Les huitièmes de finale de la Ligue des Champions ont donné lieu à beaucoup de duels très serrés et les éliminations de Barcelone, tenant du titre, et du Real Madrid se sont décidées grâce à la règle du but marqué à l'extérieur. Valence, le troisième club espagnol, a pu bénéficier de ce décompte pour écarter l'Inter. Cependant, c'est la confrontation entre le Bayern Munich et le Real Madrid qui a retenu particulièrement mon attention. Le résultat à l'aller laissait entrevoir un match plein de suspens mais le but - le plus précoce de l'histoire - par Roy Makaay a complètement changé la donne. Ce goal tombé après dix secondes de jeu a permis au Bayern de gérer les évén...

Les huitièmes de finale de la Ligue des Champions ont donné lieu à beaucoup de duels très serrés et les éliminations de Barcelone, tenant du titre, et du Real Madrid se sont décidées grâce à la règle du but marqué à l'extérieur. Valence, le troisième club espagnol, a pu bénéficier de ce décompte pour écarter l'Inter. Cependant, c'est la confrontation entre le Bayern Munich et le Real Madrid qui a retenu particulièrement mon attention. Le résultat à l'aller laissait entrevoir un match plein de suspens mais le but - le plus précoce de l'histoire - par Roy Makaay a complètement changé la donne. Ce goal tombé après dix secondes de jeu a permis au Bayern de gérer les événements. Au vu du retour, la qualification des Bavarois est cent fois méritée et sans quelques arrêts d' Iker Casillas, l'addition aurait pu être plus lourde pour les Espagnols. L'axe central de la défense composé d' Ivan Helguera et de Sergio Ramos a été plus d'une fois mise en difficulté, notamment sur des ballons de contre-attaque très profonds et passés bien souvent entre les deux joueurs. Cette paire centrale a montré des faiblesses dans le coaching mutuel mais également dans la vitesse de course pure et simple. Ottmar Hitzfeld avait conservé son système traditionnel qui est un 4-4-2 classique avec un losange dans le milieu du jeu en possession de balle opposé au triangle du Real, qui a en partie perdu le match dans ce compartiment du jeu. En perte de balle, Lucas Podolski décrochait dans l'entrejeu, ce qui permettait aussi à Mark van Bommel de se rapprocher du demi récupérateur Owen Hargreaves. La double occupation des flancs des Munichois a posé énormément de problèmes à l'organisation du Real et les participations offensives de Willy Sagnol et de Philipp Lahm ont déstabilisé le onze castillan. Fabio Capello a d'ailleurs réagi très tôt dans le match en faisant monter Guti à la place d'un Emerson très effacé. Du coup, le déséquilibre sur les côtés a été à moitié compensé par le coach italien, qui a positionné Guti sur la gauche. A la mi-temps, l'entraîneur a effectué son deuxième changement en remplaçant l'invisible GonzaloHiguain par Antonio Cassano. Le travail défensif des trois attaquants madrilènes fut insuffisant et a placé très souvent le milieu de terrain espagnol en situation d'infériorité numérique. Cela explique en grande partie la meilleure gestion du match des Allemands. Il est marqué après seulement dix secondes de jeu alors que c'est le Real qui donne le coup d'envoi du match. Higuain met en jeu en donnant à Ruud vanNistelrooy. Le Néerlandais sert calmement Fernando Gago, qui prend son temps. Podolski et Makaay exercent directement le pressing sur l'Espagnol, qui commet l'erreur de donner un ballon latéral alors qu'une passe vers l'avant voire vers l'arrière en direction de ses défenseurs centraux ou de son gardien, aurait été plus appropriée. Roberto Carlos, qui reçoit cette passe, rate complètement son contrôle sous la pression d' Hasan Salihamidzic. Le Bosniaque déborde le brésilien et sert dans le rectangle Makaay qui ne se fait pas prier pour ouvrir le score. La défense est mise complètement hors position alors que les madrilènes sont à 5 contre 3 ! Même si le Real ne méritait pas de passer en quarts de finale, on peut dire que les hommes de Capello ont été pris à froid et qu'ils n'étaient pour la plupart pas encore vraiment dans le match au moment de la mise en jeu. Cela leur a probablement coûté la qualification.par étienne delangre