Eté 2015. Bob Claes, directeur du Standard, nous détaille les grandes lignes de la nouvelle direction, quelques semaines après le rachat du club par Bruno Venanzi. A la question " Pendant les années Roland Duchâtelet, le Standard a été une espèce de supermarché de joueurs. Ça va changer ? ", il répond : " Oui. Parce que le club ne fait plus partie d'un réseau. C'est un grand changement. Quand Bruno Venanzi est devenu président, on a regardé sur quels points on allait devoir se concentrer d'urgence. Notre conclusion, c'est qu'il y avait beaucoup trop de joueurs sous contrat, près de 45. Ces ventes ont été le premier fait d'armes de la nouvelle direction. "
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Eté 2015. Bob Claes, directeur du Standard, nous détaille les grandes lignes de la nouvelle direction, quelques semaines après le rachat du club par Bruno Venanzi. A la question " Pendant les années Roland Duchâtelet, le Standard a été une espèce de supermarché de joueurs. Ça va changer ? ", il répond : " Oui. Parce que le club ne fait plus partie d'un réseau. C'est un grand changement. Quand Bruno Venanzi est devenu président, on a regardé sur quels points on allait devoir se concentrer d'urgence. Notre conclusion, c'est qu'il y avait beaucoup trop de joueurs sous contrat, près de 45. Ces ventes ont été le premier fait d'armes de la nouvelle direction. " C'est mieux aujourd'hui. Le Standard a un peu moins de 35 joueurs sous contrat. Mais ça reste beaucoup. Et pour ce qui est du côté supermarché, ce n'est pas beaucoup plus calme que sous le règne de Roland Duchâtelet (voir encadré). L'équipe de Bruno Venanzi a trois périodes de transferts derrière elle et il y a encore eu énormément de mouvements, entrants et sortants. Que doit-on attendre en janvier ? On nous dit que " d'autres grands clubs belges ont au moins autant de joueurs professionnels mais on en parle moins " et aussi que " personne ne sera bradé, les amateurs de bonnes affaires ne doivent pas se faire d'illusions, le président n'est pas à la rue, on va la jouer dure ". Mais encore ? On nous sous-entend également que pour y voir clair dans les joueurs susceptibles de changer d'air cet hiver, il suffit d'analyser le temps de jeu de chacun. Logique. Les patrons sportifs aimeraient arriver à un noyau de 22 à 24 hommes mais savent qu'il sera impossible de faire partir autant de monde durant le mois de janvier. Certains voudraient forcer eux-mêmes un déménagement, d'autres sont poliment invités à partir. Analyse au cas par cas de ces Rouches qui sont très rarement sur le terrain, décryptage et pronostics ligne par ligne. Il doit sa venue à un imbroglio. Quelques jours avant la fin du mercato, le Standard a appris que Darwin Andrade risquait une suspension de quatre mois pour avoir autrefois forcé son transfert de son club colombien vers Ujpest, en Hongrie. Il n'aurait pas versé l'indemnité de rupture prévue dans son contrat. Le raisonnement du club liégeois, fin août : si Andrade est suspendu par la FIFA, il n'y a plus que Corentin Fiore comme solution à l'arrière gauche. C'est pour cela, et uniquement pour cela, qu'Elderson a été pris à Monaco. Le Standard aimerait savoir avant janvier s'il y aura suspension ou pas (le transfert vers Ujpest remonte à janvier 2014 ! ), histoire de régler le cas Elderson. Si Andrade n'est pas suspendu, la présence d'Elderson n'est plus nécessaire. C'est clair pour la direction : il doit comprendre qu'il n'entre pas plus dans les plans d'AleksandarJankovic que dans ceux de Yannick Ferrera. Et en tirer les bonnes conclusions. On lui trouve des qualités mais on estime qu'il doit changer d'air pour rebondir. Il a été proposé à Tours (bon dernier en L2) en vue d'une éventuelle location. Il joue très peu mais la direction joue la montre et croit toujours en lui. Il n'a que 20 ans et, au Standard, on le considère comme un titulaire potentiel dans le futur. A l'entraînement, Beni B est souvent l'un des meilleurs, il étale régulièrement sa classe mais doit encore apprendre à se faire mal et afficher moins de nonchalance. Le joueur peut, aussi, nourrir des regrets puisqu'il a refusé un prêt à Saint-Trond en début de saison. Pour lui, les saisons se suivent et se ressemblent depuis qu'il a quitté Anderlecht. Blessures, périodes de méforme, manque de confiance de ses entraîneurs, ... Mais le souhait du Standard n'est pas de le faire partir parce que, même s'il joue peu, il assume un rôle important. C'est un des leaders du vestiaire et un exemple d'engagement à l'entraînement. Il donne toujours tout, comme s'il allait commencer le match du week-end. Et il guide constamment les jeunes. " Un très bon mec ", entend-on à l'Académie. Malgré une technique bien au-dessus de la moyenne, il n'a pas le même impact physique qu'AdrienTrebel. C'est notamment pour cela qu'il n'est toujours pas entré en ligne de compte. Si le Français reste, son avenir semble bouché. Il peut partir et il n'y est d'ailleurs pas opposé. Le Standard l'a fait venir en prêt de Monaco dans les dernières heures du mercato parce qu'il y avait un déficit de créativité dans le milieu. Si Fares Bahlouli ne joue pas du tout, c'est en grande partie à cause de l'éclosion d'Ishak Belfodil, transféré au même moment et pour jouer à la même place. Le Standard a aussi pris Bahlouli parce qu'il y avait pas mal de points d'interrogation autour de Belfodil : rythme, mentalité, etc. C'est Belfodil qui a explosé et, pour le Standard, c'est parfait vu qu'il appartient au club. Et aucun des deux n'a un salaire démesuré. C'étaient deux paris sans grand risque, il y en a un qui est occupé à payer. Si Bahlouli a l'occasion de changer d'air en janvier, on ne le retiendra pas. Lui-même semble réfléchir à cette opportunité. Il n'a d'ailleurs jamais affiché une grande motivation depuis son arrivée à Liège comme le prouvent ses quelques kilos en trop. Le club est mitigé à son égard. Quand il est sur le terrain, il apporte généralement quelque chose. Mais il n'y a pas que ça. Jean-Luc Dompé se blesse facilement et, hasard ou pas, il ne vit pas à 100 % pour son métier. La direction pense que s'il joue cinq ou six matches complets d'affilée, il y aura des offres pour lui. Encore faut-il qu'il y arrive. Le Standard l'a pris à Nantes cet été parce qu'il y avait deux gros points d'interrogation en milieu de terrain. Adrien Trebel risquait de s'en aller à tout moment tandis que Eyong Enoh était souvent blessé, et en plus, des rumeurs l'envoyaient vers un championnat plus rémunérateur. Libre en fin de saison, le Camerounais est d'ailleurs toujours en contact avec des clubs de Premier League et de Championship. Pour la direction, un ticket Birama Touré - Ibrahima Cissé était plausible. Finalement, Enoh et Trebel sont restés. L'avenir de Touré au Standard semble aujourd'hui totalement bouché, surtout depuis l'amende que le club lui a infligée après une sortie bien trop arrosée. C'est le joker par excellence, il est monté plus de dix fois en cours de match. Pour le Standard, il n'est pas question de s'en défaire, même s'il a finalement peu de temps de jeu. Quand il a été transféré l'été dernier de Valenciennes, ce n'était pas dans le but d'en faire directement un titulaire. Le Standard pourrait déjà le vendre plus cher que son prix d'achat mais il sera à coup sûr conservé parce qu'on lui trouve beaucoup d'arguments : jeunesse (20 ans), nationalité belge, taille, vitesse, un pied droit exceptionnel. On le considère comme une boulette de plasticine qui doit encore être modelée. Il faut aussi gérer son émotivité et lui-même a un peu de mal avec son nouveau rôle de père. Le but est qu'il soit prêt le jour où Edmilson ou Dompé sera vendu. Dans le staff, on est unanime pour dire qu'il produit une magnifique dépense d'énergie à chaque entraînement. C'est un exemple. Autre atout pour lui : il a un style proche de celui d'OrlandoSá. Il est donc son premier backup dans le système actuel. Renaud Emond est récemment revenu de nulle part, il a de nouveau marqué en match officiel après une disette d'un an et il a plus de chances de jouer avec Aleksandar Jankovic qu'avec Yannick Ferrera. Ces arguments lui suffiront-ils ? Le Standard ne le fera partir en janvier que si lui-même est demandeur. Flop la saison dernière, à nouveau flop cette année. Aleksandar Jankovic ne compte pas plus sur lui que Yannick Ferrera. Le Standard espère trouver une solution pour qu'il aille rapidement ailleurs. Mais le joueur ne semble pas trop chaud, bien assis sur son gros salaire (plus de 700.000 euros par an jusqu'en juin 2019 ! ) Le club mise sur " l'amour-propre du joueur ", voudrait qu'il puisse encore " se regarder dans le miroir ". Lors du dernier match de Yannick Ferrera, à Bruges, il avait été le meilleur Standardman sur le terrain. A côté de cela, il a eu des apparitions catastrophiques. Le club résume son problème par un mot : mentalité. Il est un prototype du jeune joueur qui ne comprend pas qu'il doit changer certaines choses dès le moment où il arrive dans le monde des adultes. Dans le noyau, son je-m'en-foutisme est très peu apprécié. Il a eu l'un ou l'autre examen de repêchage lors de matches avec les U21 mais il n'a pas saisi les occasions. Le raisonnement de Jankovic : " Si tu marches lors des matches de jeunes, tu ne courras pas lors des matches de l'équipe Première " et " Si tu ne donnes pas le bon exemple dans le vestiaire, tu ne le donneras pas non plus pendant les matches. " CQFD : on ne le retiendra pas malgré pas mal de foot dans les pieds. PAR PIERRE DANVOYE AVEC THOMAS BRICMONT - PHOTOS BELGAIMAGEIls peuvent partir : Arslanagic, Yattara, Mallmann, Bahlouli, Dompé, Touré, Ryan Mmaee.