Les palmiers dans le jardin donnent le ton. Un air de Brésil, vite fait. A Grand-Bigard. C'est là que le Grand Jojo nous reçoit, dans un grenier aménagé en bureau, véritable boîte à souvenirs d'une longue carrière de chanteur populaire qui, entre les Jules Cesar et autre Sergent Flagada, a accompagné les Diables Rouges dans leur plus mémorable épopée. C'était en 1986. Et l'ami Jules Jean Vanobbergen chantait, les Marolles dans la voix, " E viva Mexico, enlevez les sombreros, les ptits Belges, les ptits Belges sont à Mexico, olé olé olé olé, we are the champions, we are the champions ! "
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Les palmiers dans le jardin donnent le ton. Un air de Brésil, vite fait. A Grand-Bigard. C'est là que le Grand Jojo nous reçoit, dans un grenier aménagé en bureau, véritable boîte à souvenirs d'une longue carrière de chanteur populaire qui, entre les Jules Cesar et autre Sergent Flagada, a accompagné les Diables Rouges dans leur plus mémorable épopée. C'était en 1986. Et l'ami Jules Jean Vanobbergen chantait, les Marolles dans la voix, " E viva Mexico, enlevez les sombreros, les ptits Belges, les ptits Belges sont à Mexico, olé olé olé olé, we are the champions, we are the champions ! " Ce titre, devenu depuis un hymne international synonyme de victoire, provient en fait d'une autre chanson du Grand Jojo : Anderlecht Champion, dans laquelle figurait la plus célèbre question jamais posée dans le monde du foot bruxellois : " Est-ce que j'ai pas raison ? " Pour la petite histoire, sachez que oui tu as raison, Anderlecht, Anderlecht, Anderlecht champion. Et olé olé olé, we are the champions aussi, si on veut être complet. Décidément respectueux de l'environnement, le Grand Jojo a une nouvelle fois recyclé son tube pour accompagner la plus que probable aventure des Diables au Brésil. Ce qui donne E Viva Brasil. " Mexico 86, c'est l'un des plus beaux souvenirs de ma carrière, je n'oublierai jamais quand on est revenu dans des décapotables, avec nos sombreros, puis qu'on a salué la foule depuis le balcon de la Grand-place. Quand on m'a demandé de faire un disque pour la prochaine Coupe du Monde, j'ai dit que le " olé olé olé, we are the champions" était incontournable. Je me suis dit que si je faisais d'autres mélodies, comme celles que j'avais enregistrées pour d'autres coupes du monde, j'allais peut-être passer à côté du coche. Certains ont effectivement dit que je ne m'étais pas foulé, et c'est vrai que la chanson reprend ce vieux thème, mais sur un air brésilien. D'autres ont dit que je vendais la peau de l'ours, mais là je pense qu'il ne nous manque plus qu'un orteil pour aller au Brésil. " Fan du Daring à l'origine, passé à Anderlecht avec les années, le Grand Jojo n'est pourtant pas un acharné d'un foot qui " a tellement changé " et dont il regarde essentiellement les matches importants. " Je ne vais plus au stade parce que chaque fois que je sors, je me retrouve avec 15 Jupiler devant moi, on me demande des photos, les gens des cafés s'amènent, me jettent en l'air. J'ai attrapé peur de ça, peur de cette foule. " A 77 ans, l'homme est resté proche d'Enzo Scifo qui " a eu un petit problème avec Mons, mais ce n'est pas de sa faute ". Le Grand Jojo doit bien reconnaître que les Diables d'aujourd'hui sont " plus des stars qu'avant. On savait mieux les approcher du temps de Gerets, Munaron et consorts ", même si Daniel Van Buyten par exemple est " extraordinaire, simple, gentil. Il a été bercé par mes chansons dans son enfance ". Toujours flanqué d'un drapeau belge en concert, Lange Jojo, qui sort un tout nouvel album (Tournée générale !) ce 4 octobre, conclut : " Pour moi, l'important, c'est que l'équipe nationale met tout le monde d'accord. C'est le ciment du pays. On réunit les gens autour du drapeau belge. J'ai connu l'engouement en 1986, mais comme je le vois maintenant, c'est multiplié par cent. Avant, c'était énorme, maintenant, c'est monstrueux. " Vivement la Russie et le Qatar ! GUY VERSTRAETEN - PHOTOS: IMAGEGLOBE" Au stade, chaque fois, je me retrouve avec 15 Jupiler devant moi. "