Le calme règne à Hilsbach, une commune de quelque 2.300 âmes. Koen Casteels y habite un appartement, en face de l'église protestante Michael, non loin de la maison communale de style baroque et de l'ancien quartier juif. La neige tombe à petits flocons, il gèle mais le gardien nous réchauffe rapidement par sa convivialité et toute sa passion.
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Le calme règne à Hilsbach, une commune de quelque 2.300 âmes. Koen Casteels y habite un appartement, en face de l'église protestante Michael, non loin de la maison communale de style baroque et de l'ancien quartier juif. La neige tombe à petits flocons, il gèle mais le gardien nous réchauffe rapidement par sa convivialité et toute sa passion. Signe de sa modestie, Casteels est le seul joueur étranger à avoir jeté son dévolu sur ce hameau sis au milieu de prairies traversées par de petites routes sinueuses. La plupart de ses collègues ont préféré Heidelberg, la célèbre cité universitaire, qui allie prestige et histoire, à vingt kilomètres de là. " Je mène une vie indépendante assez agréable dans cet environnement ", confie le gardien, originaire de Betekom, dans le Brabant flamand. " Je ne suis qu'à un quart d'heure en voiture du complexe d'entraînement de Zuzenhausen et à dix minutes du stade. Les gens ici sont très serviables et ils ne subissent pas l'agitation inhérente aux villes. J'écoute beaucoup de musique. J'ai acheté un set-dj et je mixe de la house. De temps en temps, je sors avec un de mes coéquipiers, Stefan Thesker, qui a joué six ou sept ans au FC Twente et parle le néerlandais. " Hilsbach est une entité de la ville de Sinsheim. La commune n'est qu'une tête d'épingle sur la carte d'Allemagne. Située dans le Bade-Wurtemberg, dans le triangle formé par Mannheim, Francfort et Stuttgart, elle offre un paysage de collines et de prairies. N'attendez pas trop de Hoffenheim, qui fait également partie intégrante de Sinsheim. En 500 mètres, vous êtes sur la rue principale, qui est d'ailleurs la seule grande artère. Sa principale curiosité est la maison de Heribert Breuning, qui a perdu un pari après la montée, à la fin de la saison 2007-2008, et s'est vu contraint de peindre sa façade en bleu et blanc - les couleurs du club. Le supporter a fait placer le logo du TSG 1899 Hoffenheim au-dessus de sa porte de garage et le drapeau du club flotte à la fenêtre de sa salle de bains. " Je pensais qu'Hoffenheim était plus grand ", reconnaît Casteels. " Il n'y a pas grand-chose mais la Rhein-Neckar-Arena est bien placée, à la sortie de l'autoroute. Nous accueillons un nombre incroyable de supporters alors que le village ne recense que 3.500 habitants. Notre stade, inauguré en janvier 2009, peut accueillir plus de 30.000 personnes et nous faisons souvent salle comble. " En arrivant à Hoffenheim, on découvre d'emblée les symboles du club local. L'académie des jeunes est située un rien plus bas, dans une zone d'habitations, dont la plupart sont des bâtiments colorés du Moyen-Âge. Le coeur du village est ceint de ruelles étroites, autour de deux églises. Une vieille dame s'adresse à Casteels et lui montre une fenêtre décorée par toutes sortes d'articles de merchandising. Parmi eux, une photo de son prédécesseur Tom Starke, le préféré du public, qui a toutefois préféré devenir la doublure de Manuel Neuer au Bayern l'été dernier. " Tu peux aller aussi loin que lui, nous en sommes convaincus ", confie-t-elle à notre compatriote. Casteels opine. Les projecteurs du Dietmarr-Hopp-Stadion se détachent à l'horizon. " J'ai joué là mon premier match à domicile avec les U23 la saison dernière. On ne l'utilise plus maintenant que pour les espoirs et les dames ", explique Casteels. " C'est un stade convivial de 6.000 places qui occupe une place importante dans l'histoire du club. " Casteels fait allusion au conte de fées qu'a vécu Hoffenheim durant la saison 2008-2009. Le promu a développé un football sans complexes, sous la direction de Ralf Rangnick, et a été champion d'automne avant de terminer septième, après un second tour désastreux. Hoffenheim a assuré son maintien en terminant onzième les trois saisons suivantes, devant une assistance moyenne de 29.195 personnes. Le club bouillonne d'ambition, bien qu'il soit engagé dans une spirale négative avec quatre entraîneurs et autant de managers depuis 2010. On a l'impression que la potion magique est épuisée. Le service de presse emploie toujours cinq personnes à temps plein et le 18 septembre, Hoffenheim a engagé un nouveau manager sportif, Andreas Müller (ex-Schalke 04). Au classement des budgets, avec 33 millions, Hoffenheim est neuvième de Bundesliga. Quand Casteels nous conduit au Dietmar-Hopp-Sportpark de Zuzenhausen, nous prenons la mesure du professionnalisme qui entoure le gardien. C'est un bijou, dont le coût a été complètement assumé par Dietmar Hopp, son bienfaiteur. Il a conservé le château et les écuries adjacentes mais a érigé un bâtiment moderne pour l'administration à côté des courts de tennis. Le noyau A compte 34 joueurs d'un âge moyen de 24 ans. Il dispose d'un terrain chauffé parfaitement entretenu. Peu avant l'entraînement du matin, trois membres du personnel s'affairent à combler des trous microscopiques. Les joueurs en rééducation disposent de deux piscines dont le sol peut être rehaussé. La salle de fitness est impressionnante et le préparateur physique dispose même d'une piste spéciale pour tester la vitesse des footballeurs. Rien n'est laissé au hasard. Sept supporters assistent à l'entraînement, dans un coin de la tribune fermé et placé sous surveillance vidéo. Parmi eux, un journaliste et un photographe du quotidien Bild, manifestement à l'affût d'une nouvelle croustillante, puisque le club vit des temps difficiles sur le plan sportif. Après 17 journées, il est antépénultième et semble condamné à lutter contre la rétrogradation. L'ambiance est d'ailleurs tendue quand Tobias Weis, international à une seule reprise, renvoyé en amateurs mais gracié par l'entraîneur intérimaire, Frank Kramer, se voit poser quelques questions acérées. Après une séance d'une heure et demie, un supporter appelle Casteels : il lui offre une version Play mobil d'un gardien dans son but. Hoffenheim n'a grappillé que douze points et a encaissé 41 buts, alors qu'il visait le top six en début de saison. Malgré ce résultat décevant, Casteels est plutôt satisfait. " J'ai effectué le bon choix et cette aventure me plaît beaucoup. Je ne m'attendais pas à recevoir ma chance contre Hanovre mais j'étais prêt. J'ai déjà marqué des points et j'ai l'impression que le club est pleinement satisfait de mon apport. Il me fait vraiment confiance. Quand j'ai signé pour quatre ans, en juillet 2011, je comptais gravir un échelon supplémentaire chaque saison. Je suis donc ravi qu'à mi-chemin de ma deuxième année, tant Markus Babbel (ex-coach) que Frank Kramer me considèrent comme un titulaire. J'espère pouvoir convaincre rapidement notre nouvel entraîneur, Marco Kurz, de mes capacités, après la trêve hivernale. Pour le moment, je suis certainement à la hauteur de Tim Wiese. Nous devons toutefois améliorer notre stabilité défensive car nous encaissons trop de buts sur les phases arrêtées comme en perdant trop de ballons. Sur les coups francs et les corners, il y a toujours quelqu'un qui laisse filer son homme. Je suppose que le club va embaucher un médian défensif et un défenseur central pendant le mercato. " Casteels compte poursuivre son aventure en Bundesliga, même si la presse belge l'a associé au Club Bruges. " C'est agréable à lire et à entendre mais le championnat d'Allemagne me paraît être idéal pour continuer à progresser et à devenir un titulaire incontesté. Je dois compléter mon registre. Pour le moment, je m'accorde sept sur dix. Malgré les nombreux buts encaissés lors des quatre derniers matches, je n'ai pas commis de gaffe. Je suis concentré, je ne me laisse pas distraire par les moins bonnes prestations collectives de l'équipe ni les erreurs de certains. Genk me faisait essentiellement travailler la technique et le positionnement sur les hauts ballons tandis qu'Hoffenheim se concentre plutôt sur le travail court, la vitesse de réaction, les réflexes. De toute façon, les championnats d'Allemagne et d'Angleterre sont parmi les meilleurs d'Europe, la vitesse d'exécution y est élevée et la qualité du jeu va de pair avec une attention médiatique plus intense et beaucoup d'animation. Je suis vraiment heureux ici, d'autant que je gagne la considération des gens. Cela m'a fait quelque chose de voir Filip De Wilde, mon entraîneur en espoirs belges, faire 500 kilomètres pour me visionner lors du déplacement à Stuttgart. Nous sommes tous deux des perfectionnistes, des gens très critiques. C'est nécessaire car au plus haut niveau, ce sont les détails qui font la différence. Je suis entouré des maîtres parfaits. " FPAR RÉDÉRIC VANHEULE - PHOTOS: IMAGEGLOBE" Nous avons encaissé beaucoup de buts mais je n'ai pas gaffé. "