Juin 2003. Justine Henin s'apprête à disputer sa première finale de Grand Chelem à Roland Garros. Sous un parasol de la télévision américaine CBS, John McEnroe a sa tête des bons jours. Il sourit, salue les gens à la pelle et s'extasie devant le jeu de la Belge : " Justine a le plus beau revers du circuit. Ce coup est extraordinaire chez elle, tellement naturel. C'est magnifique à regarder ! "
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Juin 2003. Justine Henin s'apprête à disputer sa première finale de Grand Chelem à Roland Garros. Sous un parasol de la télévision américaine CBS, John McEnroe a sa tête des bons jours. Il sourit, salue les gens à la pelle et s'extasie devant le jeu de la Belge : " Justine a le plus beau revers du circuit. Ce coup est extraordinaire chez elle, tellement naturel. C'est magnifique à regarder ! " Août 2005. Toujours aussi pointu sur le sport qui lui a tout donné et à qui il a tant apporté, le New-Yorkais donne ses prévisions à la veille de l'US Open, un tournoi qu'il a remporté à quatre reprises au cours de sa carrière, de 1979 à 1984, l'année où il a tout gagné, à l'exception de Roland Garros : " Kim Clijsters va gagner ! Elle a prouvé cet été qu'elle n'avait pas de concurrence. Même Justine n'a pas pu rivaliser avec elle en finale à Toronto. C'est du tout cuit ! " McEnroe, c'est New York. Il a passé toute sa jeunesse sauf sa première année à Long Island et possède aujourd'hui un appartement sur Central Park West. Il a même lancé sa propre galerie d'art dans Big Apple. Fan de rock (il a épousé la chanteuse Patty Smith en 1997 après son divorce d'avec Tatum O'Neal), il passe son temps libre à gratter de la guitare et à jouer sur le circuit senior. Outre son prodigieux toucher de balle de gaucher inventif, la gouaille de Big Mac reste célèbre. Déjà sur le court, où il fut n°1 mondial de 1981 à 1984, l'enfant terrible du tennis n'hésitait pas à insulter les arbitres et à toiser ses adversaires du regard, histoire de leur ajouter un surcroît de pression. McEnroe refusait de perdre. Il ne donnait aucune victoire. Son adversaire devait suer à grosses gouttes pour aller la chercher. Ses duels avec JimmyConnors, autre sale gosse, ont profondément marqué la première moitié des années 80. Aujourd'hui, dans un circuit aseptisé où le niveau de jeu s'est certes fortement amélioré mais où tous les joueurs se ressemblent, on regrette cette grande rivalité d'antan. Perché dans sa cabine de commentateur de CBS, aux avant-postes du court Arthur Ashe, John McEnroe s'apprête à faire vivre aux téléspectateurs d'outre- Atlantique un nouvel US Open qu'il espère riche en émotions. Il aime des joueurs comme Marat Safin, le Russe au caractère imprévisible, ou Lleyton Hewitt, le kid australien prêt à mourir sur un terrain. Et Roger Federer, l'homme qui régale les foules par la seule grâce de sa raquette, magique. Le costume cravate a remplacé la tenue Tacchini et la raquette Wilson en bois (puis en composite noir) a cédé le relais au micro et au casque du commentateur. Le bandeau qui retenait jadis son imposante chevelure bouclée n'existe plus aujourd'hui. Le poil s'est fait plus rare et est coupé ras, comme chez ces teckels toujours prêts à aboyer. Né en Allemagne, à Wiesbaden où son père, un soldat américain, était caserné, McEnroe a fait irruption (ou éruption...) dans l'univers du tennis professionnel à 18 ans. A Roland Garros, il remporte le premier de ses 17 titres du Grand Chelem (7 en simple) : le double mixte aux côtés de Mary Carillo, autre éminente journaliste chez CBS. Dans la foulée, le jeune homme se rend à Wimbledon pour les qualifications. Il en sort vainqueur et poursuit sa route jusqu'en... demi-finales où il s'incline en quatre sets contre Connors. Deux ans plus tard, en 1979, il remporte son premier US Open à l'âge de 20 ans, ce qui en fait le plus jeune lauréat de Flushing Meadows depuis Pancho Gonzalez 31 ans plus tôt. Ce succès, McEnroe le forge à la force du poignet et de sa vision du jeu, qu'il a brillants, et de son caractère. Deux mois plus tôt, à Wimbledon, les tabloïds anglais l'ont affublé du surnom Superbrat (sale gosse doué). Les journalistes ont tous trempé leur plume dans le vitriol pour décrire celui qui adopte une attitude détestable. Dans le salon des joueurs du All England Club, il est aperçu en train de manger les traditionnelles fraises à la crème avec... les mains. Aucun savoir-faire ! Plus il avait les gens contre lui, mieux il jouait. Le duel contre Bjorn Borg en 1980 à Wimbledon (et ce fameux tie-break remporté 18-16 par l'Américain après avoir sauvé 5 balles de match) est passé dans la légende. Finalement battu en cinq manches par un Suédois indestructible, McEnroe prendra sa revanche un an plus tard, mettant fin à une série de 41 victoires de Borg sur gazon, et précipitant la fin de carrière de celui-ci. McEnroe, c'est aussi l'artiste qui fit chanter le double aux côtés de Peter Fleming, son compagnon de toujours, ainsi que la Coupe Davis durant laquelle il rendit d'inestimables services à la bannière étoilée. " Lorsque j'étais gamin, ma mère m'a fait promettre de toujours jouer pour mon pays si on m'appelait "... Florient Etienne" Ma mère m'avait fait promettre de TOUJOURS JOUER POUR LES ÉTATS-UNIS si on m'appelait "