du soutien des autres lignes.