Liège retourne son couteau dans la plaie zébrée. Le poignard rouche est brandi vers le ciel par Sébastien Pocognoli, après avoir transité par les mains d' Eric Gerets et de Léon Semmeling. Pour l'ouverture des play-offs 1, Sclessin fête son succès en Coupe de Belgique, deuxième trophée remporté au milieu de trois saisons de crise quasi permanente. Certains Carolos tournent le dos au rond central, comme s'ils refusaient de voir ce titre qui leur échappe désespérément, malgré la progression linéaire la plus remarquable du pays. Le Standard, en déséquilibre permanent, parvient toujours à damer le pion à la logique de stabilité de Charleroi.

Sur ce qu'on a montré depuis fin janvier, on est le Petit Poucet des play-offs 1. " Felice Mazzù

Ce complexe du Sporting hennuyer ne s'incarne, nulle part ailleurs, mieux que sur cette pelouse liégeoise, qui lui résiste depuis trop longtemps. Le dernier succès carolo en terre " ennemie " remonte à l'année 2009 et, depuis le 2-2 obtenu lors de sa première année en D1, Felice Mazzù n'a plus vu ses hommes marquer un but de l'autre côté de la Wallonie. Au coup de sifflet final, quelques instants après la frappe sensationnelle de Junior Edmilson, Charleroi porte à 550 le nombre de minutes consécutives passées sans marquer de but sur la pelouse du rival de toujours.

Outsider

Pour la première fois depuis longtemps, les Zèbres débarquent pourtant à Sclessin dans le costume de l'outsider. Signe d'un Standard qui a relevé la tête depuis le début de l'année calendaire, mais aussi d'un Sporting qui a passé de trop longues semaines à tirer la langue. " Sur ce qu'on a montré depuis fin janvier, on est le Petit Poucet des play-offs 1 ", concède d'ailleurs Felice Mazzù en conférence de presse, à la veille d'une rencontre qui sent moins la poudre qu'à l'accoutumée.

Le bloc visiteurs n'est d'ailleurs rempli qu'à moitié, dans la T4 liégeoise, alors que les places s'arrachent habituellement dès leur mise en vente. " Je crois que nos supporters ne savent pas qu'on est en play-offs 1 ", ironise, amer, un Carolo au moment d'évoquer le peu d'engouement suscité par l'apothéose de la saison chez les fans des Zèbres. Les chiffres définitifs ne seront publiés que cette semaine, mais la campagne d'abonnements pour les cinq derniers matches à domicile de la saison est déjà un flop.

Le symbole Carcela

" Pour nous, les joueurs, ça reste un match qui vaut trois points, comme tous les autres ", déroule Stergos Marinos, comme s'il lisait le prompteur d'un discours volontairement sans relief. Charleroi tente à tout prix de banaliser ses déplacements à Liège, comme s'il voulait inconsciemment se convaincre que ce match n'aurait rien de différent. Pourtant, pour lutter contre les individualités hors normes qui peuplent le secteur offensif rouche, Mazzù apporte des retouches à son dispositif, et se présente à Sclessin avec un 5-3-2 qui fait immédiatement penser qu'un retour à Charleroi avec un nul blanc dans la soute du car donnerait le sourire au groupe zébré.

" Quand l'adversaire vient ici, il change son système ", déclarait un Ricardo Sa Pinto satisfait aux médias du club, à l'heure de faire le bilan d'une saison déjà réussie avant le sprint final. Charleroi s'est aussi adapté, parce que la qualité individuelle du camp d'en face était trop importante pour être ignorée. " Carcela a apporté 30 ou 40 % supplémentaires à la qualité du Standard ", admet Felice Mazzù. " Ils peuvent rivaliser avec n'importe quelle équipe du top 6. "

À l'ombre des Rouches

La puissance financière rouche, et la force d'attraction que le maillot rouge exerce toujours sur les joueurs, sont un jalon que Charleroi doit encore franchir pour prétendre regarder Liège dans les yeux. Là où l'hiver en bord de Meuse a salué le retour de l'enfant chéri de Sclessin, donnant un boost à la qualité du groupe de Sa Pinto, Mazzù a dû composer avec le départ de Dodi Lukebakio et cherche en vain à compenser la baisse de régime d' Amara Baby, homme fort du début de saison retombé dans l'anonymat, au point de ne pas faire partie du voyage en terres liégeoises.

Le Sénégalais n'a pas apprécié les critiques qu'il a essuyées de front après sa prestation insipide à Eupen, en match amical, pendant la trêve internationale. " Amara est un peu fatigué, j'ai besoin de fraîcheur et d'intensité ", a justifié Mazzù suite à l'absence de son puissant gaucher de la sélection pour le début des play-offs. Dans un match somme toute équilibré, où Charleroi a connu " pas mal de pertes de balle dans les remontées de terrain ", comme l'a souligné le coach, la faculté de Baby et Lukebakio à mener les transitions offensives en parcourant une trentaine de mètres balle au pied a manqué. Malgré deux belles occasions en seconde période, Mario Notaro a reconnu après la rencontre que Charleroi ne s'était " pas créé assez d'occasions pour pouvoir revendiquer plus qu'un 0-0. "

Rétro

Le marquoir a finalement évolué sur " une action individuelle ", rappelle Mazzù. Le genre d'action que Liège passe ses week-ends à espérer, sachant qu'elle peut arriver à tout moment, tandis que Charleroi ne retient son souffle que quand Cristian Benavente est bien servi aux abords du rectangle adverse. " Qui, chez nous, aurait pu marquer un but pareil ? ", questionne-t-on amèrement dans le clan carolo. Là encore, la comparaison avec les Rouches tourne en faveur de l'ennemi historique.

" C'est ça le haut niveau, les play-offs 1 ", débriefe un Javier Martos fataliste. " L'adversaire, il n'aura besoin que d'une demi-occasion pour mettre un but. On doit tuer devant et être hyper intransigeant derrière. Mais c'est vrai que ces trois derniers mois, on ne donne pas beaucoup d'occasions, mais on les paie cher à chaque fois. "

Le prix de la défaite a été salé par le tour d'honneur des Rouches avec la Coupe, après la rencontre. Une cérémonie précédée de " Mehdi Bayat, chante avec nous ", descendus des tribunes de Sclessin. Charleroi n'est pas encore passé devant le Standard, mais est assez proche dans son sillage pour que Liège l'aperçoive dans son rétroviseur.

Liège retourne son couteau dans la plaie zébrée. Le poignard rouche est brandi vers le ciel par Sébastien Pocognoli, après avoir transité par les mains d' Eric Gerets et de Léon Semmeling. Pour l'ouverture des play-offs 1, Sclessin fête son succès en Coupe de Belgique, deuxième trophée remporté au milieu de trois saisons de crise quasi permanente. Certains Carolos tournent le dos au rond central, comme s'ils refusaient de voir ce titre qui leur échappe désespérément, malgré la progression linéaire la plus remarquable du pays. Le Standard, en déséquilibre permanent, parvient toujours à damer le pion à la logique de stabilité de Charleroi. Ce complexe du Sporting hennuyer ne s'incarne, nulle part ailleurs, mieux que sur cette pelouse liégeoise, qui lui résiste depuis trop longtemps. Le dernier succès carolo en terre " ennemie " remonte à l'année 2009 et, depuis le 2-2 obtenu lors de sa première année en D1, Felice Mazzù n'a plus vu ses hommes marquer un but de l'autre côté de la Wallonie. Au coup de sifflet final, quelques instants après la frappe sensationnelle de Junior Edmilson, Charleroi porte à 550 le nombre de minutes consécutives passées sans marquer de but sur la pelouse du rival de toujours. Pour la première fois depuis longtemps, les Zèbres débarquent pourtant à Sclessin dans le costume de l'outsider. Signe d'un Standard qui a relevé la tête depuis le début de l'année calendaire, mais aussi d'un Sporting qui a passé de trop longues semaines à tirer la langue. " Sur ce qu'on a montré depuis fin janvier, on est le Petit Poucet des play-offs 1 ", concède d'ailleurs Felice Mazzù en conférence de presse, à la veille d'une rencontre qui sent moins la poudre qu'à l'accoutumée. Le bloc visiteurs n'est d'ailleurs rempli qu'à moitié, dans la T4 liégeoise, alors que les places s'arrachent habituellement dès leur mise en vente. " Je crois que nos supporters ne savent pas qu'on est en play-offs 1 ", ironise, amer, un Carolo au moment d'évoquer le peu d'engouement suscité par l'apothéose de la saison chez les fans des Zèbres. Les chiffres définitifs ne seront publiés que cette semaine, mais la campagne d'abonnements pour les cinq derniers matches à domicile de la saison est déjà un flop. " Pour nous, les joueurs, ça reste un match qui vaut trois points, comme tous les autres ", déroule Stergos Marinos, comme s'il lisait le prompteur d'un discours volontairement sans relief. Charleroi tente à tout prix de banaliser ses déplacements à Liège, comme s'il voulait inconsciemment se convaincre que ce match n'aurait rien de différent. Pourtant, pour lutter contre les individualités hors normes qui peuplent le secteur offensif rouche, Mazzù apporte des retouches à son dispositif, et se présente à Sclessin avec un 5-3-2 qui fait immédiatement penser qu'un retour à Charleroi avec un nul blanc dans la soute du car donnerait le sourire au groupe zébré. " Quand l'adversaire vient ici, il change son système ", déclarait un Ricardo Sa Pinto satisfait aux médias du club, à l'heure de faire le bilan d'une saison déjà réussie avant le sprint final. Charleroi s'est aussi adapté, parce que la qualité individuelle du camp d'en face était trop importante pour être ignorée. " Carcela a apporté 30 ou 40 % supplémentaires à la qualité du Standard ", admet Felice Mazzù. " Ils peuvent rivaliser avec n'importe quelle équipe du top 6. " La puissance financière rouche, et la force d'attraction que le maillot rouge exerce toujours sur les joueurs, sont un jalon que Charleroi doit encore franchir pour prétendre regarder Liège dans les yeux. Là où l'hiver en bord de Meuse a salué le retour de l'enfant chéri de Sclessin, donnant un boost à la qualité du groupe de Sa Pinto, Mazzù a dû composer avec le départ de Dodi Lukebakio et cherche en vain à compenser la baisse de régime d' Amara Baby, homme fort du début de saison retombé dans l'anonymat, au point de ne pas faire partie du voyage en terres liégeoises. Le Sénégalais n'a pas apprécié les critiques qu'il a essuyées de front après sa prestation insipide à Eupen, en match amical, pendant la trêve internationale. " Amara est un peu fatigué, j'ai besoin de fraîcheur et d'intensité ", a justifié Mazzù suite à l'absence de son puissant gaucher de la sélection pour le début des play-offs. Dans un match somme toute équilibré, où Charleroi a connu " pas mal de pertes de balle dans les remontées de terrain ", comme l'a souligné le coach, la faculté de Baby et Lukebakio à mener les transitions offensives en parcourant une trentaine de mètres balle au pied a manqué. Malgré deux belles occasions en seconde période, Mario Notaro a reconnu après la rencontre que Charleroi ne s'était " pas créé assez d'occasions pour pouvoir revendiquer plus qu'un 0-0. " Le marquoir a finalement évolué sur " une action individuelle ", rappelle Mazzù. Le genre d'action que Liège passe ses week-ends à espérer, sachant qu'elle peut arriver à tout moment, tandis que Charleroi ne retient son souffle que quand Cristian Benavente est bien servi aux abords du rectangle adverse. " Qui, chez nous, aurait pu marquer un but pareil ? ", questionne-t-on amèrement dans le clan carolo. Là encore, la comparaison avec les Rouches tourne en faveur de l'ennemi historique. " C'est ça le haut niveau, les play-offs 1 ", débriefe un Javier Martos fataliste. " L'adversaire, il n'aura besoin que d'une demi-occasion pour mettre un but. On doit tuer devant et être hyper intransigeant derrière. Mais c'est vrai que ces trois derniers mois, on ne donne pas beaucoup d'occasions, mais on les paie cher à chaque fois. " Le prix de la défaite a été salé par le tour d'honneur des Rouches avec la Coupe, après la rencontre. Une cérémonie précédée de " Mehdi Bayat, chante avec nous ", descendus des tribunes de Sclessin. Charleroi n'est pas encore passé devant le Standard, mais est assez proche dans son sillage pour que Liège l'aperçoive dans son rétroviseur.