L'actualité du foot belge n'est guère souriante : les Diables Rouges ne vont pas à la Coupe du Monde et par manque de stades, notre pays n'est pas encore crédible pour aller au bout de ses ambitions de candidature au Mondial 2018. A part ça, on espère vivoter dans les coupes européennes après la nouvelle année et que la réforme de la D1 apporte encore plus de passion aux fans. Même sans l'Excelsior de Mouscron qui vient à nouveau d'être rattrapé par sa misère financière ?
...

L'actualité du foot belge n'est guère souriante : les Diables Rouges ne vont pas à la Coupe du Monde et par manque de stades, notre pays n'est pas encore crédible pour aller au bout de ses ambitions de candidature au Mondial 2018. A part ça, on espère vivoter dans les coupes européennes après la nouvelle année et que la réforme de la D1 apporte encore plus de passion aux fans. Même sans l'Excelsior de Mouscron qui vient à nouveau d'être rattrapé par sa misère financière ? Dans ces quelques lignes on vient d'évoquer les sept péchés capitaux de notre foot belge : argent, infrastructures, formation, coaching, Union belge, politique, éthique... On a mené l'enquête sur ces problèmes en comparant notre situation à celle de nos voisins. Avec optimisme, car mettre ses faiblesses à nu aide toujours à progresser. A condition de ne pas faire comme Mouscron qui en bon mort-vivant a continué à creuser sa tombe. Mais on l'a bien aidé... On en est arrivé là parce qu'il était impossible de suivre la trajectoire dessinée par Jean-Pierre Detremmerie, qui avait combiné les fonctions de bourgmestre de la Ville, président du club et catalyseur du tissu économique local. Detrem' avait inventé le cocktail Hurlu Paradise. Il mélangeait une dose de foot, une de politique et une de business dans son shaker, ajoutait un parasol rouge et blanc plus du gaz carbonique en servant. Mais Detrem' est allé trop loin et a été rattrapé à force de tester l'élasticité des lois de la politique locale et des affaires. La crise financière couplée à une méconnaissance de la matière footballistique a eu raison de sa succession. L'écran de fumée est totalement dissipé mais les Hurlus s'accrochent encore et feront tout pour exploiter les brèches des règlements sur l'attribution des licences du foot pro. Dans le pire des cas, on les voit la saison prochaine en D3 ou Promotion. Mais Mouscron radié ? On verra... On s'étonne du nombre de gens qui jouent aux vierges effarouchées : " Mais comment avoir donné la licence en juin et l'avoir retirée en octobre ?" C'est méconnaître la plus grosse imposture du football belge : l'absence de séparation des pouvoirs. On a accordé la licence à Mouscron en juin parce que le règlement le permettait ; or ce règlement avait été établi par les cadors responsables de la Ligue professionnelle et pas par un organisme totalement indépendant qui aurait fixé les règles du jeu. (NDLA : si Mouscron avait été un club européen, l'octroi de sa licence aurait été supervisé par les règlements UEFA ; mais ici aussi ça ne suffit plus : Michel Platini a nommé l'ex-Premier ministre Jean-Luc Dehaene comme shérif financier pour traquer tous les excès). Dans la commission des licences belges siègent aussi des membres des clubs pros. Pour toute organisation hyper professionnelle, on parlerait de manque flagrant d'indépendance. Car comment juger sereinement des pairs (collègues de la Ligue pro ou du comité exécutif de l'Union belge) qui peuvent faire de même à l'occasion dans d'autres domaines comme l'arbitrage ou la politique sportive des Diables Rouges, par exemple. En sachant, de plus, que les règlements sur les infractions au respect de l'arbitrage, des normes économiques ou des sélections ou directives concernant l'équipe nationale ne sont pas assez contraignants... Dans le foot belge, les dirigeants sont si bons avec eux-mêmes parce qu'ils sont souvent juges et partie. C'est pour cela qu'on a atteint une déliquescence totale de l'autorité. Le pouvoir est parcellisé au point de rencontrer à bien des égards une situation véritablement anarchique. Et au bout du compte, à force de ne pas respecter le sport, les dirigeants risquent de casser le jouet. Au mépris des fans de foot. Le foot pro doit être géré de manière pro. L'exemple devrait venir d'en haut... PAR JOHN BAETELes dirigeants risquent de casser le jouet, au mépris des fans.