Il n'a que 23 ans mais il a déjà connu pas mal de déménagements. L'étiquette d'espoir du football français l'a gêné dans sa progression et c'est désormais dans notre capitale que Sofiane Zaaboub a posé ses crampons. Pas à l'ombre de Saint-Guidon comme il l'espérait en mai lorsqu'il passa des tests à Anderlecht mais non loin du Karreveld, dans l'autre club de Bruxelles. " Mes agents m'avaient conseillé de passer un test à Anderlecht mais le club recherchait un joueur plus expérimenté dans l'optique de la Ligue des Champions. Finalement, c'est le Brussels qui m'a rappelé et qui m'a fait signer immédiatement. Moi, je ne fais pas de différence. Je retrouve un club de l'élite dans un bon championnat ".
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Il n'a que 23 ans mais il a déjà connu pas mal de déménagements. L'étiquette d'espoir du football français l'a gêné dans sa progression et c'est désormais dans notre capitale que Sofiane Zaaboub a posé ses crampons. Pas à l'ombre de Saint-Guidon comme il l'espérait en mai lorsqu'il passa des tests à Anderlecht mais non loin du Karreveld, dans l'autre club de Bruxelles. " Mes agents m'avaient conseillé de passer un test à Anderlecht mais le club recherchait un joueur plus expérimenté dans l'optique de la Ligue des Champions. Finalement, c'est le Brussels qui m'a rappelé et qui m'a fait signer immédiatement. Moi, je ne fais pas de différence. Je retrouve un club de l'élite dans un bon championnat ". Avant d'aboutir au Brussels, Zaaboub a beaucoup bourlingué. Originaire de la banlieue parisienne, il rejoignit le centre de formation de Saint-Etienne à 15 ans. " Je savais ce que je voulais. Je désirais réussir. C'était un sacrifice mais il faut ce qu'il faut ". Dès sa première saison à l'ASSE, il intègre l'équipe de France de sa catégorie (-15 ans). Durant quatre saisons, il ne quitta pas le giron tricolore. " A Saint-Etienne, j'étais un peu le chouchou de Robert Nouzaret, l'entraîneur de l'équipe Première avec laquelle je m'entraînais dès l'âge de 16 ans ". Mais il n'évolua jamais en Première. Les années passaient et il ne voyait pas plus loin que l'horizon de la CFA. " C'est effrayant de voir le nombre de jeunes qui ne réussissent pas. Au départ, on était un groupe de 53 dans ma génération et aujourd'hui, je suis un des seuls à avoir signé comme professionnel. Le football, c'est TTC : travail, talent et chance. Et celle-ci arrive toujours à un moment de sa carrière ", ajoute-t-il. Pour lui, elle prit la forme de la Juventus Turin. " J'ai passé plusieurs tests en France, à Istres et à Marseille mais à chaque fois, Saint-Etienne bloquait la transaction en demandant des indemnités de formation trop élevées. Puis, je suis parti à la Juve en septembre 2002. Je devais y rester deux semaines mais après trois jours, je me suis blessé. Pourtant, j'avais eu de bons échos. Mais personne n'y croyait à Saint-Etienne. Lorsque je suis revenu, mon entraîneur Bertrand Reuzeau m'a dit û Les grands clubs, c'est pour les grands joueurs. Ce à quoi j'ai rétorqué û Et les petits clubs, c'est pour les petits entraîneurs. Une fois ma blessure totalement guérie, je suis retourné à Turin où j'ai laissé une bonne impression. Même à Marcello Lippi ". La Juventus lui proposa alors un contrat de trois ans et demi mais Saint-Etienne se montrait une nouvelle fois trop gourmand en demandant 90.000 euros par année prestée à Saint-Etienne (soit un total de 450.000 euros). Pour se défaire de l'emprise stéphanoise, Zaaboub va inventer tout un stratagème. " Je leur ai dit que cela s'était mal déroulé en Italie et que je stoppais le football pour des raisons familiales. Ce qui n'était pas vrai. Mais ils ont alors consenti à me libérer de mon contrat. Dès cet instant, j'ai pu reprendre le chemin de Turin ". Mais dans le Piémont, la donne avait évolué. " Les dirigeants ne m'ont plus fait la même offre. Ils me donnaient un pré-contrat de six mois suivi de trois ans de contrat. Ce que j'ai refusé. Ce n'était pas ce qui était prévu au départ. J'avais effectué toutes les démarches pour quitter Saint-Etienne et voilà comment on me traitait. Là, on m'a dit û La Juve, cela ne se refuse pas. On est même prêt à y venir à pied ". Zaaboub reprit alors son bâton de pèlerin et aboutit à Modène, alors pensionnaire de Série A italienne. " Je devais rester quatre jours en test mais après le deuxième, le club m'offrait un contrat de trois ans et demi. J'ai connu une adaptation difficile car on luttait pour se maintenir. Dans ce cadre-là, chaque match était important et lancer un défenseur de 19 ans dans le bain, c'était risqué. J'ai quand même disputé quelques rencontres de Coupe d'Italie et des matches amicaux. Quand j'ai vu que je devenais le troisième choix comme latéral gauche, au début de la deuxième saison, j'ai demandé à être prêté. J'ai alors pris la direction de Sora qui militait en Série C ". Cela ne se passa pas mieux qu'ailleurs. " J'étais la petite star de l'équipe mais les résultats ne suivaient pas. Après dix journées, on n'avait pas encore connu la victoire. Un nouvel entraîneur est arrivé avec un milieu gauche et un latéral gauche dans ses bagages. De plus, je pensais que j'étais en prêt gratuit mais ce n'était pas le cas. Il s'agissait d'un deal, d'une copropriété 50-50. A la fin de la saison, les deux équipes inscrivaient une somme sur une enveloppe et c'est la formation qui indiquait la plus grosse somme qui repartait avec le joueur. Je m'étais donc fait rouler dans la farine. J'ai résilié mon contrat mais on m'a privé de salaires et on m'a fait de faux chèques. Je suis d'ailleurs toujours en procès devant l'UEFA contre Sora et cela n'a pas l'air d'avancer ". Malgré tous ces déboires, Zaaboub conservait son agent. " J'ai essayé de m'en débarrasser mais c'est seul qui me ramenait des propositions de clubs. Je savais qu'il me trimbalait à droite et à gauche, juste pour toucher ses commissions, mais je n'avais pas trop le choix ". C'est ainsi qu'il se retrouva à Cordoue (D2 espagnole) où on voulut le faire signer comme amateur (" Mais comme je suis Français, j'étais obligé de parapher un contrat professionnel ") puis finalement à Jaen (D3). " Cela se passa bien même si le contact avec l'entraîneur était assez froid car j'étais le seul étranger du groupe. On me faisait parfois jouer, parfois pas. A la fin de la saison, j'ai changé d'agent pour être conseillé notamment par Denis Djorkaeff, le frère de Youri et ses associés. Je me suis rendu compte qu'en football, ce qui importait, c'était d'être bien entouré. Cela compte énormément dans une carrière. Car, pendant plusieurs années, je me suis fait arnaquer. Cela ne me dérangeait pas d'évoluer dans des équipes de Série C ou de D3 espagnole car je pensais que j'allais rebondir. En fait, je ne faisais que m'enterrer ". Après plusieurs saisons de galère, Zaaboub espère enfin avoir trouvé un club à sa mesure. Parce qu'il n'était pas encore qualifié pour l'ouverture de championnat, il ne fit sa première apparition dans l'équipe du Brussels que samedi face à Bruges. " J'aurais accepté de ne pas être titulaire d'entrée car je comprends qu'on ne change pas une équipe qui gagne ". Pourtant Albert Cartier avait bien décidé de le lancer comme arrière gauche. " Je suis capable d'arpenter tout le flanc car j'aime monter et partir de loin. Si je devais pointer mes qualités, je dirais vitesse, technique et jeu long. Comme l'équipe l'a déjà prouvé, je pense que l'on peut constituer la surprise de la saison car on dispose d'un bon groupe avec une excellente mentalité. Cela s'est vu sur le terrain malgré tous les problèmes évoqués par la presse en début de saison. Il suffisait de ne pas lire tout ce qu'on racontait. Moi, c'est ce que j'ai fait. En fait, je ne lis que les articles qui me sont consacrés ( il rit) ". Tout sourire, Zaaboub peut déjà savourer sa revanche, après sa première titularisation et le bon début de saison de sa formation. " J'ai signé au Brussels car je savais que le club préparait sa reconstruction. C'est un club avec un nouveau nom mais avec un passé solide et beaucoup d'histoire. Le projet foot m'a donc attiré mais également la présence d'Albert Cartier. C'est un coach français et ce n'était donc pas négligeable. De plus, mon ami Mario Espartero m'en avait dit beaucoup de bien ". Stéphane Vande Velde" Je suis Brussels parce que son coach est français et que mon ami Mario Espartero m'en A DIT BEAUCOUP DE BIEN "