J ohan Vermeersch est à coup sûr un des présidents les plus atypiques de la D1. Tellement paradoxal qu'il nous prend régulièrement à contre-pied. Voilà un homme qui se donne une image de patron omnipotent et qui, pourtant, laisse son entraîneur £uvrer à sa guise et dans une liberté totale ! C'est sa manière à lui de se comporter en bon psychologue. Attitude paradoxale pour un homme aux idées habituellement tranchées et aux avis péremptoires. Sûr de lui et de son expérience de joueur et d'entraîneur, il supporte difficilement la contradiction. Lui, qui n'aime pas trop déléguer, qui veut tout contrôler, qui a presque inventé le football et qui en parle comme d'une science exacte, il ne dédaigne jamais de consulter son entourage ni de récolter ainsi un maximum d'avis auprès de ceux en qui il a conf...

J ohan Vermeersch est à coup sûr un des présidents les plus atypiques de la D1. Tellement paradoxal qu'il nous prend régulièrement à contre-pied. Voilà un homme qui se donne une image de patron omnipotent et qui, pourtant, laisse son entraîneur £uvrer à sa guise et dans une liberté totale ! C'est sa manière à lui de se comporter en bon psychologue. Attitude paradoxale pour un homme aux idées habituellement tranchées et aux avis péremptoires. Sûr de lui et de son expérience de joueur et d'entraîneur, il supporte difficilement la contradiction. Lui, qui n'aime pas trop déléguer, qui veut tout contrôler, qui a presque inventé le football et qui en parle comme d'une science exacte, il ne dédaigne jamais de consulter son entourage ni de récolter ainsi un maximum d'avis auprès de ceux en qui il a confiance. Paradoxalement, il a besoin se rassurer ou de se conforter dans ses convictions. Sous ses dehors parfois butés, il est aussi capable d'une véritable ouverture d'esprit. Avec lui plus qu'avec quiconque, il ne faut surtout pas s'arrêter aux apparences. En fait Johan Vermeersch est quelqu'un qui fonctionne à l'intuition. Et quand il se trompe, il est assez intelligent pour le reconnaître même si son amour-propre doit en prendre un sacré coup. D'un naturel assez têtu, il ne poussera jamais la sottise jusqu'à l'obstination. Il serait plutôt quelqu'un de pragmatique. Sa collaboration avec Philippe Moureau en atteste. Sans leur bonne entente et leurs efforts conjugués, un nouveau club de D1 n'aurait jamais revu le jour à Molenbeek en l'espace de deux ans et demi ! Chacun a encore dans l'oreille sa fameuse boutade :- Sans moi, Moureau pouvait juste espérer mettre paître des moutons dans son stadeEchaudé par sa précédente expérience avec feu le RWDM, qui lui a certainement coûté quelques briques et surtout pas mal de désillusions, voilà donc Johan le bâtisseur qui remet le couvert. Pourquoi cette nouvelle aventure ? Sans doute parce qu'il ne supporte pas de rester sur un échec et que son amour du football est immodéré voire déraisonnable. Mais cette fois, il conditionne son retour avec un grand projet pour la jeunesse : une école de jeunes qui fédère tous les clubs de la capitale, sauf Anderlecht, et qui constituerait un vivier permanent où tous les clubs pourraient s'approvisionner. Une idée généreuse soutenue par les pouvoirs publics mais qu'il sera difficile de mener à bien tant la collaboration entre clubs est malaisée ! Mais la véritable raison de son retour, il faut probablement la chercher dans son passé enraciné sur ce petit coin de terre bruxelloise. C'est là qu'il joua en D1 avec le Daring : ailier droit de débordement doté d'une pointe de vitesse extraordinaire et d'un centre parfait. Seule une vision plus panoramique du jeu lui faisait un peu défaut. Il n'empêche que ce bagage lui permit d'aligner environ 400 matches en D1. Entrepreneur de métier, il a tout appris de celui qui fut son dirigeant de club et puis le président du RWDM, Jean-Baptiste L'Ecluse. Un père pour lui. Un père dont il s'occupera avec générosité lorsqu'une retentissante faillite le ruinera complètement. Il ne l'abandonnera jamais et veillera à lui garantir une vieillesse décente. Le vrai Vermeersch c'est celui-là ! Celui qui cache un c£ur tendre et généreux sous une carcasse de paracommando. Et si l'argent est quotidiennement le moteur de toutes ses activités professionnelles et sportives, il entretient avec le fric une relation d'indépendance telle qu'elle ne bride jamais son immense générosité. Vermeersch n'est pas venu dans le foot par ambition personnelle ou pour y recueillir une gloire quelconque. Il y est par fidélité à son passé, à son club, à ses couleurs, à ses amis. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il accomplit son mandat de président comme un sacerdoce. Mais on n'en est pas loin. C'est un engagement qu'il respecte comme tous ses engagements ! Quant à sa coiffure en brosse légendaire, elle nous rappelle qu'il vaut mieux ne jamais le caresser à rebrousse-poil. par André RemySa relation d'indépendance AVEC LE FRIC fait que son immense générosité n'est jamais bridée