Voilà : Ian Holloway en deuxième semaine. Sa vie faite de rêves, de cauchemars, d'ombres et de lumières. Une vraie vie, quoi. Hollywood risquerait même de l'abîmer un jour...
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Voilà : Ian Holloway en deuxième semaine. Sa vie faite de rêves, de cauchemars, d'ombres et de lumières. Une vraie vie, quoi. Hollywood risquerait même de l'abîmer un jour... Ian est marié à Kim. L'amour avec un grand A naît où ils sont nés : à Bristol. Elle a 14 ans. Bien des années plus tard, il la demande en mariage alors qu'elle se bat contre un cancer. Elle dit oui à l'amour, oui à la vie. Elle guérit. Et donne la vie, ils ont quatre enfants : tous sourds. Il apprend le langage des signes. Il est de toutes les campagnes, de tous les combats pour aider les malentendants. Quand il rejoint Queen's Park Rangers, il ne déménage pas à Londres, il se tape pendant trois ans les 402 km quotidiens qui permettent à ses enfants de rester dans leur école spécialisée. De cette époque, il traîne d'ailleurs une sciatique chronique. Mais durant son année sabbatique avant de rejoindre Blackpool, il suit une formation de charpentier pour participer à la construction de sa nouvelle maison. Il rejoint également un mouvement qui apprend l'autosuffisance alimentaire. Ian ne veut dépendre de personne. Il choisit comment et avec quoi il nourrit sa famille. Finalement, il emmènera ses trois chevaux, ses deux chiens, ses deux canards et ses 33 poulets à Blackpool. Comme cadeau de bienvenue, le proprio des Seasiders lui offre sept dindes. Mais pas question d'être le dindon de la farce. On n'est pas là pour rire. D'ailleurs, 11 mois après son arrivée, on pleure de joie : Blackpool accède à la Premiership. Un parcours à la Holloway, improbable, où l'impossible se laisse séduire par le peut-être avant de succomber à l'incroyable. Blackpool c'était la 23e assistance sur les 24 de D2. Un maillot orange à te faire vomir avant d'avoir mangé, mais aussi une 6e place. Certes à... 32 points du champion Newcastle mais néanmoins synonyme de qualif pour des play-offs qu'il écrase. A la Holloway. A l'abordage. Ça passe ou ça casse. En demi-finale, Nottingham Forest est " usé " : 6-4 sur les deux matches. En finale à Wembley, Cardiff est terrassé après avoir mené deux fois au score. Ils sont 80.000 à vivre cette épopée. Après 40 ans d'absence, les Seasiders retrouvent la D1. A la mi janvier 2011, ils ont 28 points. 17 conquis en déplacement, ça s'appelle en avoir juste là où il faut. Seul Arsenal et Manchester City voyagent mieux. Tout ça avec le plus petit budget de l'élite. Tout ça proprement. 25 cartes jaunes en 21 matches. C'est le moins de tous. Pas mal pour un promu. Un promu qui termine le premier tour à six points du... champion, Chelsea. Cette équipe est le reflet de son coach. De son âme, de son vécu. Son constat : tout peut arriver, alors autant que se soit dans la joie. En donnant et prenant du plaisir. " Quoi que tu fasses, il y a la possibilité d'être battu. Alors moi, je veux que mes joueurs touchent le ballon. Qu'ils en fassent un membre de la famille. Gagner 1-0 après avoir emmerdé les gens ne m'intéresse pas. "Sûr qu'avec lui personne ne s'emmerde. Ses joueurs s'attendent à tout et pourtant, ils sont tout le temps surpris. Un matin de décembre, comme il fait trop froid, il les emmène jouer aux cartes. Et l'après-midi à l'église pour écouter les prêches d'un de ses amis prêtres. Le lendemain, ils visitent un hôpital pour enfants. Holloway n'est pas Albert Einstein mais sa théorie (" Relativisons, les gars ! ") révolutionne Blackpool. Ses joueurs anonymes sont accros. Il les a convaincus qu'ils étaient à leur place en Premiership. Que leur ivresse viendrait de leur audace. Rien que ça, s'est balaise. Mais quel con je suis. Je vous avais promis de parler de son " reality show ". OK, mercredi prochain ! PAR FRÉDÉ0RIC WASEIGE JOURNALISTE BE/TVLe coach de Blackpool est fifty fifty héros et génie." J'aime Blackpool. Nous sommes tous les mêmes, et nous sommes plus beaux dans le noir. " Ian Holloway