A 21 ans, Silvio Proto vient donc de jouer son centième match en D1 ! Il faut dire que, depuis ses débuts à La Gantoise le 29 septembre 2001 - à 18 ans ! - sous l'ère finissante du Français Daniel Leclercq, sa progression a été fulgurante ! En termes de précocité, Silvio est à la Belgique ce qu'un IkerCasillas est à l'Espagne : un enfant prodige.
...

A 21 ans, Silvio Proto vient donc de jouer son centième match en D1 ! Il faut dire que, depuis ses débuts à La Gantoise le 29 septembre 2001 - à 18 ans ! - sous l'ère finissante du Français Daniel Leclercq, sa progression a été fulgurante ! En termes de précocité, Silvio est à la Belgique ce qu'un IkerCasillas est à l'Espagne : un enfant prodige. Michel Piersoul le repère en fin de deuxième année scolaire. Sur son insistance, Marc Grosjean l'intègre à l'essai au noyau A. Il ne le quittera plus. Piersoul est convaincu de détenir un surdoué. Il va dès lors lui imposer un programme intense de préparation physique et technique qui lui fera franchir toutes les étapes de sa formation à la vitesse de l'éclair. Cinq ans plus tard, Silvio est là et bien là ! Il est devenu notre meilleur gardien. Sa réputation a largement dépassé nos frontières. Chaque semaine, les grands clubs européens se déplacent pour le visionner. Son contrat à la RAAL expire en 2006. Mais chacun s'attend à ce qu'il s'en aille dès la fin de la présente saison. Une des destinations la plus souvent citée, ces derniers temps, est le PSG. C'est vrai qu'on a souvent vu Alain Roche et Jean-Michel Moutier dans les travées du Tivoli. Or, Lionel Letizi sera en fin de contrat en juin 2005. A vrai dire, Silvio ne veut pas partir absolument. Surtout pas n'importe où ! Il joue dans un club qui se porte bien et surtout qui lui permet de se mettre en évidence chaque semaine. Il est conseillé par un staff d'une extrême compétence. S'il part, c'est pour faire un nouveau pas en avant et donc être le premier là où il ira. Je pense qu'il doit réfléchir à deux fois avant de s'exiler trop jeune dans un championnat étranger. Sa priorité, selon moi, doit être de conquérir définitivement la place de gardien de notre équipe nationale. Pour cela il faut jouer chaque semaine et devenir incontournable aux yeux du sélectionneur national. S'imposer sans la moindre discussion. Pas question d'aller faire banquette dans un grand club comme doublure de luxe. La solution idéale, si ce n'était une question de prix de transfert, serait de transiter par Anderlecht par exemple, Bruges ou le Standard. Ce serait l'itinéraire idéal pour asseoir définitivement sa suprématie en Belgique et sa renommée à l'étranger... Si je n'hésite pas à prendre mes responsabilités dans l'évaluation des qualités d'un joueur de champ, je suis autrement circonspect quand il s'agit de m'attaquer au profil d'un gardien. Je laisse ce soin aux vrais spécialistes en la matière. Car il faut, selon moi, avoir été gardien pour bien en juger un autre. Mais ce que je peux, en revanche, vous dire c'est que, sur le plan de la mentalité, de la personnalité et du caractère, Proto est d'une rare consistance ! Dès la première poignée de main, on sent qu'on a affaire à quelqu'un de franc et qui vous regarde droit dans les yeux. Je trouve d'ailleurs que le développement de sa personnalité est allé de pair avec son épanouissement de footballeur. Silvio ne se dérobe jamais face à ses responsabilités. Toujours désireux de progresser dans tous les domaines, ouvert à la vie et au savoir, d'une grande maturité sociale ; il n'a cessé de prendre de l'assurance. Bon garçon, pas rancunier pour un sou. Il a appris tout petit à respecter les autres mais aussi à se faire respecter. On se souvient qu'il avait rompu unilatéralement son contrat pour aller jouer à Vicenza. Aujourd'hui encore, il regrette ce geste. Mais les regrets ne servent à rien. Une faute n'est effacée que si elle engendre un changement d'attitude et de comportement. Et ce fut le cas : un autre Silvio est né de cette aventure ! Plus responsable, plus sage, plus indépendant de son entourage, plus confiant en lui. Aujourd'hui je crois avoir décelé ce qui a fait et fera toujours sa force : sa capacité d'entendre les critiques, de les accepter et, s'il les juge pertinentes, de ne jamais hésiter à se remettre en question. Un grand talent ne peut croître que dans la modestie ! par André RemyIl faut AVOIR éTé GARDIEN pour bien en juger un autre