Si nous devions relater tous les incidents à caractère raciste qui se sont produits en Angleterre la saison dernière, il n'y aurait pas assez de pages dans ce magazine. Selon Kick It Out, une organisation britannique qui entend lutter contre le racisme et la discrimination, 274 incidents racistes auraient été répertoriés la saison dernière dans le football anglais, de la division la plus basse jusqu'à la Premier League. C'est une augmentation de 43% par rapport à la saison précédente (192). Les cas de discrimination - dont l'antisémitisme, l'islamophobie et l'homophobie - ont augmenté de 12% : de 520 à 581. Parmi tous ces cas de discrimination, 159 trouvaient leur origine sur les réseaux sociaux. Le racisme y est aussi très présent avec 62%.

Paul Pogba en a fait l'amère expérience il y a dix jours, lorsqu'il a loupé un penalty contre Wolverhampton Wanderers, ce qui a contraint Manchester United au partage 1-1. Sur Twitter, le milieu de terrain français a directement eu droit à quelques messages racistes. En une semaine, il était déjà le troisième joueur de Premier League à être visé, après Tammy Abraham (Chelsea) et Yakou Méïté (Reading), eux aussi victimes de racisme sur Twitter. Chaque fois, les clubs concernés ont condamné ces actes. Certains joueurs, comme Harry Maguire et Marcus Rashford, ont pris la défense de leur équipier sur les réseaux sociaux et s'en sont pris aux racistes. Manchester United va tenter d'identifier les coupables, mais c'est parfois compliqué. Les tweets racistes adressés à Méïté avaient, par exemple, été adressés par un certain saw-pyay-htoo, un compte enregistré à Singapour et effacé entre-temps.

Méïté a réagi en partageant les tweets sur son compte Instagram, qui affiche 35.000 abonnés. " J'étais très fâché, je voulais donc montrer à ces gens ce que nous, joueurs, devons parfois subir ", a-t-il expliqué. " Les gens pensent qu'ils peuvent dire tout ce qu'ils veulent, mais ça aussi, c'est du racisme. Bien sûr, ils n'oseraient jamais me dire tout ça en face. Ils se cachent derrière Instagram ou Facebook, et c'est aussi pour cela que j'ai posté ces messages. "

Entre-temps, Twitter a également décidé d'agir. Des représentants du site se réuniront prochainement avec Kick It Out et Manchester United afin de regarder ce qui peut être entrepris, concrètement. " Les comportements racistes n'ont pas leur place sur notre plateforme, et nous les condamnons fermement ", a fait savoir la société à l'oiseau bleu. Facebook (qui est propriétaire d' Instagram) a déjà annoncé qu'il allait " beaucoup investir dans le développement d'outils et de technologie pour éviter de tels agissements ".

C'est bien beau, mais Phil Neville, ancien joueur de Man United et aujourd'hui sélectionneur de l'équipe nationale féminine anglaise, veut essayer autre chose : " Je me demande ce qu'il se passerait si la communauté du football envoyait un signal fort et se distanciait des réseaux sociaux. Pour six mois, par exemple. On verrait alors quel effet ça produirait sur ces entreprises. " À suivre.

Si nous devions relater tous les incidents à caractère raciste qui se sont produits en Angleterre la saison dernière, il n'y aurait pas assez de pages dans ce magazine. Selon Kick It Out, une organisation britannique qui entend lutter contre le racisme et la discrimination, 274 incidents racistes auraient été répertoriés la saison dernière dans le football anglais, de la division la plus basse jusqu'à la Premier League. C'est une augmentation de 43% par rapport à la saison précédente (192). Les cas de discrimination - dont l'antisémitisme, l'islamophobie et l'homophobie - ont augmenté de 12% : de 520 à 581. Parmi tous ces cas de discrimination, 159 trouvaient leur origine sur les réseaux sociaux. Le racisme y est aussi très présent avec 62%. Paul Pogba en a fait l'amère expérience il y a dix jours, lorsqu'il a loupé un penalty contre Wolverhampton Wanderers, ce qui a contraint Manchester United au partage 1-1. Sur Twitter, le milieu de terrain français a directement eu droit à quelques messages racistes. En une semaine, il était déjà le troisième joueur de Premier League à être visé, après Tammy Abraham (Chelsea) et Yakou Méïté (Reading), eux aussi victimes de racisme sur Twitter. Chaque fois, les clubs concernés ont condamné ces actes. Certains joueurs, comme Harry Maguire et Marcus Rashford, ont pris la défense de leur équipier sur les réseaux sociaux et s'en sont pris aux racistes. Manchester United va tenter d'identifier les coupables, mais c'est parfois compliqué. Les tweets racistes adressés à Méïté avaient, par exemple, été adressés par un certain saw-pyay-htoo, un compte enregistré à Singapour et effacé entre-temps. Méïté a réagi en partageant les tweets sur son compte Instagram, qui affiche 35.000 abonnés. " J'étais très fâché, je voulais donc montrer à ces gens ce que nous, joueurs, devons parfois subir ", a-t-il expliqué. " Les gens pensent qu'ils peuvent dire tout ce qu'ils veulent, mais ça aussi, c'est du racisme. Bien sûr, ils n'oseraient jamais me dire tout ça en face. Ils se cachent derrière Instagram ou Facebook, et c'est aussi pour cela que j'ai posté ces messages. " Entre-temps, Twitter a également décidé d'agir. Des représentants du site se réuniront prochainement avec Kick It Out et Manchester United afin de regarder ce qui peut être entrepris, concrètement. " Les comportements racistes n'ont pas leur place sur notre plateforme, et nous les condamnons fermement ", a fait savoir la société à l'oiseau bleu. Facebook (qui est propriétaire d' Instagram) a déjà annoncé qu'il allait " beaucoup investir dans le développement d'outils et de technologie pour éviter de tels agissements ". C'est bien beau, mais Phil Neville, ancien joueur de Man United et aujourd'hui sélectionneur de l'équipe nationale féminine anglaise, veut essayer autre chose : " Je me demande ce qu'il se passerait si la communauté du football envoyait un signal fort et se distanciait des réseaux sociaux. Pour six mois, par exemple. On verrait alors quel effet ça produirait sur ces entreprises. " À suivre.