Le Landmark Hotel de Londres est majestueux. Le classicisme british édifié par le génie architectural. On ne peut qu'y être bien. Nous y étions ce jeudi 10 mai. C'était soir de Gala. La grande soirée où l'association de la presse footballistique anglaise remet son trophée de joueur de l'année. On y était convié. Si, si.
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Le Landmark Hotel de Londres est majestueux. Le classicisme british édifié par le génie architectural. On ne peut qu'y être bien. Nous y étions ce jeudi 10 mai. C'était soir de Gala. La grande soirée où l'association de la presse footballistique anglaise remet son trophée de joueur de l'année. On y était convié. Si, si. Un petit Belge aux pays des géants. Invité par le premier journaliste étranger à faire partie de cette association. Pas de doute : Philippe Auclair est bien LA référence francophone pour le foot anglais. Pour la première fois, il y aura aussi la " Footballeuse of the Year ". Presque temps. C'est Fran Kirby. Une merveille footballistique de Chelsea. Elle a éclaboussé de sa classe la finale de la FA Cup féminine contre Arsenal. Un derby disputé devant 46.000 personnes. Waouw. Pour les mecs, pas de surprise. Et même si, en tant que Belge, on aurait aimé qu'il y en ait une, on est hyper heureux. Kevin De Bruyne le méritait aussi mais ce qu'à fait MoSalah cette saison est tout simplement extraordinaire. Pharaonique. Messien. Sur le fond et la forme. Des stats avec paillettes et éclats. La beauté du geste à chaque foulée pour émerveiller les foules. Ce jeudi, la foule de 400 personnes s'est levée pour son arrivée. Standing ovation. Quand on voit ce géant d'1,75 m, on voit la lumière. Une gueule, une présence, une sorte de halo annoncé par un sourire divin. Il est bien. Cool, Détendu. Il est venu en hélicoptère de Liverpool. Il est en retard, il n'en peut rien mais ses premiers mots sont des excuses. L'éducation, encore et toujours. Il est fier qu'après ses collègues joueurs, ce sont les journalistes qui le mettent sur le toit de la Premier League. C'est-à-dire sur le toit du monde. Il rappelle qu'il a dû beaucoup travailler pour en arriver là. On se souvient que, dès l'âge de 14 ans, pour aller s'entraîner, il se tapait chaque jour des heures de route entre la région d'Al Gharbeya, où il est né, et Le Caire. Sans oublier que ça, c'était le matin. L'après-midi il allait à l'école. Éducation et sacrifice. On le croit. Même si ce type pue l'instinctif, il y a toujours du travail derrière l'évidence d'un talent. Un talent qui, via le FC Bâle, l'emmène du côté de Chelsea. Et là, on sent qu'il y a comme une petite contrariété. Il balance : " Depuis que je suis revenu en Angleterre, je ne pense qu'à une chose, leur prouver qu'ils se sont trompés sur moi. " Toute la salle a compris que le " ils " est en fait " lui ". Mon collègue de droite se tourne vers moi : " ça, c'est pour Mourinho "... Et il ajoute : " il a fait la même chose avec ton compatriote De Bruyne. José ne soutient pas les jeunes. Ils doivent être rentables directement, sinon... " Celui à ma gauche ne peut s'empêcher dans un français impeccable de me dire : " Mourinho se sert des joueurs. Il n'en a jamais formé un seul. Ça ne l'intéresse pas. " Et là, c'est parti, tout le monde se lâche. " De toute façon la seule chose qui l'intéresse c'est son palmarès. Mourinho, c'est juste de la mise en place défensive et un buteur de classe mondiale devant. " Un autre encore, qui suit Chelsea quotidiennement, me certifie que Mourinho a un problème psychologique. Que son ego a prit le pouvoir. Définitivement. Un autre, de la région de Manchester, acquiesce et se demande comment le club ne l'a pas viré après l'élimination contre Séville et sa fameuse conférence de presse. Où il a beaucoup parlé de lui et de ses exploits, en se demandant si Manchester était un si grand club que cela. Soit. Parlons d'autre chose. Tiens et Arsène ? Paraît qu'il est très fâché que le club l'ait poussé dehors. Bordel, ça veut dire que si ça ne tenait qu'à lui, il serait encore resté ? " Yes, yes ". Surréaliste. Tout comme le fait qu'il ne faisait jamais de séance vidéo sur ses adversaires. Moi, en anglais : " I can't believe it ! " " Si, si. Wenger emploie les mêmes méthodes depuis 22 ans. " Par contre épatant d'apprendre qu'il faisait encore une heure de sport. Tous les jours à la salle et courir. Cours Arsène, cours. Il y a du temps perdu à rattraper...