On peut avoir été un entraîneur reconnu, avoir accumulé les succès avec le PSG dans les années 1980, avec Liverpool au début des années 2000, avec l'Olympique Lyonnais de Jean-Michel Aulas un peu plus tard, avoir consacré une partie de sa carrière à oeuvrer dans l'ombre, à la Fédération Française de Fo...

On peut avoir été un entraîneur reconnu, avoir accumulé les succès avec le PSG dans les années 1980, avec Liverpool au début des années 2000, avec l'Olympique Lyonnais de Jean-Michel Aulas un peu plus tard, avoir consacré une partie de sa carrière à oeuvrer dans l'ombre, à la Fédération Française de Football puis, bien plus tard, au sein de la galaxie Red Bull et quitter la planète football en ne laissant derrière soi que le souvenir amer de la non-qualification de ses Bleus pour le Mondial 1994. Avant d'être un grand coach, Gérard Houllier a été un trauma. Celui du trou noir dans lequel l'équipe de France allait s'engouffrer en novembre 1993, au sortir d'une campagne de qualifications désastreuse, ponctuée par deux défaites surprises à domicile contre Israël et la Bulgarie. Une saillie vengeresse envers David Ginola et un zéro sur six en forme de bulletin pour l'éternité, pour un coach qui, malgré les succès acquis par la suite, restera au yeux de la France, l'homme d'un échec. Âgé de 73 ans, Gérard Houllier est parti alors qu'il venait de regagner son domicile après avoir subi une nouvelle opération de l'aorte, deux décennies après la dissection de celle-ci, le 13 octobre 2001, juste avant un match de Liverpool, club qu'il entraînait alors. Ce jour-là, le Français s'était fait très peur. Et avait rappelé à la France du foot qu'un entraîneur français blacklisté dans l'Hexagone sévissait toujours outre-Manche. C'était, déjà, le temps du grand pardon.