Malgré la période économiquement troublée et les faillites qui menacent dans certains clubs, il fait encore bon être joueur professionnel en Belgique...
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Malgré la période économiquement troublée et les faillites qui menacent dans certains clubs, il fait encore bon être joueur professionnel en Belgique... Voilà sans doute la première information importante de l'enquête exclusive que nous publions cette semaine. Et il est également encourageant de constater que ces mêmes joueurs pros trouvent que la fédération ne contrôlera jamais assez fort les clubs pour qu'ils offrent à leurs employés des conditions de travail à la fois bonnes et respectables. Les joueurs sont pour la licence et cela prouve bien leur lucidité : ils savent parfaitement bien que la situation ne pourra être assainie qu'en diminuant le nombre de clubs de D1. Il y a évidemment moyen d'interpréter cette information de façon plus critique en se disant que la Belgique perd de plus en plus de joueurs, qu'ils soient étrangers ou belges. Et que ceux qui restent ne sont pas les plus exigeants et qu'ils sont contents de leur sort... Car c'est vrai que mis à part dans quelques clubs du top, les joueurs de talent trouveront de meilleures conditions financières ailleurs. Le jeune milieu de terrain de l'Antwerp Karel D'Haene vient par exemple d'être transféré à Trabzonspor une dizaine de jours après son coéquipier Ibrahim Yattara. D'Haene (22 ans !) a signé un contrat de trois saisons en Turquie alors qu'il avait encore deux années d'études d'ingénieur commercial à boucler. " C'est une superbe occasion financièrement et socialement ", avoue-t-il. " Et puis je retrouverai Kurt Van de Paar et Hans Somers dans ce club. J'aurai finalement le même type de vie à Trabzon qu'en Belgique. Et je jouerai à un meilleur niveau qu'ici ". Il y a trois ans, D'Haene débarquait de Waregem et il ne joua que 35 matches durant ses deux premières années à Deurne. Cette saison, Henk Houwaart n'a pas beaucoup fait usage de ce joueur avant la Noël, mais il a joué tous les matches depuis la reprise et il a tapé dans l'£il de Trabzon venu scouter Yattara. Le football reste une aventure fantastique. Il n'y a pas si longtemps, il n'y avait qu'un Jean-Marie Pfaff pour se faire attirer par Trabzon. Aujourd'hui, il y a une bonne cen- taine de professionnels belges à l'étranger et pas nécessairement des stars. Pour en revenir à notre enquête, la Belgique présente encore pas mal de caractéristiques d'un petit pays de cocagne. Les indices concernant le dopage et la corruption ne sont pas réellement effrayants, bien que ces deux déviances exigent une surveillance constante. R oger Vanden Stock est sorti de sa réserve à l'égard de notre magazine en nous accordant sa première interview de l'année. Le président mauve s'était retranché dans un mutisme total à notre égard du fait des critiques que le magazine avait publiées à l'égard d'Anderlecht suite à son pauvre début de saison. Mais voilà que RVDS parle lui-même, maintenant, d'un mauvais début de campagne de son club ! Et son message à ses fans est que le club est prêt pour la saison prochaine, et que rien ne sera acceptable fors le titre. Pareil triomphalisme n'est pas gratuit : c'est une promesse ferme, il ne faut pas y voir une man£uvre pour vendre les derniers abonnements. G eorges Grün, de son côté, a accepté une proposition intéressante de RTL-TVi. Je veux dire intéressante pour les fans de foot que nous sommes. Car on est logiquement en droit d'attendre de lui qu'il ne manie pas la langue de bois, comme trop d'ex-joueurs ou entraîneurs actifs dans les médias. A Sport/Foot Magazine, on s'estime bénis des dieux avec la collaboration de GeorgesHeylens et Emilio Ferrera qui, chacun dans son espace imparti, dit exactement ce qu'il pense, sans jamais avoir peur de froisser la susceptibilité de l'un ou l'autre représentant du monde du football. Dans le PAF (paysage audiovisuel francophone), mon cher Georges, tu ne dois avoir qu'une référence : Arsène Vaillant, seul modèle à ce jour à avoir parfaitement effectué sa mutation d'ex-joueur de haut niveau à journaliste. Tu nous dis, Georges, que ton rôle ne sera pas de commenter des matches mais d'animer des conversations, des analyses. Mais ce rôle sera encore plus important car tu feras en sorte que tes invités se livrent totalement. Comme joueur, tu muselais l'adversaire ; comme journaliste tu feras totalement l'inverse. par John BaetePour les pros, la Belgique présente encore pas mal de caractéristiques d'un petit pays de cocagne