Le Club Bruges n'est plus au même niveau en Europa League qu'Anderlecht et le Standard, mais sans avoir été ridicule du tout. Valence était l'adversaire le plus fort de nos trois clubs belges. Bilbao a été décevant lors des deux matches par rapport à ce qu'on en attendait et Salzbourg n'a pas (encore) le niveau que son richissime et visionnaire propriétaire aimerait lui donner...
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Le Club Bruges n'est plus au même niveau en Europa League qu'Anderlecht et le Standard, mais sans avoir été ridicule du tout. Valence était l'adversaire le plus fort de nos trois clubs belges. Bilbao a été décevant lors des deux matches par rapport à ce qu'on en attendait et Salzbourg n'a pas (encore) le niveau que son richissime et visionnaire propriétaire aimerait lui donner... Mais ceci veut dire, aussi, que nos Mauves et nos Rouches ont passé un cap, non seulement dans la hiérarchie continentale mais surtout sur le plan de l'attitude mentale. Dans ces joutes contre Basques et Autrichiens, les deux clubs belges ont joué pour gagner, ce qui n'a pas toujours été le cas cette saison. On se souvient qu' Ariel Jacobs a parfois été beaucoup plus défensif (forcé peut-être par un Roger Vanden Stock qui lui conseilla d'imiter Raymond Goethals), au point de jouer avec cinq défenseurs. On se pensait revenu parfois aux heures sombres de Hugo Broos et Frankie Vercauteren, mais heureusement que Romelu Lukaku a confirmé son énorme talent et infléchi la tendance. A partir du moment où sa place de titulaire devenait bétonnée, il fallait exploiter toutes ses qualités, ce qui impliquait de lui donner les ballons dont il avait besoin... et qui ne pouvaient l'être que par des joueurs très offensifs. Anderlecht joua donc avec trois attaquants, avec des Mbark Boussoufa et Jonathan Legear qui n'ont jamais été aussi forts sur le plan européen. Idem avec un Lucas Biglia qui évolue désormais de manière plus constructive que jamais, car il n'est plus obligé de jouer en devant sans cesse penser à défendre, tâche désormais dévolue à d'autres. Avec Lukaku, Anderlecht est certes tiré vers le haut, mais Jacobs n'a pas simplement suivi le mouvement. Contrairement à ce qu'un Goethals aurait osé (laisser Lukaku seul en pointe), le T1 mauve a reconstruit un nouvel onze de base encore meilleur après les blessures de Marcin Wasilewski et Jan Polak. Au Standard, le parachutage de Dominique D'Onofrio a aussi drastiquement changé la donne. Lors de sa dernière époque rouche, Laszlo Bölöni était devenu carrément trouillard par rapport à ses matches références contre Liverpool et Everton. Il pensait désormais devoir bloquer les adversaires derrière au lieu de les presser dans leur camp. Ce que fit d'emblée DD en reconsidérant Igor de Camargo comme un attaquant, mais en étant trop exigeant par rapport à sa défense remaniée. A Sclessin, elle se noya contre Salzbourg tellement elle jouait bas mais, fort modifiée et recalée en Autriche, elle donna d'autres perspectives pour la suite ; à la fois en Europa League et en championnat. Cette volonté d'attaquer est-elle à mettre en rapport avec la nouvelle attitude des Diables Rouges ? Car Dick Advocaat a définitivement chassé le fantôme d'un René Vandereycken qui jouait avec huit défenseurs : on affiche ses ambitions et on attaque les gros morceaux en début de campagne de qualification. Pas étonnant que Marc Wilmots soit devenu le super T2 de l'équipe nationale. Comme joueur, il claironnait toujours qu'il fallait " respecter tout le monde mais craindre personne ". Comme avant le Belgique-Brésil du Mondial 2002 où nos Diables avaient failli créer l'exploit (son but de la tête avait été si injustement annulé) ; et c'est ce qu'il a répété après que furent établis les plans de Francfort. Ce ne sont pas que des mots, c'est une manière de se préparer, de jouer et la seule solution pour progresser sur la scène internationale. Que ce soit au niveau des clubs ou des Diables Rouges, il y a longtemps que nous plaidions pour un jeu plus conquérant. Ce soir contre la Croatie et la semaine prochaine contre Hambourg et le Panathinaikos, on doit continuer à bomber le torse. Attaquer, c'est pouvoir gagner et défendre, c'est se préparer à perdre... En espérant que cet état d'esprit persiste une fois les playoffs commencés !l PAR JOHN BAETELes Diables, Anderlecht et le Standard ont-ils trouvé la solution pour progresser sur la scène internationale ?