Le match entre la Russie et les Pays-Bas proposait un des grands favoris du tournoi qui avait surclassé le groupe de la mort avec une qualité de jeu et une efficacité hors du commun. Mais la position de l'outsider plaçait cette équipe russe dans une situation idéale, lui permettant d'exploiter au mieux ses qualités d'équipe imprévisible et surprenante. Et c'est de manière tout à fait méritée que les hommes de Guus Hiddink ont éliminé ceux de Marco van Basten.
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Le match entre la Russie et les Pays-Bas proposait un des grands favoris du tournoi qui avait surclassé le groupe de la mort avec une qualité de jeu et une efficacité hors du commun. Mais la position de l'outsider plaçait cette équipe russe dans une situation idéale, lui permettant d'exploiter au mieux ses qualités d'équipe imprévisible et surprenante. Et c'est de manière tout à fait méritée que les hommes de Guus Hiddink ont éliminé ceux de Marco van Basten. La Russie, qui utilise le plus de joueurs évoluant dans sa compétition domestique avec le seul Ivan Saenko (Nuremberg), développe un football total et nous fait un peu penser à la grande équipe du Dynamo de Kiev. Dans les années 80, le Dynamo fournissait la plupart des titulaires du team de l'URSS qui avait atteint la finale de l'Euro 88 contre les Pays-Bas, précisément. L'entraîneur hollandais de l'équipe russe a choisi d'évoluer dans un système en 4-1-4-1 avec dans les buts Igor Akinfeev, une défense avec de droite à gauche, Aleksandr Anyukov, Sergei Ignashevich, Denis Kolodin et Yuri Zhirkov, dans l'entrejeu, le capitaine Sergei Semak comme seul demi récupérateur, IvanSaenko à droite, Igor Semshov au centre et Konstantin Zyrianov à gauche. Le poison Andrei Arshavin se positionne derrière le seul attaquant de pointe Roman Pavlyuchenko. On pourrait considérer Arshavin comme un attaquant de pointe et cela deviendrait alors un 4-4-2 mais son rôle d'électron derrière et autour du seul avant le qualifie plus de soutien d'attaque et donc de milieu. 1. Les 4 défenseurs, en perte de balle, protègent un des meilleurs gardiens au monde mais surtout, participent très activement à la construction et aux actions offensives de manière très diversifiée. Les latéraux apportent des solutions de dédoublement et de débordement surtout en ce qui concerne l'arrière gauche Zhirkov qui se charge également de beaucoup de phases arrêtées, principalement du côté droit pour leur donner des trajectoires rentrantes. Les défenseurs centraux montent sur phases arrêtées et le central gauche Kolodin, qui est droitier, possède une frappe de mule. 2. Au milieu, le capitaine et demi défensif Semak joue à merveille son rôle d'essuie-glaces en perte de balle mais n'hésite pas à participer au jeu offensif. On l'a vu, chose très rare pour un numéro 6, déborder à plusieurs reprises, notamment côté gauche et c'est lui qui délivre le centre sur le premier but inscrit par Pavlyuchenko. Saenko, Semshov et Zyrianov permutent leurs positions et s'ils ne sont pas les préparateurs, se présentent quasiment systématiquement dans les 16 mètres adverses. 3. Mais l'animation offensive repose aussi et surtout sur les épaules du duo Arshavin-Pavlyuchenko. Redoutable infiltreur qui, par ses dribbles et sa vitesse, est très fort dans les 1 contre 1, le premier est un perpétuel danger. Le centre-avant a plus le gabarit du pivot et excelle en tant que tel mais varie énormément son jeu en étant le finisseur de rectangle mais aussi en créant des brèches par des appels de balle vers les flancs quand des espaces s'y libèrent. Sa puissance physique fait alors merveille. La Russie est très complète et les spécialistes craignent la faiblesse de leur banc. Mais c'est pourtant le remplaçant Dimitri Torbinsky qui a marqué le but décisif. 1. La récupération du ballon se fait parfois beaucoup trop bas. C'est peut-être dû à la présence d'un seul demi récupérateur. Le bloc équipe est très bien en place défensivement mais le pressing ne se fait pas toujours à bon escient. Il faut repartir de loin et c'est alors plus difficile et plus éprouvant physiquement d'amener le danger devant le but adverse. Par contre, la qualité des contre-attaques fait que dans certaines circonstances, cette petite lacune peut devenir un formidable atout. 2. La faiblesse sur phases arrêtées sur les flancs pourrait leur être fatal au moment du décompte final. Offensivement, cela manque un peu de puissance athlétique sur corners et sur coups francs latéraux. Mais le point le plus négatif se situe sur les phases arrêtées excentrées adverses. La ligne défensive se place trop bas à l'intérieur du rectangle au moment du botté et quand le ballon est parti, l'ensemble de l'équipe défend très mal. Les joueurs éprouvent les pires difficultés à défendre vers leur but et gèrent très mal les 3 paramètres que ce sont le ballon, l'adversaire et le but. Le positionnement tactique par rapport à ces 3 éléments est on ne peut plus déficient. Exemple : le but de la tête de van Nistelrooy.