Le Standard a clôturé l'exercice de la saison 2007-2008 sur une perte nette de 3,4 millions d'euros. De son côté, Anderlecht a terminé avec une perte de 3,8 millions d'euros... Cette situation financière délicate peut n'être qu'un simple accident de parcours pour ces clubs de haut niveau. Les comptes d'Anderlecht intègrent notamment l'éviction prématurée du club de la coupe d'Europe par les Biélorusses de BATE Borisov et les Liégeois ont engrangé juste après la saison 18,5 millions d'euros pour la vente de Marouane Fellaini à Everton. Le Club Bruges a terminé la saison sur un résultat d'exploitation positif mais n'en figure pas moins à la troisième place du hit-parade des plus grandes pertes (1,2 million d'euros) en raison de l'imputation comptable du décès tragique de l'attaquant François Sterchele.
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Le Standard a clôturé l'exercice de la saison 2007-2008 sur une perte nette de 3,4 millions d'euros. De son côté, Anderlecht a terminé avec une perte de 3,8 millions d'euros... Cette situation financière délicate peut n'être qu'un simple accident de parcours pour ces clubs de haut niveau. Les comptes d'Anderlecht intègrent notamment l'éviction prématurée du club de la coupe d'Europe par les Biélorusses de BATE Borisov et les Liégeois ont engrangé juste après la saison 18,5 millions d'euros pour la vente de Marouane Fellaini à Everton. Le Club Bruges a terminé la saison sur un résultat d'exploitation positif mais n'en figure pas moins à la troisième place du hit-parade des plus grandes pertes (1,2 million d'euros) en raison de l'imputation comptable du décès tragique de l'attaquant François Sterchele. Dans l'ensemble, les clubs de D1 ne s'en tirent pas mal. Les fonds propres ont augmenté de 7 millions, à 37 millions d'euros, et le résultat d'exploitation est en hausse de 3 millions, à 7,8 millions d'euros. Mais il y a aussi des points moins positifs. La masse salariale a augmenté de 22,7 % tandis que les effectifs n'ont augmenté que de 4 %, avec un total de 795 personnes. L'endettement est passé d'un petit 30 millions à un peu moins de 160 millions d'euros, le taux moyen (dettes sur total du bilan) par club passant de 78,1 à 81,9 %. Tous ces chiffres sont extraits des comptes annuels déposés par les clubs à la Banque Nationale. À l'échelon européen, nous sommes loin de mal faire. Dans son étude The European Footballing Landscape, l'UEFA, a récemment passé au crible plus de 700 clubs, dont 13 belges. Selon ce rapport, 32 des 52 championnats de football européens sont en perte. La Jupiler League belge ne fait pas partie du lot. Pour nos clubs, le bénéfice sur chiffre d'affaires est de 2 % alors que la moyenne européenne atteint 2 % de perte. Les équipes belges affectent environ 49 % de leurs revenus aux salaires, soit 8 % de moins que la moyenne en Europe. En ce qui concerne les recettes par club, notre pays se maintient dans le subtop, à la 13e place. Et ce, même si la différence avec les cinq grands championnats est devenue énorme. Selon le Groupe d'action financière, un organisme intergouvernemental qui lutte depuis 1989 contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, le marché mondial du football en 2007 pesait pas moins de 13,8 milliards d'euros. Plus de la moitié de cet argent circule dans cinq pays : l'Angleterre, l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie et la France. Autre comparaison : le budget cumulé de tous les clubs de D1 belge est comparable à celui de Liverpool. Dans l'étude annuelle du cabinet Deloitte, l'équipe du Merseyside (199 millions d'euros) figure parmi les plus grands clubs européens même si elle n'occupe que la neuvième place, loin derrière des géants comme le Real Madrid (400 millions d'euros), Barcelone (380) et Manchester United (328). Pour encore enfoncer le clou, ajoutons, malheureusement, que selon Michel Platini, patron de l'UEFA, la corrélation entre budgets sportifs et résultats n'atteint pas moins de 83 %. Conclusion : les chances pour qu'une équipe belge remporte un jour la Ligue des Champions sont encore plus minces que celles de Mouscron de remporter le titre national. Avec des fonds propres négatifs de 6,2 millions d'euros, l'Excel est le parent le plus pauvre de la série. Gand souffre du même mal mais si l'on ajoute à ses fonds propres ceux de la société qui y est liée, KAAG Management, le trou dans les caisses des Flandriens n'est plus que de 130.000 euros. Charleroi reste lui aussi dans le rouge mais s'il s'avère que les Carolos ont pu faire en 2008-2009 le même effort que celui fourni la saison précédente, ils seront eux aussi hors d'embarras. Ce n'est pas le cas de Roulers, qui a vu ses fonds propres passer au rouge, sans grandes chances de redresser la barre. Les Flandriens peuvent néanmoins encore s'estimer heureux d'avoir pu éviter la relégation en D2, où c'est vraiment la misère. Bien que le niveau sportif se soit amélioré ces dernières années, économiquement parlant, l'Exqii League ne mérite même plus d'être qualifiée de purgatoire. C'est carrément l'enfer. Prêts pour une visite guidée au pays de Satan ? À peine deux équipes alignées cette saison en D2 ont enregistré un bénéfice opérationnel en 2007-2008 : le FC Dender, redescendu de D1, et Eupen. En chiffres nets, deux clubs seulement ne sont pas dans le rouge : Eupen et Standaard Wetteren, monté de D3. En 2006-2007, ils étaient six. Total des pertes opérationnelles : 11,8 millions d'euros contre 4,6 la saison précédente (8,9 et 1,7 millions d'euros en chiffres nets). Une montagne de dettes, dites-vous ? Un peu moins de 10 millions de pertes qui s'ajoutent au reste pour un total de 41,1 millions d'euros. Le degré d'endettement moyen est passé de 95,4 à 110,5 %. Théoriquement parlant, les fonds propres d'une société, c'est ce qu'il lui reste lorsqu'elle a vendu tous ses biens et réglé toutes ses dettes. Pour la D2, le résultat est simple : il ne reste rien. Le montant total des fonds propres a baissé de 2,5 millions d'euros pour " culminer " à moins 11,9 millions d'euros. À peine cinq équipes ont des fonds propres positifs : Oud-Heverlee Louvain, Waasland, Mons, le FC Dender et l'Antwerp. Mais si cette dernière perd son procès contre son ex-bailleur de fonds, la famille Collin, elle tombera dans le rouge également. Une petite consolation face à ce tableau démoniaque : les problèmes les plus importants concernent une poignée de clubs. La palme revient au Lierse, qui appartient à Wadi Degla et de ce fait, est fortement alimenté par des fonds égyptiens, mais aux côtés des Pallieters, l'Antwerp, Beveren et le Brussels ne font pas dans la dentelle non plus. Une chose est vraie pour toutes les équipes, en bonne santé ou pas : la crise actuelle a pour effet de faire baisser un certain nombre de coûts. Pas mal de footballeurs sont au chômage et beaucoup modèrent leurs prétentions salariales, ce qui diminue les charges. Malheureusement, cet effet est généralement différé car beaucoup de joueurs ont des contrats de longue durée. Dans le même temps, la plupart des recettes accusent une baisse bien réelle, surtout celles du sponsoring. Plusieurs formules sont traditionnellement utilisées pour attirer les sponsors : location d'espace publicitaire sur des panneaux ou sur les maillots des joueurs, location de business-seats et de loges. Celles-ci fournissent directement un tiers, en moyenne, du budget d'un club de D1 mais du fait du spin-off vers l'Horeca (lunch avant le match, réception après), il arrive qu'elles en représentent jusqu'à 40 ou 45 %. Le reste provient de la vente de billets et des droits télé. En même temps, il existe une différence essentielle entre une entreprise et un club de football. Dans le deuxième cas, tout tient aux performances d'onze hommes sur un terrain. Résultat : les équipes qui ont le vent en poupe sportivement parlant ont beaucoup plus de facilités à boucler leur budget. Au Standard, champion en titre, " Certaines entreprises ont renoncé à leurs business seats mais moins que les années précédentes ", explique Pierre François, directeur général. " J'ignore si nous aurions eu plus de désistements si les résultats sportifs n'avaient pas suivi ces deux dernières années. Il faut savoir que nous tenons compte de la situation économique actuelle : nous n'augmentons pas les prix des abonnements dans les tribunes extérieures parce que nous savons que beaucoup de nos spectateurs subissent les effets de la crise. " Un club comme Zulte Waregem profite aussi des beaux résultats engrangés ces dernières saisons, ainsi que le confirme son responsable commercial, Pieter-Jan Vanschamelhout. " Nous enregistrons une augmentation de 10 à 15 % du nombre d'abonnements et les recettes de sponsoring suivent cette tendance. Plusieurs de nos partenaires ont décroché mais avec Enfinity et Renson, nous avons attiré deux entreprises en pleine croissance. Pour nous la question est plutôt de savoir si, sans la crise, nous aurions encore fait mieux. " En D2, le nouveau venu Standaard Wetteren mise sur une forte augmentation de ses recettes. S'il constate qu'il n'est pas facile d'attirer des sponsors, l'entraîneur-manager Wim De Corte est également convaincu que le fait que le club évolue pour la première fois de son histoire en D2 est un élément positif : " En D3, nous avions déjà l'un des budgets les plus minces. Le repas autour du match n'existait pas. " Pour les valeurs sûres, les résultats sportifs jouent un moindre rôle. " J'ai l'impression que, de toute façon, les grands clubs souffrent un peu moins ", déclare Evarist Moonen, directeur commercial du Club Bruges. " Aujourd'hui, une entreprise qui nous consacre, disons, 50.000 euros et qui soutient en plus un club de volley, une activité culturelle et Waregem Koerse, laissera probablement plus volontiers tomber les autres sports ou la culture. Si l'on extrapole, une entreprise qui loue des business-seats dans trois ou quatre clubs du pays, se concentrera plus volontiers sur ceux qui sont les plus convoités, en d'autres termes, sur ceux des grands clubs. " Le Racing Genk compte que son budget égalera 96 à 97,5 % de celui de l'année dernière. " On constate une baisse de 3 à 4 % dans les seats mais la publicité est relativement stable ", déclare le directeur commercial du club, Erik Gerits. " Les places les plus chères restent celles qui sont les plus convoitées. Ces deux dernières années, nous avons effectué à ce sujet plus de trois millions d'euros d'investissements. " Cela étant, la plupart des équipes avouent que la récolte de fonds est plus ardue que par le passé. Il faut jouer de manière plus créative sur la demande des entreprises. " La visibilité pure et simple, typiquement le panneau publicitaire, se vend beaucoup plus difficilement ", explique Patrick Orlans, directeur commercial de Lokeren. " Il faut proposer quelque chose en plus, des possibilités de networking par le biais de business-seats ou de repas. " Il compte néanmoins sur une croissance de quelques % cette année. " Les quatre cinquièmes de nos clients continuent de nous soutenir, 15 % modèrent leurs dépenses et 5 % environ décrochent. Nous avions anticipé la crise et étoffé notre équipe de vente. Je constate qu'en règle générale, les grandes PME et les entreprises familiales, qui constituent notre vivier, sont plus facilement disposées à poursuivre leur sponsoring parce qu'elles comprennent l'importance de ce networking. Dans les multinationales, en revanche, les décisions sur les budgets de sponsorisation se prennent parfois à l'autre bout du monde. "" Je pense que la plupart des équipes ne sont pas encore trop affectées par la crise ", déclare Ivan De Witte, président de Gand et de la Ligue pro. " Mais beaucoup dépendra de la durée de la crise. Personnellement, je pense que nous vivons une sorte de scénario en U : une chute, une ligne horizontale et puis une lente remontée. Pour cette phase horizontale correspondant au creux de la vague, nous avons compté une période de deux ans à partir grosso modo de septembre 2008. L'activité est plate, il y a très peu de mouvements sur le marché des transferts. Je pense qu'en ce moment, les clubs doivent jouer avant tout la carte de la prudence. " Un avis que partage tout à fait le directeur général de Westerlo, Herman Wijnants. " J'essaie toujours de faire en sorte d'avoir une poire pour la soif. Le Club Bruges nous doit encore deux tranches pour la vente de Nabil Dirar, Gand encore trois, pour celui de Stef Wils. Et nous avons encore un placement qui nous rapporte des intérêts. Mon but est de nous offrir une couverture dans tous les cas. Supposons que dans deux ans, le contrat télé se termine, je veux être sûr de conserver 70 à 80 % du budget parce que la crise a un prix, il ne faut pas s'en cacher. Je pense que nous avons perdu environ 100.000 euros, soit 10 % de notre budget. Nous en récupérons la moitié en attirant de nouveaux clients et un quart supplémentaire en multipliant les business-seats. " En D2, les équipes ont beaucoup plus de mal à nouer les deux bouts. " Ces difficultés sont imputables à la crise mais en partie seulement ", déclare Paul Bistiaux, secrétaire général de l'Antwerp. " Un certain nombre de sociétés font effectivement moins de chiffre d'affaires et doivent licencier du personnel. Si le port d'Anvers enregistre une baisse de trafic de 20 %, il y a forcément des répercussions. À côté de cela, il y a des entreprises qui, réellement, souffrent peu de la crise mais qui jouent sur ce phénomène dans les négociations. Dans ce cas-là, le dialogue devient difficile. Nous essayons de compenser les départs mais nos recettes seront probablement légèrement moindres. " Et les perspectives sont encore moins optimistes. L'an dernier, suite à un litige, la D2 n'a pas reçu le moindre sou du 1,5 million d'euros prévu dans le cadre du contrat de droits télé conclu avec Belgacom. En chiffre nets, cela représente pour un club moyen entre 80.000 et 100.000 euros, ce qui correspond facilement à 5 voire 10 % du budget. Les clubs de D2 se sont associés à la société de captation d'événements en haute définition Alfacam et ont créé la Ligue Exqi mais pour l'instant, les retombées sont minces. " Pour nous, l'émetteur régional ROB est beaucoup plus important qu'Exqii ", déclare Paul Swartenbroek, secrétaire de Tirlemont. " Certains sponsors ne connaissent même pas Exqi. " " Malgré tout, j'ai pleine confiance qu'un jour, nous allons en récolter les fruits ", déclare Dirk Opsomer, contact presse de Renaix. " Même si nous dépendons surtout de sponsors régionaux. C'est aussi un avantage pour nous par les temps qui courent : nous pouvons facilement compenser la perte d'un ou deux sponsors parce qu'ils ne représentent jamais 10 % ou plus de notre budget, comme c'est le cas pour les autres clubs. " Pour une équipe de foot, le fait que le président puisse s'appuyer sur un réseau solide est d'une importance non négligeable. À ce sujet, il existe manifestement un hiatus entre les clubs de D1 et de D2. À quelques exceptions près, en D1, l'époque du président-mécène est révolue. Ivan De Witte se souvient, au début, y avoir été de sa poche de temps en temps pour de petits montants, mais tout cela, c'est du passé. Au Racing Genk, il n'y a plus d'emprunts qui doivent être remboursés par des personnes privées, à Jos Vaessen non plus. Lokeren aussi s'autofinance. " Il peut arriver que, de temps à autre, le président Roger Lambrecht prenne l'un ou l'autre risque calculé mais nous bouclons nous-mêmes notre budget de 6,5 millions d'euros ", déclare Orlans. Pendant ce temps-là, beaucoup craignent pour le sort d'équipes comme Mouscron et Saint-Trond en cas de départ de Philippe Dufermont et de Roland Duchatelet. En D2, dans la majorité des clubs, on attend tout de même du président qu'il colmate les brèches en fin de saison. À Tirlemont, les administrateurs avancent quelques milliers d'euros. " à ma connaissance, de tout temps, l'Antwerp a dû sa survie au soutien financier des amis du club ", déclare Paul Bistiaux. " Le président mais aussi d'autres personnes y vont de leur poche. "À Liège, le secrétaire Arthur Pinsart attend beaucoup d'un nouvel investisseur, Louis de Valensart, d'Allinvest. " Il revêt pour nous une importance capitale car nous n'avons pas de stade. La saison dernière, nous avons joué à Verviers, à Seraing et à Eupen, ce qui supposait chaque fois de déménager tous les panneaux publicitaires. Cette année, nous avons confié le sponsoring à une firme privée. Sans un président bailleur de fonds, il serait très difficile de garder la tête hors de l'eau. " par luc huysmans (dossier trends du 30 juillet)"Le budget cumulé des clubs de D1 est comparable à celui de Liverpool.""32 des 52 championnats de football européens sont en perte. Mais pas la Jupiler League. ""Économiquement, la D2 n'est plus un purgatoire mais un enfer.""Avec des fonds propres négatifs de 6,2 millions d'euros, l'Excel est le parent le plus pauvre de la D1."