19 juillet 1966, Middlesbrough. La Corée du Nord bat l'Italie (1-0) et l'élimine de la Coupe du Monde. 35 ans plus tard, en Italie, Corea est toujours synonyme de "défaite lamentable". Et pourtant, dans son livre, Le dernier goulag, qui vient d'être traduit en italien, l'écrivain français, Pierre Rigoulot révèle aux Transalpins ce qu'ont enduré les auteurs de la plus cuisante...

19 juillet 1966, Middlesbrough. La Corée du Nord bat l'Italie (1-0) et l'élimine de la Coupe du Monde. 35 ans plus tard, en Italie, Corea est toujours synonyme de "défaite lamentable". Et pourtant, dans son livre, Le dernier goulag, qui vient d'être traduit en italien, l'écrivain français, Pierre Rigoulot révèle aux Transalpins ce qu'ont enduré les auteurs de la plus cuisante des gifles infligées à la Squadra Azzurra. Deux "Moustiques Rouges" furent les vedettes de cette rencontre. Pak Seung Jin qui, à la 34e, blessa gravement Bulgarelli, l'Italie se retrouvant de ce fait à dix et Pak Doo Ik qui, à la 42e, inscrivait le but de la victoire. Ce soir-là, les Coréens décidèrent de rompre avec la rigueur de la dictature communiste de Kim II Sung. Ils choisirent de fêter cette victoire historique avec des femmes, de l'alcool et de la musique. Ce fut une nuit sans fin dont les joueurs ne se remirent pas vraiment. Deux jours plus tard, contre le Portugal, ils menèrent 3-0 avant de s'écrouler (5-3). Ils pouvaient rentrer à la maison. Quand ils arrivèrent à Pyongyang, les vedettes furent accueillies par l'armée. Kim II Sung n'avait pas apprécié la façon dont ses joueurs avaient fêté leur victoire: "C'était une manière bourgeoise, réactionnaire et corrompue par l'Occident, indigne d'un Etat communiste. La fête suivie de l'écroulement contre le Portugal a humilié le pays bien plus que la victoire sur l'Italie ne l'avait exalté". Tous les joueurs furent condamnés aux travaux forcés excepté Pak Doo Ik qui, cloué au lit par une gastrite, n'avait pas participé à la fiesta. Pak Seung Jin se retrouva à Yodok, un des centres d'internement les plus durs puisqu'on y casait les irrécupérables, les chrétiens, les capitalistes et les agents américains. Un jour, Pak fut accusé d'avoir volé des clous et se retrouva aux arrêts de rigueur. Pendant trois mois, il dut passer la journée à genoux, les mains sur les cuisses, sans bouger, sans parler et sans se plaindre. Sans manger non plus. Alors pour se nourrir, il ne lui restait qu'à avaler les insectes qui volaient autour de sa tête. Horrible. Surtout quand on sait que ceci n'est encore que la partie la moins dure du récit!